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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 [Clos] Double crime.

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*Humain*

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*Humain*

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MessageSujet: [Clos] Double crime.   Lun 18 Avr 2011, 17:39

Nazj avait failli. Il avait eu des projets, il avait eu des plans, mais ils étaient trop imparfaits, trop peu réfléchis pour qu'ils puissent fonctionner…et il visait alors bien trop bas. Terrassé par ces échecs, le sorcier s'était exilé, dans une tour en ruines, quelque part dans les montagnes, et il avait étudié, il avait réfléchi, il avait créé ! Son pouvoir s'était grandi, ses connaissances s'étaient approfondies, il avait été sot de croire qu'il avait été assez fort auparavant, et il aurait été fou de penser qu'il avait tout appris à présent…Il avait encore beaucoup de connaissances à acquérir, mais celles-ci ne viendraient pas à lui en plongeant dans les grimoires, mais en parcourant le monde et en lui arrachant ses secrets…Nazj avait beaucoup réfléchi, il avait peaufiné des projets à la perfection, il savait ce qu'il devait faire, il n'allait pas se contenter de quelques meurtres, de quelques jeunes filles égorgées et de mendiants empoisonnés, c'était d'un ridicule ! Non, le monde entier allait trembler ! Et pour cela, il devait aller pas à pas, étape par étape…

Et c'était précisément pour une de ces étapes que Nazj était présent, ce soir là, sur les bords du lac Olia…Il avait marché sur des lieues et des lieues, durant plusieurs jours, pour finalement y arriver. Il avait pris son temps, le sorcier aimait marcher, le cahotement et le bruit incessant des sabots de cheval l'insupportait, et il en était de même pour une charrette, qui, de plus, ne pouvait pas s'éloigner des routes…La marche était une bonne chose, et malgré son grand âge, Nazj n'avait pas mal aux pieds et n'était pas très fatigué, il avait voyagé ainsi une grande partie de sa vie, parcourir des lieues sans s'arrêter était comme une petite promenade revigorante. Cependant il ne put retenir un soupir soulagé lorsque les reflets de la lune sur les eaux du lac lui apparurent. Toucher au but était toujours un plaisir.

Nazj regarda autour de lui, scrutant l'obscurité…sa vue n'était pas extraordinaire, et la lune n'était pas spécialement brillante cette nuit, mais il but cependant distinguer une forme massive un peu plus loin, à une centaine de mètres delà où il se tenait. Il eut un rictus satisfait, cela ne l'aurait pas enchanté de devoir contourner le grand lac, que son objectif se trouva juste à côté de lui était une bénédiction ! Mais il ne pouvait pas y aller comme ça, le Seigneur Nazj ne pouvait aller se présenter seul…Le sorcier s'approcha du bord du lac, enfonçant ses pieds dans la vase avant d'atteindre l'eau. Il fouilla alors ses manches quelques instants, et en sortit une petite fiole de verre contenant un liquide noir et huileux. Il la déboucha, et, avec une extrême précision, fit tomber deux petites gouttes à la surface du lac…La substance noire ne s'enfonça pas, chaque goutte devint une tâche sombre, plus sombre encore que les eaux assombries par la nuit, et elles dérivèrent un peu, le temps que Nazj rebouche sa fiole et la replonge dans l'obscurité de sa manche. Puis il tendit le bras au-dessus des tâches d'huile noire, la main aux doigts recourbés comme des serres…Il attendit encore quelques seconde, puis détendit brusquement les doigts ! L'huile qu'il avait déposée sur l'eau s'enfonça alors dans les profondeurs du lac, fusant jusqu'au fond, loin, bien hors de la vue de Nazj…Ce dernier recula un peu, quittant la vase puante qui enserrait ses bottines. Il attendit patiemment, scrutant la lune et les ombres qu'elle projetait…Une minute, puis deux…il ne les compta pas, il sifflotait un petit air macabre en regardant les étoiles, cherchant les constellations les plus visibles…Et enfin ils arrivèrent.

L'eau du lac, qui était alors parfaitement lisse, comme un miroir, fut troublé, il y avait quelque chose qui remontait à la surface, lentement, à un rythme lourd, mais surement. Quelque chose émergea ; une vision d'horreur ! La tête d'un cadavre dévoré par les poissons, souillé par la vase et par l'eau elle-même…Fort heureusement, il ne restait pas de chair sur ce visage cauchemardesque, il n'y avait que quelques cheveux vaseux et pleins d'algues, un sourire édenté eternel, et des yeux vides et pourtant si pleins de malveillance ! Ils étaient deux à remonter ainsi sur les berges du lac, deux squelettes rongés par le temps et les flots, portant encore des restes d'habits pourris et de bijoux sales et rouillés. Leur odeur était forte et très désagréable, mais Nazj n'en avait cure, il travaillait en compagnie de cadavres décomposés depuis des décennies, il doutait que quelque chose puisse encore le répugner…Quelque chose manquait cependant dans ce tableau sinistre…Ces cadavres étaient parfaits, les os étaient encore forts, ils étaient prêts à tout pour leur maître, mais ils étaient à mains nues. Nazj leva le bras, et la vase aux pieds des squelettes relevés se mit à bouillonner frénétiquement, laissant bientôt apparaître les poignées rouillées d'anciennes armes perdues...

Un grand sourire satisfait aux lèvres, Nazj et ses deux serviteurs se dirigèrent vers le grand bâtiment non loin de là…il était à présent accompagné d'une bonne escorte, et il était rassuré : le Seigneur Nazj allait bel et bien être présentable. Le pas des cadavres était lourd et lent, mais Nazj était bercé par ces doux bruits, ils l'auraient suivis jusqu'en Enfer ! Ils atteignirent bientôt la grande demeure, une sorte de manoir occupé par…un magicien ? Un vieux seigneur ? A vrai dire, Nazj ne c'était pas fort bien renseigné à ce propos, tout ce qu'il s'avait, c'est que quelque part dans cette maison, il y avait un objet qui lui appartenait. Il posa son doigt sur le trou de la serrure, et eut un léger rire moqueur en voyant l'acier rouiller tomber en fine poussière orangée…il n'eut qu'à pousser la porte, et ils entrèrent, comme trois cauchemars éveillés, dans cette demeure qui ce soir accueillait la Mort.

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Dernière édition par Nazj le Dim 22 Mai 2011, 16:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Lun 18 Avr 2011, 22:31

De la pluie qui était tombée à grosses gouttes toute la journée de la veille, il ne restait que les nuages qui filaient vers l’ouest. Et de la boue, qui s’étalait en une pâte brune sur le chemin menant au lac Olia. De part et d’autre de cette route peu fréquentée, quelques arbres avaient été laissés en paix par les hommes qui cultivaient les terres alentours. L’un d’entre eux vit arriver la créature, bien trop pressée à son gout, qui courait à en perdre haleine. Traître, il sembla faire jaillir du sol une racine que la chimère ne vit pas.

Sblarf ! Balsa s’étala dans une flaque, n’ayant pas eu le temps de se rattraper correctement de ses mains qui se balançaient pour accélérer sa course. Elle se retrouvait sur le ventre, la face à deux centimètres du sol. Mordant sa lèvre de fureur, elle constata, navrée, que ses vêtements venaient de prendre un ton brunâtre sal sur tout le devant. Pestant contre elle-même, elle se releva en grommelant doucement des insultes à son propre égard.

Elle courait depuis… une éternité lui semblait-il. Epuisée, fatiguée et rongée par la faim, elle n’hésita cependant pas à reprendre sa course. Car il aurait été bien idiot d’abandonner maintenant, elle n’avait pas fait tout ce chemin pour rien. En y repensant, la chimère voyait bien qu’elle avait prit une décision trop hâtive et manquant de réflexion. Toute cette histoire lui avait pourtant semblé être une bonne idée, au départ…


Cinq jours, ou plutôt cinq nuits auparavant, elle avait repéré en ville une nouvelle victime dont elle comptait bien récupérer la fortune. Dans un quartier mal famé du port de Reilor, elle était tombée sur ce vieillard si banal en apparence. Mais le fait qu’une personne de cet âge se promène seule dans un endroit fréquenté d’habitude par des contrebandiers avait éveillé des soupçons chez la chimère. Elle l’avait surveillé et l’avait vu échanger des choses et d’autres contre des bourses rebondies.

Parfait, avait alors pensé Balsa. Elle le suivit jusqu’à attendre qu’il soit éloigné de tout témoin potentiel. Elle crut, tandis qu’il sortait de la ville, que l’occasion de lui prendre ses biens se présentait. Mais c’était sans compter sur l’écuyer qui interpela le vieillard dès qu’il franchit les portes de Reilor. Il lui laissa un cheval, dont l’étrange revendeur dû s’accommoder. Alors le vieux monsieur monta sur la bête et la talonna jusqu’à ce qu’elle prenne un trot soutenu.

