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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Regards...

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~¤ Chaton ¤~

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Localisation : En haut d'un arbre, sur une dune, grimpant les montagnes.
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MessageSujet: Regards...    Mar 18 Sep 2012, 15:48

HRP : J'avais envie d'écrire, et ceci est un épisode de la vie de Zak'O encore tout jeune. J'y ferai référence dans le RP Le Chat et la Souris bientôt.
Par contre je ne savais pas où le mettre, en fait les Terres des Géants me paraissent plus approprié mais comme y avait une partie qui se déroule à Fort-du-Col... Enfin bon, je suppose qu'on doit pouvoir déplacer un sujet au besoin. Very Happy

Souvent le soir, quand je reste assis à fixer les braises encore incandescentes, j'entre dans une sorte de méditation onirique. Parfois je revis des souvenirs...

Ma rencontre avec les ska'rayh est restée gravée. J'y repense souvent quand je plonge mon regard dans les braises, me laissant hypnotiser par les nuances de lueurs totalement psychédéliques que je perçoit à travers l'éternel voile de larme qui recouvre mes yeux. Je me rappelle de ses yeux... Nettement.

***


C'était bien mal parti...
Pour tout piger, faut savoir que j'avais pas plus d'seize printemps à ce moment là. C'était à peine quelques années après "l'accident" survenu dans la grotte où j'habitait avec ma soeur. Et où celle ci à d'ailleurs disparue en fumée... Cette scène hante encore régulièrement mes cauchemards. Peu importe. Je vis et j'apprends à oublier.
A cette période j'avais encore très peu fréquenté de villes. J'ai toujours une apparence de sauvage, certes. Mais à cette époque je réagissais comme un animal aux agressions. J'avais pas encore appris à calmer mes instincts pour éviter d'être repérer direct quand t'arrive dans un coin habité... Et on va dire aussi que j'avais tendance à ne pénétrer dans les bougs que pour dérober toutes sortes d'objets qui excitaient ma curiosité. Un peu de quoi manger aussi. C'est plus rapide de voler que de chasser, bien que ça ne soit pas forcément plus facile...

Je me retrouvais au hasard de mes voyages dans la région montagneuse de la Ceinture de Brendian. Village principal des tribus de chasseurs de géants, Fort-du-col n'est pas à proprement parlé l'idéal pour débuter une carrière de voleur. D'une la revente du butin sera rendue ardue par l'environnement légèrement inhospitalier, et de deux c'est fortement déconseillé de se faire prendre... Quand on m'a vu j'ai pris mes jambes à mon cou, emportant avec moi une petite amulette en forme de croissant de lune et au moins deux outres de miel doré d'au moins trois livres chacune.
Les toits de chaumes épais, à la pente raide descendant jusqu'au sol se prêtent mal à l'escalade, et d'autant moins quand la neige les recouvre. La neige en générale d'ailleurs, se prête peu à la fuite... De la place du marché, lieu de troc entre les clans placée au pied du fort de granit incrusté dans la montagne, il fallait courir à travers les ruelles étroites et pentues du centre en survivant aux glissades pour déboucher enfin dans les prés enneigés ponctués de solides maisons de bûcherons gardant les abords de la ville. Les grands bonhommes m'ont choper, ligoté et bazardé dans un cabanon en bois aux planches mal assujetties. Puis il sont partis en rigolant et en emportant les deux outres. J'en hurlais de rage. Non seulement j'étais privé de ma liberté, mais en plus j'avais même pas pu goûter au miel ! Pas une goutte du doux nectar ne m'avait été accordé. Me restait que cette stupide amulette. C'est inhumain comme traitement je trouve, psychologiquement très dur... On m'a souvent répété par la suite que le miel serait ma perte.