Pas si vite ! La chimère attendit que l’écuyer soit retourné dans sa petite cabane de bois pour se lancer à la poursuite de ce butin qui filait devant elle. Ses foulées avaient la souplesse du félin et l’endurance du lycan. Cependant elle ne parvenait pas à le rattraper. Elle dormit très peu les jours suivants et elle savait que petit à petit elle rattrapait son retard sur le cavalier. Il n’était pas difficile de le suivre, même à distance. Déjà parce que les routes plongeant à l’intérieur des terres n’étaient pas nombreuses, ensuite parce qu’il était facile de repérer et suivre les crottins frais laissés par la monture. Elle avait supporté la chaleur du soleil qui avait fait suer chaque parcelle de son être, puis la pluie qui rendait le chemin glissant et imprévisible.


Son obstination et sa fierté lui avaient interdit tout renoncement une fois sa décision prise. Et la voila qui était là, dans un état lamentable, si proche du but et pourtant si désespérée. Car si elle avait pensé au début que le vieil homme n’irait pas bien loin, elle commençait à redouter fortement qu’il ne se rende à l’autre bout du pays. Cependant sa volonté était grande et ses capacités surhumaines, durement mises à l’épreuve, ne s’étaient que rarement avérées aussi utiles.

Dans la pénombre qui régnait à présent sur la campagne, elle remarqua bientôt un bâtiment dont le contour se détachait sur la toile de fond du ciel étoilé. Elle s’était déjà aventurée dans cette région par le passé mais elle ne rappelait pas avoir vu telle construction. Surement parce que la dernière fois, elle était arrivée par la route de l’ouest.

La haut bâtiment signifiait qu’elle atteignait un semblant de civilisation. Elle n’avait aucunement l’espoir que le cavalier se rende en cet endroit, mais au moins elle pensait pouvoir y trouver quelque nourriture à voler. Elle passa bientôt à côté d’un crottin tout frais, qui fumait encore et dégageait une odeur doucement âcre. Il n’était pas loin, encore un effort et elle l’atteindrait. Ce qui était en réalité un manoir se rapprocha rapidement et bientôt Balsa tomba sur un croisement. De la route où elle avançait frénétiquement partait un petit sentier serpentant sur le dos d’une petite colline. Elle ralentit l’allure sans se permettre un arrêt qui aurait brisé son rythme déjà entamé par sa chute. Regardant attentivement au sol, aidée par sa vision nocturne supérieure à la moyenne, elle remarqua bien vite que les empruntes de sabots se dessinaient sur ce petit sentier.

Espoir, regain de vitalité. Ainsi donc les dieux avaient décidé que sa course après cette proie si véloce touchait à sa fin. N’hésitant pas un seul instant, elle tourna sur le sentier et redoubla de vigueur dans ses foulées. Le manoir se dessinait plus clairement, se faisant plus imposant à chaque nouveau mètre franchit par la chimère. Il était haut, large et d’un architecture d’un temps ancien. A n’en pas douter la demeure d’un homme bien riche. Surement celle du cavalier, pensa Balsa, ou d’un membre de sa famille. Cela laissait promettre un trésor plus grand encore que celui que portait avec lui le vieillard.

La chimère arriva au niveau de l’entrée et plongea derrière un buisson quand ses yeux se posèrent sur le cavalier qui descendait tranquillement de sa monture. Il conduisit l’animal vers un abreuvoir et attacha sa longe à un poteau fermement ancré dans la terre. Il passa sa main sur l’échine de l’animal, le félicitant pour l’avoir porté sagement jusqu’ici. Il retira la selle sur le dos du cheval et la posa sur une barrière de bois. Puis, sous le regard attentif de la chimère, il se dirigea vers la porte de sa demeure.

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*Humain*

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 19 Avr 2011, 00:00

Les pas des trois intrus raisonnèrent dans la grande salle…Tout était silencieux, il n'y avait que la légère brise qui s'engouffrait par l'ouverture pour s'empêtrer dans la robe déchirée de Nazj. Le froid du vent nocturne ne dérangeait pas le nécromancien, après avoir côtoyé la mort pendant plus de soixante ans, il était habitué à un froid plus intense, plus pernicieux, et bien plus profond. Il y avait quelque chose cependant qui le dérangeait : tout était obscur. Nazj avait beau être quelqu'un d'extraordinaire, il n'avait pas la vision des elfes, ou des loups-garous, ou de quoi que ce soit d'autre dont l'obscurité n'est pas un obstacle. Il fit le mouvement de claquer des doigts, mais aucun son n'en sortit…en revanche, des dizaines de bougies s'allumèrent de concert, éclairant si soudainement la salle alors obscure que Nazj fut brièvement aveuglé. Et lorsqu'il put voir à nouveau, il put constater que la pièce était…impeccable. La longe table qui trônait au centre de la salle était bien propre, brillante, quelques candélabres y étaient posés ici et là, et il y en avait d'autres dans la pièce, disposés de façon à ce qu'aucune zone d'ombre ne soit laissée. Il y avait très peu d'autres meubles, quelques chaises, de petites tables, la décoration même était réduite au minimum, il n'y avait que quelques tableaux peints sans aucun génie ici et là, qui se faisaient très discrets. Le rebord de la cheminée, pourtant, était recouvert de divers objets ! Nazj s'y dirigea, et scruta les diverses babioles qui s'y trouvaient, dans l'espoir de mettre la main sur ce qu'il cherchait, mais bien sur cela aurait été trop facile…

"Par les Dieux qui êtes vous ?!"

Nazj sursauta légèrement et fit brusquement volte-face ! Voila qui n'avait pas été prévu…Dans l'encadrement de la porte se tenait un vieil homme en habits de voyage, une dague à la main, et il fixait l'un des deux cadavres avec des yeux horrifiés ! La scène fit sourire le sorcier…c'était trop facile. Il avait pensé trouver là un mage capable ou au moins quelqu'un toujours en âge de se défendre par les armes, voila pourquoi il avait pris tant de précautions pour entrer silencieusement dans cette maison…Se confronter à un vieillard sans défense était inespéré. Le sorcier se frotta les mains, et fit quelques pas en avant.

"Je suis le Seigneur Nazj, mon cher ami, et vous avez en ces lieux quelque chose qui-"

Nazj n'eut pas le temps de terminer sa phrase, le vieillard avait brusquement tendu la main dans sa direction et les flammes des chandelles derrière le sorcier explosèrent avec violence, précipitant le nécromancien à terre ! Assourdi et étourdi, il mit quelques secondes avant de réaliser ce qui s'était passé, et ce qui se déroulait devant ses yeux ; réagissant à l'affront porté à l'encontre de leur maître, les deux squelettes s'était jetés contre celui qui s'était révélé être un mage…Nazj avait été bien idiot de penser qu'il était le seul vieillard ayant du pouvoir. Il se releva brusquement alors que son adversaire frappa la cage thoracique d'un des guerriers morts...une étrange lumière grandit dans la poitrine décharnée du mort, jusqu'à ce qu'elle sorte de ses orbites vide, et le squelette explosa brutalement en mille morceaux volant à travers la pièce et se brisant sur les murs ! Nazj haussa un sourcil, réalisant soudain que ce qu'il avait amené avec lui ne serait pas suffisant…Soit ! Il avait bien d'autres cartes dans sa manche. Il commença à murmurer des mots étranges tout en déchirant un petit bout de tissus de sa robe, et une fois ses chuchotements terminés, il trempa ledit tissus dans sa salive, et il jeta le tout sous la grande table…Il entendit avec satisfaction un sifflement curieux, comme lorsqu'on éteint la flamme d'une allumette.

Il recula jusqu'au fond de la salle, posant le pied sur la première marche de l'escalier qui s'y trouvait, regardant l'affrontement de loin. Le mage n'était pas spécialement agile ou rapide, mais il usait de petits tours qui faisaient bien en sorte que la lame du guerrier squelettique le manque toujours. Bien que le cadavre semblait avoir de bonnes compétences d'épéiste, il n'était pas suffisamment doué pour surpasser les tours du mage. Celui-ci finit par frapper le crâne du squelette, crâne qui explosa alors en d'innombrables morceaux, laissant le reste du cadavre pris par les flammes s'écrouler au sol, inerte. Le vieux mage se tourna alors vers Nazj, visiblement furieux, et horrifié.

"Je ne peux pas laisser vivre une abomination comme vous !"