Le fait est que je me retrouvais comme un imbécile prisonniers d'un village d'hommes pour la toute première fois de ma vie. Y a eu de nombreuses autres fois ensuite, mais là n'est pas la question. C'était, et c'est toujours d'ailleurs, particulièrement insupportable. Je passais la nuit à ruminer ma rage et un plan pour m'échapper quand la porte s'entrouvrit et se referma immédiatement sur la plus étrange chose que j'avais jamais vu : une jeune fille d'une beauté éblouissante... Pas bien grande, brune et matte de peau. Des yeux en amande, d'un vert perçant. Elle paraissait au moins aussi sauvage que moi, vêtue de fourrures épaisses joliment nouées, et surtout armée d'un couteau qui paraissait redoutable, dans la mi pénombre.
Elle avait fait le tour de la pièce unique d'un regard rapide, puis s'était approchée sans un mot. Elle avait coupé les liens et m'avait regardé droit dans les yeux. Ce regard...
J'avais été aspiré dans l'intensité d'émeraude de son regard. Tellement aspiré que soudain tout ce qui m'entourait avait semblé se fondre dans ses yeux si verts... Et soudain, perdu dans la tempête de neige, je me retrouvais seul et poursuivi. Par quoi, par qui je ne savais pas. Ce n'était pas les chasseurs de géants. Quoi alors ? Puis une créature qui aurai pu être un loup surgit du haut d'une congère, face à moi. Elle était cependant plus grosse qu'un loup, et plus féline aussi. Sa démarche, sa longue queue épaisse mais sinueuse rappelait les panthères des neiges. Sa gueule cependant était bien celle d'un loup, en plus costaud. Elle semblait se fondre à la congère, avec son pelage gris pâle taché de tons plus foncés, mais le plus hallucinant était ses deux yeux verts, fixé sur moi...
Puis la gueule s'était transformé, le museau devenait nez, les oreilles se déplacèrent et la crinière noire poussa pour devenir une chevelure d'ébène. Et je me retrouvais de nouveau face à la jeune fille, dans la cabane.


"Qu..."

Elle avait posé un doigt sur ma bouche.

"Va t-en, p'tit chat. Dégage de là tant que tu peux..."

Pas cool. La première fille dont je tombe amoureux me demande de ma barrer tout de suite... Parce que oui, effectivement j'étais bel et bien foudroyé amoureux. Eh quoi ? On ne rencontre pas souvent de nana dans les forêt sauvages !

"T'es qui ?"
"'suis du clan des Ska'rayh. On vient d'arriver en ville pour troquer nos fourrures contre des vivres et des armes. J'les ai vu t'emmener."

Elle me jaugeait d'un air de défi. Son regard vert flamboyant brillait d'assurance, de la fierté d'appartenir à son clan. J'y voyait aussi une certaine malice mais surtout une profondeur rare, et troublante.

"T'es plutôt mignon et t'a l'air si triste, j'voudrais pas te voir pourir ici... Mon maître approuverais je suis sûre. Enfin je crois bien. C'est le chaman de mon clan. Et un sage. Mais tu devrai arrêter de pleurer et bouger ton cul ! Le jour va pas tarder à se lever, et tu ne pourra plus t'enfuir... "
"Mais... comment t'a fait ? Ton truc avec les yeux ! J'étais dans la tempête et... et je pleure pas oh ! "
"Chut !"

Elle couru à la porte jeter un coup d'oeil, pendant que j'essuyait mes yeux larmoyant d'un geste furieux.

"Aller barre toi, joli chat. Tu dois rencontrer quelqu'un..."

J'allais répliquer, intrigué, mais elle me chopa la main et me propulsa dehors. J'suis parti en courant. Juste en me retournant une fois j'ai pu croiser ses yeux si verts, son regard de feu. Et son sourire d'une joie farouche. Petite chasseresse de la montagne.
Je l'ai jamais revue...

Sortir de la ville ne fut pas trop difficile. Surtout que je n'était pas vraiment l'énemi public numéro un. Je pourrai plus y prétendre maintenant, dans certaine cités... mais passons. A cette heure ci personne ne sort. C'est l'instant de calme pur, où les nocturne vont se coucher tandis que les diurnes ne sont pas encore réveillés. Juste avant le lever du soleil. J'aime cette heure...
J'ai contourné les guetteurs, reprenant d'instinct mon allure furtive.
Passé la dernière bâtisse, je m'enfonçai dans la forêt escarpée en faisant de grandes enjambées dans la poudreuse. Il fallait mettre un maximum de distance car je ne pouvais pas effacer mes traces dans le lourd manteau de l'hiver. En outre, je soupçonnais les chasseurs de géants d'être de bons pisteurs.