Alors Nazj eut un petit sourire…Il leva son index gauche, et le secoua légèrement de droite à gauche.

"On ne m'aura pas si aisément…" dit-il, presque dans un murmure.

Et soudain, la grande table au centre de la pièce fut projetée en l'air, et alla s'écraser avec violence contre un mur ! A sa place se tenait une créature de cauchemar, une bête de sept pieds de long, et près de quatre de hauteur, un monstre de chair à nue, exhibant les veines, les tendons, les nerfs et les muscles, une abomination aux pattes de loup et au crâne nu de cheval, des poils noirs dégoulinant d'une substance sombre et poisseuse courants le long de ses mâchoires inférieures ! Sa gueule était garnie de crocs, et ses yeux vides de toute lumière fixaient le mage avec intensité. La pauvre victime à venir était tétanisée devant un tel monstre. Et il ne bougea pas lorsque la bête émit un rire d'hyène avant de se jeter avidement sur le mage, arrachant un énorme bout de chair accompagné d'un hurlement atroce ! Nazj assistait à cette mise à mort avec délectation…Il avait lui-même créé ce genre de chimères cauchemardesque lors de son isolation et, hélas, elles étaient trop peu nombreuses pour qu'il puisse les utiliser à chaque occasion, il ne voulait pas risquer de les perdre, la plupart de ses expérimentations se terminaient par des échecs retentissants. La bête ayant terminé son repas, elle vint fourrer son crâne nu et couvert de sang sous la main de Nazj, qui commença à le gratter sans réfléchir, plongé dans ses songes…Puis il secoua la tête, et sans accorder un regarde de plus aux restes méconnaissable de ce qui avait été un être humain, il commença à monter les escaliers…Plus personne ne viendrait le déranger maintenant, il allait prendre ce qu'il était venu chercher.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 19 Avr 2011, 19:10

Dès que le vieillard franchit le seuil de la porte, Balsa le suivit, sur la pointe des pieds. Enfin, elle y était, encore quelques mètres et… Les fenêtres s’illuminèrent d’un coup, d’une leur dansant comme une multitude de petits feus. La chimère stoppa net et tendit le cou vers les carreaux, tentant de voir par quel miracle autant de lumière avait bien pu être libérée en un instant. Mais de là où elle était, elle ne voyait qu’un pan de mur et un coin de la cheminée. Rien d’intéressant et pas la moindre trace du vieil homme. Alors, toujours sur la pointe des pieds, elle s’approcha de la fenêtre et se glissa sous son rebord. L’ouverture était plutôt haute et ce fut sa veine d’être grande pour une fois. Elle était juste sous le verre des carreaux, dos au mur, reprenant sa respiration. Quelque chose n’allait pas cependant… son cœur frappait sa poitrine un peu trop vite, bien qu’elle ait cessé de courir à présent. Alors quoi, quel était cet étrange sentiment ?

Il ne fallait pas laisser grandir sa curiosité plus longtemps et elle se décida enfin à se retourner. Puis, en dépliant doucement les articulations de ses jambes elle hissa son regard jusqu’à ce qu’il puisse caresser l’intérieur de la pièce. Une pièce immense, dont elle n’aurait su dire si elle tenait plus de la richesse ou de la modestie. Mais ce n’étaient ni les meubles, ni la décoration, ni le grand escalier du fond qui attirait son attention. C’étaient eux : deux cadavres ambulant dont il ne restait que le squelette, recouvert de vieux linges rongés par le temps. Etaient-ils bien réel, ou était une sorte d’illusion ? Un homme, bien vivant celui-là semblait-il, encore que le doute ne lâchait pas la chimère, se tenait à leurs côtés, marmonnant quelques paroles. Mais il n’arriva aux oreilles de Balsa qu’un bourdonnement confus et indéchiffrable. Il s’adressait au vieillard dont elle ne pouvait que deviner la présence. En effet, il se trouvait trop sur le côté de la fenêtre pour que le regard de la chimère ne puisse l’atteindre. Tout d’un coup, les flammes qui dansaient jusqu’alors paisiblement sur le haut des bougies se mirent à grossir violemment et explosèrent en un souffle qui sembla tout balayé.

Balsa se baissa et plaqua à nouveau son dos contre le mur. Son cœur battait la chamade, sa peau se mit à transpirer et une goutte de sueur froide glissa doucement le long de sa colonne vertébrale. Les lèvres tremblantes, elle ravala sa salive. Son souffle était saccadé et tout mouvement lui semblait relever d’un effort immense. Elle finit par comprendre ce qui lui arrivait : elle goutait au sentiment de peur. Elle qui, tout au long de son voyage, avait inspiré la crainte et ne l’avait jamais ressentie, voila qu’elle devait affronter cette bête qui s’insinuait en elle et la paralysait par le simple pouvoir de l’esprit. La douleur qui lui rongeait les entrailles n’était pas vraiment physique non plus. Quelle étrangeté, et quel danger ! Il n’y avait qu’un moyen de guérir ces blessures psychologique. Il fallait que Balsa affronte la réalité, aussi effrayante soit-elle. Alors elle prit une grande inspiration et une bonne dose de courage. Elle allait se relever pour à nouveau glisser son regard à l’intérieur du manoir, quand tout à coup…

Baoum ! Les murs tremblèrent et les carreaux de la fenêtre faillirent bien se briser. Du moins ce fut l’impression qu’eut la chimère. Dernière hésitation, ne valait-il pas mieux fuir cet endroit d’où résonnait la magie en puissance ? Mais comme entêtée, persuadée qu’elle ne pouvait être venue pour rien, Balsa se redressa pour de bon cette fois et pu assister à la suite du spectacle. Ses pupilles se dilatèrent dans ses yeux ouverts tout rond. Un monstre comme jamais elle n’aurait osé l’imaginer se dressait devant elle, à quelques pas de la fenêtre d’où elle observait la scène. Ne ressemblant à aucune créature foulant cette terre, il avait non seulement des attributs d’espèces disparates, mais son corps tout entier semblait mis à vif, exposant ses chairs et ses organes à l’air libre. Un cadavre lui aussi ? Bien plus élaboré cependant, et bien plus terrifiant aussi. Paralysée par l’effroi qu’il avait suscité chez elle, Balsa ne pouvait détourner le regard ce cet animal dégoulinant d’une substance noire comme de l’encre.

La créature ouvrit la gueule pour en laisser échapper un son que la chimère ne put saisir bien qu’elle eut l’impression que c’était là tout ce qu’il y avait de plus malveillant. D’un bond la bête terrible se rua sur le vieillard, croquant dans ce corps comme s’il s’agissait d’un oisillon. Elle l’engloutit totalement et se dirigea vers l’homme qui restait encore debout. C’est à ce moment seulement que Balsa remarqua que les cadavres animés avaient disparus. Elle s’attendait à ce que la dernière forme de vie terrestre en ces lieux devienne la prochaine proie du monstre mais il n’en fut rien. Tel un chien qui revient gentiment vers son maître après avoir rattrapé un bâton, l’immense chose à laquelle il manquait apparemment une peau vint glisser son crâne sanglant sous la main de celui qui se tenait encore debout. Et celui-là affichait un sourire satisfait. Sourire que la chimère avait l’impression de connaître pour avoir barré son propre visage en plus d’une occasion.

Finalement, l’homme et la bête répugnante montèrent les marches du grand escalier, dans un calme presque insolent. Alors qu’ils disparaissaient peu à peu vers les étages, Balsa décida que c’était le moment d’agir. Elle ne voulait pas être venue pour rien et même si elle n’avait pas mis elle-même fin aux jours du vieil homme qu’elle avait rencontré à Reilor, elle se persuadait que son butin lui était à présent destiné. Elle ôta sa cape et la laissa sur le sol à l’endroit d’où elle avait assister à la scène de combat. Elle ne portait plus à présent qu’un haut aux manches longues et une robe qui tombaient sur ses genoux. Elle déroula sa longue queue et brassa l’air vigoureusement. Puis, se faisant aussi silencieuse que possible, elle se dirigea vers la porte d’entrée.

Franchissant le seuil prudemment, elle ne put que remarquer l’odeur d’entrailles et de chairs en décomposition qui avait envahi tout le volume de la pièce. Elle avança sur le sol jonché de débris qui avaient jusqu’à ce soir servis de bras, d’oreille, de foie et d’intestins au vieillard qu’elle avait suivit. Mais le monstre gigantesque avait englouti sans précaution aucune une grande partie de son corps, ne prenant pas la peine de recracher tout ce qui n’était pas organique. L’or ! Le f***, le ch***, le s***, il l’avait bouffé ! La peur dans laquelle s’était plongée Balsa se transforma en une colère grandissante. Elle chercha au milieu des restes du corps éparpillé si par chance elle trouverait quelques pièces.