J'avais tord de m'inquiéter d'eux...

***


Trois jour plus tard, le vent se mit à souffler apportant brumes et nuages gris. La vie dans la nature, s'était déjà à l'époque une habitude. Mais une tempête de neige était toujours à redouter. La température pouvait chuter très bas, ce qui ajouté aux violentes rafales devenait très vite dangereux, sinon mortel.
Fallait trouver un abri. Et vite.

J'ai fini par arriver près d'une gorge profonde. Un sentier descendait un peu le long de la falaise et je l'ai suivit pour arriver à l'entrée d'une grotte. Et quel grotte !
L'entrée menait à une sorte de hall éclairé par quelques longues bougies. Trois salles de grande taille partaient de part et d'autre. Un énorme block de pierre menait à une deuxième entrée plus haut dans la falaise. Le temps que je réalise que j'étais chez quelqu'un, celui ci fit son apparition : un homme plus gigantesque que le plus costaud des chasseurs de géants ! Un géant putain de bordel ! Il faisait bien quatre mètres de haut, même plus. Une grosse barbe fournie, des long cheveux retenus par un large bandeau et un énorme couteau rouge de sang dans la main. Il semblait aussi surpris que moi. J'ai croisé son regard et à mon grand étonnement j'y ai lu bien plus d'humanité que dans les yeux de bien des hommes. Mais très vite il fronça les sourcils.

Je me retourne pour fuir et tombe nez-à-nez avec un énorme loup !
Non, une bestiole comme dans mon rêve ! Ou mon hallu plutôt. Pas possible... Pas le temps de réfléchir, je bondis sur le gros rocher avant que mes jambes ne me lâchent et je sautai par le trou... pour me retrouver sur une pente raide et tout dévaler en roulant-boulant... Quand je finis par être arrêté par un tronc d'arbre. Il a rien senti j'en suis sûr. Moi par contre j'avais super mal au crâne et une douleur aiguë me déchirait la poitrine. Je me suis évanoui.

* * *


Quand j'ai repris connaissance, je grelottais. La neige et les parois de la gorge me protégeaient du froid et de la tempête, mais je ne pouvais pas rester là. L'autre monstre devait me chercher... et je suis sûr que ses... loups ? ... pourraient flairer ma piste.
Je me suis relevé en grognant. La douleur à la tête étaient passée et le froid engourdissait tout mon corps, de sorte que je ne sentait plus grand chose du tout en fait. Bouger. Et vite. Je me suis mis en marche sans trop savoir où j'allais. De toute façon pas trop le choix. Je pouvais seulement descendre.
Le fond de la gorge était le lit gelé d'une rivière, parsemé de gros cailloux. J'avançais péniblement, descendant le court d'eau pris dans les glaces. Au moins je tremblait moins. L'effort me réchauffait en même temps qu'il ravivait ma douleur aux côtes.
J'ai du marcher longtemps comme ça pour finir par déboucher dans une vaste vallée enneigée et balayée par la tempête. Je n'avais plus aucune notion du temps. Le ciel uniformément gris, les violentes rafales de neige m'empêchait de savoir si on était plutôt le matin, le soir, ou je ne savais plus quoi.

Et soudain un long hurlement perça à travers le vacarme de la tempête. Suivit d'un autre. Pétrifié, j'ai fini par paniquer. Courant au milieu des bourrasques, je cherchait à fuir, mais quoi ? Par où aller ? Je courais à perdre haleine, épuisant le peu de forces qui me restaient, et je finis par trébucher et m'effondrer dans la poudreuse. Perdu dans la montagne.
Je restais là, étendu. Attendant je ne sais quoi, peut-être bien la mort salvatrice. Le froid aurait très bientôt raison de moi de toute façon. Les bestioles ne trouveraient probablement qu'un cadavre congelé. Et le géant pourrait me stocker ainsi dans sa réserve. J'abandonnais.