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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 19 Avr 2011, 22:03

A l'étage de ce grand manoir, Nazj découvrit quelque chose qui le mit de fort bonne humeur : la bibliothèque du mage ! Et, contrairement à au rez-de-chaussée, le désordre qui y régnait était plutôt impressionnant. Voila ce que Nazj avait espéré voir ! L'impeccable propreté, l'ordre sans défaut n'étaient pas naturels à ses yeux, rien n'était parfaitement ordonné, nulle part, en aucun cas, essayer d'en donner l'illusion était stupide et ne plaisait pas au vieux nécromancien. Dans cette grande bibliothèque –ou bureau, ou atelier, ou quoi que ce fut que le défunt mage l'appelait-, des étagères couvertes de livres pour la plupart d'une taille respectable couvraient les murs, des table étaient éparpillées ici et là, recouvertes de parchemins, d'autres livres, de babioles aux formes et aux tailles diverses et variées…Cela allait prendre un bon bout de temps avant de trouver l'objet de ses recherches, mais il allait s'amuser comme un fou ! La bête qu'il avait invoquée commença à errer à travers la pièce, déversant son ichor noir sur son passage, tandis de Nazj empoignait un livre au hasard, et commença à le feuilleter…il était peut-être venu chercher quelque chose de précis, mais rien ne l'empêchait d'emporter quelques trésors de magie, ils ne manqueraient à personne…Cependant, il doutait fortement que "La Bière brassée" allait être une œuvre majeure dans sa collection…

Ce fut après qu'il ait jeté le livre et commencé à fouiller dans les tas de babioles sans valeur à ses yeux –mais visiblement valant une réelle fortune monétaire- qu'il sentit quelque chose. Ce n'était pas une odeur, bien que Nazj ne puisse s'empêcher de renifler, c'était une autre sensation, plutôt désagréable en vérité, une impression dérangeante…Il n'était pas seul. Réagissant à un ordre silencieux de son maître, la bête se mit à grogner, émettant un son que nul animal ne devrait pouvoir faire. Nazj hésita quelques instants, il ne voulait pas vraiment envoyer sa création en aveugle, qui pouvait savoir ce qui s'était introduit ici ? Un gardien, magique ou non ? Le véritable propriétaire des lieux ? Il n'y avait pas vraiment de moyen sur de le savoir. Nazj émit un faible grognement, fouilla dans ses manches, et en sortit un petit couteau…Décidément, la magie allait être reine, ce soir. Il entailla le bout de quartes doigts de sa main droite, se pencha et, après avoir prestement jeté au loin des parchemins qui traînaient sur le plancher, commença à dessiner quelque chose à la va-vite…Ce n'était pas parfait, rien ne l'était lorsqu'on ne prenait pas de temps, mais il ne savait pas de combien il en disposait. Une fois terminé, il se releva, recula, et attendit en serrant bien fort le bout de ses doigts…Fort heureusement, ce ne fut pas long avant qu'il puisse entendre un râle dans la pièce, un râle affamé, faible, mais qu'on ne pouvait que remarquer.

Un bruit mou se fit entendre, et une empreinte de main baignée dans ce qui semblait être de la bave apparut sur le plancher ! C'était une main longue, aux doigts squelettiques possédant des ongles comme des griffes, et une autre empreinte apparut bientôt, accompagnant le râle qui devenait plus fort…Une étrange forme se matérialisa, ce n'était pas très précis au début, mais ses contours se dessinaient plus nettement à mesure que la chose rampait vers les escaliers. C'était plutôt petit, d'environ cinq pieds de long, extrêmement maigre, aux membres longs et squelettiques…On ne pouvait pas encore en distinguer la couleur, mais l'on pouvait déjà voir que cette créature ne possédait pas de mâchoire inférieure, laissant pendouiller sa longue langue baveuse et sombre, qui laissait une trainée sale sur le sol. La chose n'avait pas de nez, et en guise d'yeux elle n'avait que deux grands trous de chair déchirée, comme si les orbites pour les yeux avaient été taillées avec violence avec un bout d'acier ! Le monstre commença à grimper les murs des escaliers, et s'enfonça vers le rez-de-chaussée, il allait voir ce qui se passait, et s'en débarrasserait.

Nazj était satisfait, bien qu'il n'aimait pas vraiment ce genre de spectres, ils avaient toujours faim, ils cherchaient toujours à arracher un bout de chair ici et là, il ne pouvait les garder à ses côtés bien longtemps, mais leur faim insatiable en faisaient des alliés qui répondaient à son appel à une vitesse impressionnante. Il avait bien hâte d'entendre les hurlements de la victime, d'abord de frayeur, puis de douleur, mais Nazj ne pouvait pas perdre de temps à attendre, il se retourna, et balaya un tas de parchemins d'un revers de la main avant de commencer à fouiller…Autant en finir le plus rapidement possible si l'on ne pouvait s'arrêter de le déranger !

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mer 20 Avr 2011, 17:53

Penchée au-dessus d’un amas de chaire et de tissu ayant miraculeusement échappé à l’appétit vorace du monstre, Balsa fouillait de ses mains ces restes répugnants. Elle gardait un sang froid assez remarquable, alors que ses doigts dégoulinaient de sang et de lymphe épaisse, habituée à voir l’intérieur de ce qui était vivant pour avoir tué un grand nombre d’animaux, et quelques créatures intelligentes aussi. Elle soulevait et retournait tout ce qui aurait pu cacher l’une des petites bourses d’or qu’elle avait vu ramassées par le vieillard. Mais rien. Elle laissa échapper un long soupir mais en retint la fin, réalisant qu’il avait été un peu trop bruyant. Il ne fallait pas qu’elle oublie qu’elle n’était pas seule en ces lieux. Et le champ de bataille immonde dans lequel elle évoluait avait été provoqué par un homme et sa créature, encore bien vivants et juste à l’étage au-dessus.

Cette pensée rattrapait l’esprit de la chimère quand elle entendit un bruit en direction de l’escalier. Elle releva la tête et regarda vers l’origine du son. Une chose rampante arrivait à vive allure, glissant des murs sur le sol, dévalant les dernières marches. La créature en imposait moins que celle d’avant, car elle n’était pas bien haute ni vraiment longue. Mais elle était tout aussi peu réelle. Des orbites vides, une langue pendant et léchant le sol car aucune mâchoire inférieure ne pouvait la supporter, ainsi qu’un aspect d’une maigreur affligeante. Cependant Balsa n’eut pas le temps de vraiment analyser le physique de cette chose qui fondait sur elle. Vite elle porta sa main droite à se ceinture et ses doigts se refermèrent sur… du vide ! L’image de son couteau, sur lequel elle aurait bien aimé pouvoir compter en ce moment, se dessina en un instant dans son esprit. Il était encore à Reilor, dans son abri de fortune, posé comme toutes les bricoles qu’elle avait accumulées sur le drap qui lui servirait un jour de baluchon. Ce n’était pas de là-bas qu’il allait pouvoir apporté une aide quelconque à la chimère.

Elle eut à peine le temps d’en conclure que le combat inévitable devrait se jouer à mains nues que la créature sombre et baveuse était sur elle. Balsa se protégea de ses avant bras en un réflexe instinctif, les paumes ouvertes tournées vers le monstre qui rampait devant elle. Et quand ce monstre enfin se décida à lancer ses griffes en avant, et qu’elles entaillèrent le poignet gauche de Balsa, celle-ci libéra instantanément une quantité d’électricité impressionnante. La peur, la colère, la soudaineté de ce combat contre l’immondice, toutes ces émotions c’étaient faites intensité et tension foudroyantes. La chimère elle-même souffrit de ce courant déversé sans contrôle et son visage se tordit en une expression de douleur. Mais ce n’était comparé à la créature qui, projetée quelques mètres plus loin, était à présent secouée de spasmes convulsifs. Ses membres s’agitaient tout seuls, en grand désordre, et ses muscles si elle en avait, ne répondaient plus aux ordres du cerveau… si elle en avait un.

Le temps n’était pas à l’hésitation, aux doutes et aux interrogations. Il fallait agir, de suite, pour ne pas laisser le temps à la bête se de remettre de ses émotions. Balsa se rua dans sa direction et, juste avant de l’atteindre, bondit en hauteur pour atterrir sur le dos de la chose. Celle-ci, toujours secouée de mouvements involontaires, ne se déplaça qu’à peine. La main et le pied droit de la chimère frappèrent l’échine du monstre en le plaquant au sol. Dès cet instant, elle referma ses doigts sur la chair spongieuse et dégoulinante, et dès cet instant, le courant se mit de nouveau à circuler entre les deux corps. Cris, hurlements et plaintes perçantes envahirent la grande pièce. La douleur saisissante de l’électricité brulait dans les veines de Balsa et la chose sous elle se débattait vigoureusement. Pourtant la chimère ne lâcha pas prise et vint même attraper la nuque de la bête de son autre main, faisant fit de la plaie qui l'avait ouvert au poignet. C’était la pagaille, les deux corps liés bougeaient en tous sens, mais elle ne perdait pas ses réflexes. L’adversaire avait beau être putride et répugnant, elle savait qu’au combat, ces détails n’étaient là que pour la déstabiliser et elle ne laissa pas ses émotions jouer avec elle. Concentrée sur sa colère uniquement, elle plia les doigts fermement autour des vertèbres cervicales de la chose, enfonçant ses doigts à travers la fine couche de chaires. Puis d’un coup sec, elle tira sur les os et brisa la nuque qu’elle tenait. Un sang noir éclaboussa alentour, projetant le liquide jusque sur le visage de Balsa. La bête, était-ce à cause de ce coup mortel ou de la foudre qui se répandait en elle, cessa tout mouvement. Enfin, la pièce retrouva le silence qu’elle avait connu, dans un décor complété d’un nouveau cadavre.

La chimère, par habitude, lécha le sang qui s’était étalé sur ses lèvres. Elle regretta de suite son geste, car le goût n’avait rien à voir avec la chaleur salée et ferreuse d’un sang animal. Elle cracha quelques postillons dégoutés sur le corps gisant de ce qu’elle venait de battre. Cette victoire amère vint s’entacher de la pensée terrible que le vacarme qu’ils avaient provoqué ne pouvait qu’avoir averti l’homme à l’étage de leur présence. Balsa se redressa et s’éloigna de la créature sombre pour faire face à l’escalier, se tenant aussi droite que possible, couverte du sang de la bête et du sien qui coulait sur sa main gauche. Elle n’aurait pas le temps de fuir, il était trop tard…

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mer 20 Avr 2011, 20:09

Nazj était penché au-dessus d'une grande table, réfléchissant longuement…La bibliothèque, déjà en désordre lorsque le sorcier l'avait trouvée, était à présent méconnaissable : Nazj avait jeté sans vergogne des dizaines de parchemins ainsi que divers objets, qui étaient de véritables trésors de magie, il avait brisé la serrure de coffres, arraché le bois de caisses, renversé des tables, brûlé des livres pour évacuer sa rage, mais il avait toujours les mains vides…Cette salle n'était pas si grande que ça pourtant, et le mage ne devait avoir aucune idée de la valeur de l'objet qu'il possédait…où avait-il bien pu le cacher ? Derrière lui, sa bête écorchée fouillait encore les piles de parchemins et les caisses détruites. Nazj, trop occupé à fouiller la salle, n'avait entendu aucun bruit venant du rez-de-chaussée, l'intrus n'avait pas du faire long-feu devant le spectre affamé, et devait à présent se faire réduire en charpie…C'était tant mieux, Nazj n'aurait pas aimé perdre de temps à s'occuper lui-même d'un autre idiot qui pensait pouvoir le surpasser. Cependant, alors qu'il était sur le point de reprendre ses recherche et de jeter rageusement une petite statuette en verre, il entendit un bruit venant du rez-de-chaussée qui le lui plut pas…C'était un hurlement, mais pas un hurlement humain, une plainte d'outre-tombe qui ne pouvait signifier qu'une chose : le spectre qu'il avait envoyé avait été vaincu.

Sentant la colère de son maître monter, la bête contre-nature se mit à grogner…Nazj laissa échapper un léger soupir et se dirigea à pas lents vers les escaliers. Il n'allait pas invoquer une autre créature pour l'envoyer en aveugle contre celui ou celle qui osait le défier en bas, il allait confronter cet intrus directement. Nazj n'était pas très doué pour les affrontements directs, il ne s'y connaissait pas beaucoup en magie brutale, qui consistait à tout faire exploser sans réfléchir, mais en sachant à qui il avait affaire, il pourrait réagir plus facilement…Et qui pouvait savoir si cette situation ne pouvait se résoudre plus pacifiquement ? Du moins jusqu'à ce que Nazj ne décide de planter un couteau dans le dos de son éventuel nouvel allié. Il descendit donc les marches, pas à pas, accompagné de sa bête écorchée, réfléchissant à ce qu'il allait faire…Une odeur âcre envahit ses narines, c'était l'odeur du sang de la créature qu'il avait lâchée un peu plus tôt…

"Et qui donc ose défier ainsi le Seigneur Nazj ?"

C'est en posant le pied sur les dernières marches que Nazj eut sa réponse…C'était une jeune femme, grande et solidement bâtie, c'était évidemment une guerrière, mais elle ne semblait pas le moins du monde spéciale, et certainement pas capable de vaincre un spectre rendu fou par la faim…Mais le cadavre de la créature était là, brisé, et la jeune femme était à mains nues. Une personne à l'allure banale, que Nazj avait déjà pu croiser n'importe où, qui avait vaincu une de ses invocations et qui se trouvait en ces lieux au même moment que le sorcier ? Il pensa tout naturellement à un chasseur de prime, ou quelque chose dans ces eaux là, au cours des dernières décennies, Nazj s'était fait quelques ennemis, que l'un deux décide de se débarrasser de lui par le biais d'un mercenaire n'était pas surprenant, ce qui l'était, en revanche, c'est que celle-ci avait réussi à le trouver ! Le nécromancien posa sa main sur le crâne de sa bête, qui émettait un grondement menaçant, ses orbites vides et malveillants rivés sur la jeune femme.

"Surprenant…j'aimerais savoir qui vous envoie, peut-être que recevoir votre tête tranchée calmera ses ardeurs !"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 21 Avr 2011, 03:13

- Et qui donc ose défier ainsi le Seigneur Nazj ?

La voix résonna dans toute la pièce et à l’entendre Balsa fut parcourue d’un frisson qui fit trembler tout son corps. Elle resta figée, son ouïe rivée sur les bruits de pas qui descendaient les dernières marches. Enfin elle le vit. Pas à travers des carreaux cette fois, mais bien juste devant elle. Vêtu en tout en pour tout d’une robe noire dans laquelle il s’était enveloppé, l’homme était plus grand qu’elle. Il était certainement très maigre car ses vêtements semblaient flotter autour de lui, posés en équilibre sur ses épaules anguleuses. Son visage, pâle, était rongé par les affres du temps. Ses yeux d’un gris invraisemblable reflétaient bien toute l’impétuosité de ses paroles. Il s’était proclamé seigneur d’un ton hautain et sûr de lui, et disait se nommer Nazj. C’était là un nom bien court pour un noble, mais Balsa n’eut pas le temps de s’attarder sur de telles pensées.

Aux côté du vieillard qui affichait ostensiblement sa supériorité, la créature démesurée à la peau arrachée se tenait debout sur ses quatre pattes, grondant d'un son rauque en direction de la chimère. Celle-ci déglutit difficilement. Elle était dans un piteux état, accumulant la fatigue de la course, du combat, une blessure au poignet dont le sang continuait à s’échapper d’un long filet rouge, et les secousses électriques qui tiquaient ses articulations de temps à autre, lui faisant froncer les sourcils et retrousser les lèvres comme un chat feulerait. Aussi, l’idée de devoir affronter la créature dégoulinante d’un liquide sombre et visqueux n’enchantait pas du tout la chimère qui avait l’impression de pouvoir y laisser sa vie. Et elle se refusait à cette fin imminente. Peut-être que personne ne remarquerait jamais sa disparition, peut-être était-ce là justice qu’elle passe enfin dans l’autre monde après y avoir mené tant d’âmes. Mais non, elle ne se laisserait pas faire. Car elle avait encore des rêves, des ambitions personnelles et des projets d’avenir. Il y avait des contrées qu’elle n’avait jamais vues, des personnes exécrables dont elle devait se venger. Et Aïklando et ses promesses, qu’un jour elle finirait bien par atteindre elle aussi.

- Surprenant…j'aimerais savoir qui vous envoie, peut-être que recevoir votre tête tranchée calmera ses ardeurs !