"Tu dois rencontrer quelqu'un."

Ces mots tournaient en boucle dans ma tête. J'avais l'impression que le vent lui même sifflait cette phrase en répétition. Je revoyais les yeux verts, si beaux, brouillés par le rideau de larmes de mes yeux. J'entendais maintenant d'autres hurlements. Plus proches. Je sentais l'odeur métallique de la neige, masquant tout autre senteurs. Odeur froide de la mort. Mon corps ne répondais plus. Immobile, je m'enfonçait dans un état de semi-coma, alternant entre hallucinations et conscience.
Puis soudain un mouvement au dessus à droite. Puis une ombre qui fuse par dessus mon corps. Et merde. Y m'avaient trouvé avant...
Maintenant j'entendais des renifflements qui se mêlaient aux sifflements du vent.


"Rencontrer... il t'a trouvé..."

Nan ! J'allais pas crevé comme ça ! Pas sans me battre ! Et ma soeur, qu'est ce qu'elle dirait, qu'est ce qu'elle penserait ? Elle m'avais appris à ne jamais laisser tomber.
Dans un effort désespéré j'ai réussi à reprendre contrôle. Titubant, je me suis affalé deux fois avant de parvenir à me mettre debout sur mes deux pattes. Alors, ivre de désespoir, j'ai poussé un hurlement terrible. Bestial. Balayé par les bourrasques, je peinais à rester debout, et je hurlais. Cri de rage, la rage de vivre !

Alors je les ai vu. Trois créatures furtives et terriblement agiles dont j'apercevait les yeux brillants. L'une avait les yeux dorés. Une autre avait un oeil bleu et l'autre marron. La troisième avait le regard vert, d'un vert si étincelant...
Et elle bondirent. Encore loin, elle arrivaient de plusieurs côté à la fois, semblant s'évanouir pour réapparaître soudainement ailleurs. Terrifié, je les voyais se rapprocher comme au ralenti... et j'aperçut enfin la silhouette énorme du géant, au loin sur une butte. Il ne semblait pas perturbé le moins du monde par la tourmente. Stoïque, il observait sans doute sa proie prise au piège.

Les créatures étaient tout proche. Elles bondirent soudain et je voyais leurs griffes acérées, et leurs crocs luisant, et leurs yeux, ces yeux terribles... Dans quelques secondes je serais mort déchiqueté. A l'instant du choc, elles se fondirent d'un coup toutes trois en même temps dans mon corps. J'avais hurler, de rage, de terreur, d'épuisement ! Et soudain je n'avais plus froid. Plus peur. Je sentais le sang jaillir dans mes artères, et la vie m'embraser. Et je me suis écroulé. Les bêtes étaient en train de trotter vers leur maître et celui ci ne faisait toujours aucuns gestes.
Il tourna alors le dos et s'en fut dans le rideau de neige.

On m'a dit après, que c'était Uhl'Gär, le gardien des crocs. Un géant solitaire, protecteur de la montagne des crocs de lune. Personne n'avait jamais pu l'attraper, ni n'était revenu vivant de son domaine.

J'ai toujours l'amulette en forme de lune sur moi. Croissant, ou croc de lune ? Qu'importe. Dès fois elle brille intensément sous les rayon de l'astre de nuit. Et elle me rappelle que j'ai été épargné par les Ska'rayh, et par Uhl'Gär.

Pourquoi ? Je ne sais toujours pas. Je me suis tatoué une silhouette de Ska' sur la poitrine. J'avais trouvé mon totem...
Aujourd'hui je n'ai encore jamais recroisé le chemin de Ska'rayh. Mais je sais que je n'ai pas terminer ce que j'ai commencé. Un jour, je le sais, je retournerai dans la montagne.


***


"Oy ! Zak', réveille toi ! T'es en train de comater sur le feu encore !"

Les autres ne m'ont jamais cru. Sorti des montagnes, tout le monde pensait que tout cela n'était que légendes. Les gens d'en bas prenaient même les géant pour des contes destinés à effrayer les enfants. Pourtant...

"Hum... Ouais j'arrive. File moi donc la perccu tiens !"
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Regards...

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