Qui ? Qui l’envoyait ? La peur l’empêcha d’afficher l’entaille qui était faite à son honneur. Personne ici ou ailleurs ne lui dictait d'ordres, elle allait et venait où bon lui semblait, prenait ou sauvait les vies qu’elle seule choisissait. Face à n’importe quel individu normal elle aurait répondu avec une arrogance exagérée et se serait perdue en de longues phrases marquant son éducation et sa capacité à dicter sa propre vie. Cependant face à lui, terrible maitre d’un monstre et assuré comme si elle n’était à ses yeux qu’un insecte, sa voix se fit respectueuse. Elle cherchait à apaiser l’homme et s’inclina légèrement, sans fausse politesse.

- Seigneur Najz, personne ne m’envoie ici, je suis venue de ma seule volonté, dans le but de soutirer l’or de l’homme qui se trouve… allongé là-bas en partie, dans le ventre de ce… machin pour l’autre… de l’homme dont vous avez abrégé les souffrances.

Son regard allait et venait entre les yeux du vieil homme, dont elle avait bien du mal à soutenir le regard, et le corps informe de la bête à côté de lui. Alors elle se souvint. Regardant sur ses bras le sang noir qui séchait doucement elle comprit la lourde erreur qu’elle avait commise. Elle venait de tuer une créature de ce Nazj et cela n’allait certainement pas le mettre, lui et le monstre, de bonne humeur.

- Votre animal m’a attaquée et… j’ai malheureusement prit sa vie en me défendant…
Elle laissa une seconde s’écouler, s’étirer et planer dans le silence du champ de bataille avant de reprendre :
- Car si je dois mourir ici, je compte me défendre sans retenue. Je n’ai pourtant pas l’intention de tuer, ni vous ni… lui –dit-elle en désignant la créature écorchée– Je suis simplement là pour l’or, peut-être quelques outils pratiques. Je veux ajouter aussi que je ne porte pas dans mon cœur les autorités de ce pays et vous pouvez me croire quand je vous dis que je garderais toute ma vie le silence sur ce que j’ai vu ici.

Tout était dit, tout ce qui pouvait sauver sa peau. Il ne restait plus que le risque que le seigneur soit lui-même membre de l’autorité de Lan Rei, même si vu ses méthodes, Balsa en doutait fortement. Elle restait toujours immobile, ses muscles tendus, prête à réagir au moindre mouvement. Seule sa queue ne pouvait retenir un mouvement de balancier, parfois un soubresaut. La tension était palpable et le combat semblait attendre un signe invisible pour débuter.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 21 Avr 2011, 23:30

Nazj resta immobile un moment, muet, considérant la jeune guerrière avec attention. Le voila à présent qui hésitait un peu ; certes il ne voulait pas engager un combat contre cette femme qui avait prouvé qu'elle était capable d'impressionnants tour de force –par quel prodige y était-elle arrivée à mains nues, Nazj n'en avait aucune idée, mais il ne tenait pas vraiment à le savoir-, perdre sa fidèle bête, s'efforcer à créer d'autres horreurs à une vitesse éreintante et, pour se faire, mettre sa propre vie en danger était tout à fait inutile…Bien sur il serait bien obliger d'user de violence si la jeune femme décidait de l'attaquer, mais elle ne semblait pas prête à ça : elle donnait l'impression d'être fatiguée, blessée, sale, et elle avait ces curieux tics qui surprirent Nazj un petit instant. Cependant, elle pouvait tout aussi bien jouer la comédie afin que le sorcier baisse sa garde ! Alors il pourrait bien finir avec un couteau planté dans le dos avant que lui ou sa bête puisse réagir…Et d'ailleurs, qu'allait-il arriver à sa créature si il mourrait ? Et à ses autres monstruosités ? Et à la cour d'outre-tombe qu'il avait érigée ? C'était une intéressante question sur laquelle il allait devoir se pencher…

Nazj était complètement perdu dans ses pensées, il n'écoutait la jeune guerrière que d'une oreille distraite, il put entendre des excuses concernant l'abattage du spectre, excuses qui étaient totalement inutiles, la créature était sans doute repartie dévorer un de ses confrère quelque part dans les limbes. Cependant, tout le discours de la jeune femme ne désintéressa pas totalement Nazj ; il tiqua violemment lorsqu'il entendit qu'elle n'était venue ici que pour…l'or. Il secoua légèrement la tête pour chasser toute pensée parasite, et fixa intensément l'intrus, fronçant les sourcils…Puis il passa son regard sur le cadavre inerte de la chose d'outre-tombe qui gisait plus loin dans une marre de liquide noir qui pouvait difficilement passer pour du sang. Il repassa son regard sur la jeune femme, et lui fit signe de rester immobile tandis qu'il se dirigeait vers l'horreur morte.

"L'or, ma chère…comment avez-vous dit que vous vous appeliez ? Peu importe ! C'est l'or qui vous intéresse…"

Il prit le crâne du spectre dans la main et souleva le corps désarticulé de la créature sans effort, tant la maigreur de ce monstre rendu fou par la faim était inhumaine. Nazj plongea un instant son regard sans les orbites vides et déformés, puis présenta le cadavre à la guerrière.


"Vous êtes capable de vaincre cette chose sortie d'un cauchemar à mains nues sans ciller, sans être abattue par la terreur, vous gardez votre sang froid en présence d'une bête contre-nature, et vous ne vous préoccupez que de l'or ?! Vous manquez cruellement d'ambition, jeune fille…"

Puis il jeta le cadavre brisé aux pieds de la femme dont le nom lui échappait toujours…l'avait-elle seulement signifié ? Bah, c'était de moindre importance. Nazj retourna près des escaliers tandis qu'il parlait.

"Mais soit ! Cette maison contient de nombreux trésors et je ne souhaite pas me battre contre vous, cela ne ferait que m'épuiser pour qu'un cadavre de plus pourrisse à mes pieds, et j'ai de plus grands projets. Les richesses de cette demeure sont à vous si vous m'aidez à trouver ce qui m'appartient"

Puis il tourna le dos à la guerrière et commença à monter les escaliers, suivi de son monstre de chair. Il ne pensa pas un moment qu'elle puisse l'attaquer de dos, car il ourdissait déjà un petit quelque chose pour se débarrasser d'elle une fois le travail terminé…Ses collaborateurs ne faisaient jamais long feu, il ne pouvait laisser aucune trace derrière lui.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Ven 22 Avr 2011, 16:40

Il était bien difficile de lire une quelconque émotion sur le visage du vieil homme. Il semblait n’écouter Balsa qu’à moitié, plongé dans des réflexions lointaines. En temps normal, cela aurait énervé la chimère. Mais face à lui et à son monstre décharné, elle se contentait de se réjouir qu’il n’ait aucun mouvement offensif à son égard. Qu’il fasse attention à elle comptait peu, du moment qu’il la laissait tranquille. Il finit par prononcer quelque mots et alors la honte vint frapper la chimère de plein fouet : elle qui était d’habitude très à cheval sur la formalité des présentations, elle n’avait même pas donné son nom. Elle entre-ouvrit les lèvres à la remarque de Nazj, mais son « peut importe » lui fit garder le silence. C’était clair, il ne voyait en Balsa qu’un être faible et insignifiant qui était venu perturber le cours de sa journée.

Il se tenait maintenant au-dessus de la bête que la chimère avait mise à mort, du moins pensait avoir mise à mort car elle ne soupçonnait pas un seul instant que cette chose fut simplement retournée dans un autre univers. L’homme souleva le cadavre en l’attrapant par la tête. Un instant Balsa eut le sentiment que le fait qu’elle s’en soit débarrassée impressionnait Nazj. Les paroles du vieillard vinrent confirmer cette impression et une certaine fierté glissa sur le visage de Balsa. Mais sa conclusion était moins réjouissante puisqu’il insista sur le « manque d’ambition » de la chimère en envoyant valser le cadavre à ses pieds. Elle se mordit l’intérieur de la joue pour contenir sa colère naissante.

Il retourna ensuite vers l’escalier, expliquant qu’il ne voyait pas d’objection à ce qu’elle s’accaparât les richesses de la maison. La chimère ne retint pas un soupir de soulagement. Mais à peine avait-elle finit d’expirer qu’à ses oreilles résonna une requête fort inattendue. Il lui demandait de l’aide, pour trouver un objet. Alors Balsa sortit de son immobilisme et vint rejoindre l’homme, montant les marches à quelques pas de lui. Elle jeta un œil sur le monstre mis à nu qui avançait avec eux et comme il ne semblait pas agressif, elle répondit d’un ton relativement calme.

- Bien sur que je peux vous aider… Au fait, mon nom est Balsa, je suis une chimère.

C’était rare qu’elle donne son espèce à la suite de son nom. Mais elle voulait en compagnie de cet homme si dangereux jouer la carte de l’honnêteté. Et puis, une petite chose titillait son esprit. Peut-être cette rencontre pourrait lui apporter plus que le butin qu’elle constituerait. Mais elle rangea cette idée dans un coin de sa mémoire pour le moment.

- Alors, de quoi s’agit-il ? Je veux dire, vous cherchez quoi précisément ?

Elle écouta attentivement la réponse alors qu’ils progressaient vers l’étage. Si l’ouïe de la chimère était tout aux paroles de l’homme, sa vue vagabondait sur le nouveau décor qui se dessinait devant ses yeux. Ils entrèrent bientôt dans une bibliothèque immense. Ici, point de cadavre et aucune puanteur morbide dans l’air. Cependant le désordre régnait. La pièce avait déjà été fouillée, probablement par le seigneur Nazj, mais même sans cela, Balsa sentait que l’endroit n’avait pas été rangé depuis un moment. La poussière recouvrait les étagères, le sol et les livres qui n’avaient pas encore été déplacés ou ouverts.

Elle ne put retenir sa curiosité et s’empara d’un ouvrage au hasard. Elle balaya du revers de la main la fine couche grise qui ternissait la couverture et s’appliqua à en déchiffrer le titre. Elle savait, en théorie, lire le langage des hommes. Mais sans pratique, elle avait bien du mal à reconnaître les caractères et les sonorités qu’ils représentaient. Plissant les paupières, elle parvint à comprendre le titre : Plantes herbacées des régions montagneuses, descriptions et utilisations courantes. Elle ne doutait pas que cela puisse susciter l’intérêt pour certaines personne, mais elle le referma et le posa là où elle l’avait prit. Puis elle se tourna vers Nazj et osa une question qui lui brulait les lèvres depuis un moment.

- Vous êtes… une sorte de magicien, non ?

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Ven 22 Avr 2011, 18:27

Le nom de Balsa bourdonna un instant aux oreilles de Nazj comme le bruit d'un insecte que l'on chasse d'un simple revers de la main…Et cependant, ce qu'elle ajouta à sa présentation titilla l'intérêt du sorcier ; une chimère ? Voila qui était intéressant, il ne croisait pas souvent la route de ce genre de créatures, des monstres issus de la science et de la magie, ou simplement de quelque mutation ou aberration de la nature, ils étaient des trésors d'alchimie, des exemples parfaits de ce que Nazj cherchait parfois à créer…Il aurait du se rendre compte que Balsa était une de ces créatures, il fallait des caractéristique inhumaines pour venir à bout du monstre qu'il avait lâché, et elle ne semblait pas dotée d'une grande force…Il y avait aussi sans doute quelques signes physiques, mais Nazj n'avait rien remarqué, peut-être sa vue était-elle pire que ce qu'il croyait, ou peut-être étais-ce juste son manque d'attention à l'égard de ce qu'il considérait comme une vulgaire poupée de viande. L'étude de la chimère pourrait l'aider pour ses expériences farfelues, mais pour cela il allait devoir disposer du cadavre, ce qui ne s'annonçait pas facile…à moins qu'il ne trouve un autre moyen ? Bah, ce n'était pas le moment de penser à ça.

"Enchanté, jeune fille…vous pouvez vous estimer heureuse, il n'y a pas si longtemps j'aurais réduit cette maison en cendre uniquement pour votre cœur…et je dis ça littéralement, bien entendu."

Mais aujourd'hui, cette folie d'user de tous ses pouvoirs pour n'assouvir qu'un caprice de sorcier était étouffée, Nazj avait gagné en ambition. Ils entrèrent dans la bibliothèque, et Nazj lâcha un léger soupir : tout était sens dessus dessous, il n'avait pas remarqué à quel point il s'était laissé aller dans ses recherches, mais il allait devoir continuer, c'était quelque part par ici ! Si l'objet de ses recherches n'était pas dans un coffre ou en vue sur les tables, alors il devait y avoir une autre cachette, quelque part derrière les dizaines de grandes étagères qui recouvraient les murs…Une petite alcôve cachée dans un mur ? Ou même peut-être quelque part au plafond ? Nazj regarda en l'air un instant, et se dit qu'il allait devoir chercher dans cette voie…plus tard. L'idée que le mage ai pu cacher ce qu'il cherchait autre part dans le manoir traversa un instant l'esprit de Nazj…mais il rejeta cette hypothèse, ce n'était pas du tout dans la logique des pratiquants de magie, quel idiot irait cacher un artefact dans sa cuisine ou dans la chambre à coucher ? Nazj sortit de ses pensées en clignant des yeux et reporta son attention sur l'instant présent…

"Je cherche une couronne. Un objet lourd en acier terni, ancien et serti de divers joyaux…Tout le reste est à vous, certains de ces objets, bien que leur véritable valeur sera sans doute ignorée de la plupart des marchands, valent de véritables fortunes, aussi insignifiants puissent-ils paraîtres. L'or ne m'est d'aucune importance," ajouta-t-il avec un léger sourire, "seul la volonté d'accomplir un rêve a une véritable valeur et un véritable pouvoir. Cherchez bien, le mage qui habitait ici semblait savoir ce qu'était ma couronne, il a du la cacher…"

Nazj commença aussitôt à arpenter la pièce, cherchant le moyen le plus efficace pour effectuer ses recherches, fouillant dans sa mémoire afin de trouver un quelconque moyen magique d'y parvenir…Mais sa spécialité n'offrait pas beaucoup de solutions. Tandis qu'il réfléchissait, il prit un livre au hasard sur une étagère…"Etoiles et Magie", derrière ce titre trop mielleux au goût de Nazj, il y avait une intéressante étude à propos de certaines constellations qui permettaient et de leur effet sur certains rituels…C'était quelque chose que Nazj avait étudié seul, et ça ne s'était pas révélé très concluant…Oubliant un instant le reste de la bibliothèque, il feuilleta le livre, pensant qu'il pourrait trouver quelque chose de fort intéressant, mais il fut dérangé par la voix de Balsa qui s'éleva soudainement, et qui, un instant, lui fit encore cet effet d'insecte bourdonnant près de son oreille. Nazj leva la tête, et fixa la chimère pendant un quelques instants…

"Une sorte de magicien…oui. Beaucoup vous diront que les gens comme moi ne sont qu'un conte, un mythe, l'art magique que je pratique est honni et craint, interdit dans la plupart des contrées ; la Nécromancie, ma chère, l'art de jouer avec les morts. Alors oui, je suis un magicien, bien que beaucoup préféreront dire que je suis un monstre."

Puis il ferma son livre et le jeta un peu plus loin. Il s'approcha de Balsa, la fixant toujours. Puis que la conversation avait été engagée, pourquoi ne pas la continuer un petit moment ?

"Et vous, jeune chimère, qu'êtes vous donc ? Je pensais d'abord que vous étiez quelqu'un envoyé pour me chasser, et à présent vous vous présentez comme une pillarde…J'ose espérer que vous valez plus que cela ?"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Dim 24 Avr 2011, 15:54

L’intuition de la chimère avait été plutôt bonne. Nazj était un magicien certes, mais d’une espèce toute particulière. Un frisson parcourra l’échine de Balsa à l’évocation de la nécromantie. Akin lui avait parlé de ces mages sombres et l’avait mis en garde contre leurs méthodes et leurs buts. Voila une science bien occulte, dont les partisans étaient rares et les pratiquants craints de la plupart des peuples. Enfin à présent beaucoup de choses s’éclairait, notamment concernant la créature qui rodait non loin de là et celle qui avait trépassé, pour la deuxième fois au moins donc, sous les coups de la chimère. La nécromatien, après avoir présenté son art, s’approcha d’elle qui ne put retenir un mouvement de recul, si faible fut-il. Il voulait en savoir plus sur elle, mais elle ne voyait pas vraiment ce qu’il cherchait à savoir.

- J’espère valoir plus que ça. Je suis… une chimère, créée par les hommes de l'ouest. Et pillarde parce que je voulais par être venue ici pour rien mais je me contente pas de ça…

Elle ne sut pas trouver les mots pour terminer cette phrase. Allait-il insister ? Il devrait être plus précis alors. Elle s’éloigna et fit mine de chercher la couronne, bien qu’elle doutât fortement qu’un tel objet fut dissimuler en ces lieux. Et puis, son attention et le flot de pensées qui traversaient son esprit étaient plutôt orientés vers le personnage pour le moins étrange qui était avec elle. La petite phrase « j'aurais réduit cette maison en cendre uniquement pour votre cœur » qui ne lui avait au départ arraché un sourire hésitant, commençait à présent à l’inquiétait plus sérieusement. Pourtant elle ne voyait pas en quoi son anatomie hybride pouvait intéresser le nécromantien. Peut-être était-il simplement curieux, mais il pouvait aussi avoir des idées bien plus sombres dissimulées derrière cette remarque. Car s’il ressuscitait les corps pour les diriger selon sa volonté, il pouvait tout en fait penser qu’une Balsa morte et ramenée à la vie à son service pourrait lui être utile.

Elle écartait les livres sur les étagères et les ouvrait un par un, regardant si rien ne se trouvait derrière où à l’intérieur. Puis elle les reposait à leur place. Quand la forme où la texture de leur papier attirait son attention, elle s’amusait à déchiffrer le titre, mais comme cela ralentissait sa recherche elle essayait de ne pas trop s’attarder. De plus, en sentait de temps à autre le regard de l’homme rivé sur son dos. C’était difficile de l’ignorer et elle finit par se retourner vers lui.

- Vous ne pensez pas qu’une couronne serait cachée ailleurs que dans une bibliothèque ? Je sais pas, peut-être une salle des trésors, ou un bureau… ou un endroit plus discret en tout cas.

Blablabla. Elle se fichait pas mal de trouver l’objet convoité par le magicien au final. Mais puisqu’il lui avait demandé ce service, qu’elle avait tout son temps et surtout qu’il semblait mieux valoir être de son côté que contre lui, elle comptait bien à ce qu’il trouve la couronne. Quelques petits détails tracassaient cependant la chimère. Déjà son état de fatigue physique, doublé de sa blessure à la main, impliquait qu’elle ferait mieux de prendre du repos. Et trouver quelque chose à manger aussi, ce qui devrait être facile dans une maison qu’elle était en train de fouiller.

- Ca vous dérange si je vais faire un tour à la cuisine ? J’en profiterais pour regarder si la couronne n’a pas été cachée là-bas bien sur. Oh et ne vous en faites pas, je ne compte pas m'enfuir ou préparer quelque chose dans votre dos. J'ai encore des questions à vous poser de toutes façons et je répondrais aux vôtres si vous en avez.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Dim 24 Avr 2011, 23:56

La réponse qu'il avait obtenue ne satisfaisait pas vraiment le sorcier, il avait appris trop peu de choses…rien, en vérité, une chimère aussi parfaite ne pouvait avoir été conçue que par ceux qui se trouvaient à l'ouest de l'île, personne d'autre ne semblait détenir les connaissances ou la technologie nécessaire pour un tel exploit, même Nazj se réussissait que rarement à obtenir des résultats viables, qui étaient pourtant des monstruosités, pour la plupart sans conscience…Il s'était plusieurs fois demandé si une petite visite chez ces créateurs de génie ne lui rendrait pas service, mais à chaque fois il en arrivait à la conclusion qu'il valait mieux éviter d'y mettre les pieds, il ne voulait pas perdre la vie pour satisfaire une curiosité qui ne ferait qu'améliorer un tant soit peu ses connaissances dans ce qui n'était après tout qu'un passe-temps. Il décida de ne pas poser plus de questions pour le moment, tout le monde pouvait bien avoir ses quelques secrets pour un temps…et de toute façon, pourquoi devrait-il s'intéresser à quiconque ? Nazj était très souvent totalement désintéressé par la vie des autres, il s'agissait souvent d'histoires d'un ennui mortel, d'une banalité affligeantes pour des personnalités tout aussi banales.

Cependant, cette chimère l'intriguait…Ce genre de choses arrivait parfois ; il ne savait pourquoi, mais certaines personnes attiraient son regard ou son attention, et il était plus enclin à les épargner ou a les étudier qu'à leur arracher la vie…et il n'aimait pas quand cela arrivait, il était fort heureux que ça ne soit que rarement. Qu'allait-il faire de Balsa ? Il n'en avait aucune idée, mais il allait devoir se pencher sur la question, les recherches n'allaient pas durer éternellement, et il allait bien devoir prendre une décision…et trois choix allaient s'offrir à lui : la laisser partir, la tuer…ou acheter ses services. L'idée lui tout juste venue, et ce n'était pas une si mauvaise chose à faire, quelqu'un de son apparent talent pourrait être utile…Bien entendu, Nazj n'allait pas se traîner ce bout de chair à travers le monde, il ne tiendrait pas très longtemps avait de finir par lui déchirer la gorge à mains nues, mais user de ses services en temps voulu, pourquoi pas ? Cela dit, la question demeurait entière, que faire si elle refusait ? Il fallait qu'il y réfléchisse…Il remarqua soudain que la chimère était en train de parler ! Il réintégra la réalité assez tôt pour comprendre de quoi il s'agissait, et il eut un petit sourire en entendant la question.

"Je ne pense pas que cette pièce soit vraiment une bibliothèque, mais plutôt un bureau où les livres se sont accumulés, beaucoup d'érudits font ce genre de choses…Je commence moi aussi à douter que l'objet de mes recherches soit ici, mais je préfère fouiller de fond en comble !"

Et la remarque qui vint ensuite ne fit qu'élargir un peu le sourire de Nazj –sourire qui n'était jamais véritablement franc et grand, cela s'apparentait toujours à un petit rictus carnassier-, voila qui arrangeait ses affaires ! Il allait avoir besoin de solitude pour arranger son esprit et prendre une décision, il détesterait le faire sur un coup de tête, ce genre de choses finissait toujours fort mal, les impulsions de Nazj étaient rarement bonnes pour lui.

"Allez-y donc, je vous retrouverais lorsque j'en aurais terminé ici, nous avons bien besoin de nous reposer et de nous sustenter, n'est-ce pas ?"

Nazj n'écouta pas la réponse s'il y en eut une, il fit un léger signe de la main signifiant qu'elle pouvait disposer, et s'assit confortablement sur un siège qu'il avait renversé plus tôt tandis que la chimère descendait. Il joignit ses mains et les colla à son menton tandis qu'il commençait à réfléchir, de plus en plus vite. Cependant, il n'allait pas laisser ses recherches de côté ; bientôt, il fit voler les livres, les parchemins, et tout les objets grâce à sa magie, les envoyant se fracasser contre un mur lorsqu'il avait vu qu'il ne s'agissait pas de ce qu'il cherchait. Sa bête s'était levée et s'était assise en face de lui, regardant passer le défilé de papier et de métal, d'or et de pierres précieuses…Et Nazj réfléchit. Il allait bel et bien proposer "l'emploi" à la chimère, c'était une trop belle occasion pour qu'il crache dessus, il avait assez d'or et d'artéfacts dont il n'avait aucune utilité pour acheter ses services, mais comment allait-il réagir si elle refusait son offre ? Décider de la tuer revenait à la combattre, et ce n'était pas ce qu'il avait prévu, c'était dangereux…Mais n'étais-ce pas plus dangereux encore de la laisser partir ? Il y avait quelque mages, de par le monde, qui traquaient les sorciers comme lui –il s'agissait souvent d'idiots avec une éthique d'un terrible ennui, son art était particulièrement abhorré- et ils étaient prêts à payer ou, ironiquement, à tuer, pour obtenir un brin d'information, et il ne voulait pas qu'une horde de mages moralistes le harcèlent constamment et ruine ses plans…Acheter le silence de la chimère ? Pourquoi pas, mais un silence imposé et eternel était bien plus fiable…

Un sourire, un vrai, déforma le visage de Nazj, et il se leva lorsque plus aucun objet ne se leva pour être examiné. La pièce était un véritable capharnaüm, certaines étagères s'étaient écroulées, et certains objets, fragiles, étaient réduits en miettes dans les coins. Il descendit les escaliers, dont certaines marches étaient couvertes de parchemins, et trouva le chemin de la cuisine, accompagné de sa créature écorchée…


"Vous aviez raison, ma chère, ce n'était pas dans la bibliothèque, ce mage va à l'encontre de la logique de la plupart des pratiquants de magie…Mais soit, ce n'est qu'un contre temps. Je continuerais une fois que j'aurais mangé un peu, il doit y avoir du pain et du fromage dans cette cuisine…Et vous disiez avoir des questions ?"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Lun 25 Avr 2011, 15:17

Balsa hocha doucement la tête en réponse au « n’est-ce pas ? » de l’homme, puis elle se tourna vers la sortie de la pièce et se mit en marche, sans se presser. Elle jeta un dernier coup d’œil à la créature revenue d’entre les morts puis franchit le seuil de la porte. Tout de suite l’odeur morbide du grand hall chatouilla ses narines. L’étrangeté des senteurs frappa la chimère. Elle ne l’avait pas réalisé tout à l’heure, mais pour des corps fraichement tués, l’odeur tirait plus sur la pourriture que sur le simple sang répandu. Mais peut-être ne voyait-elle les choses ainsi que parce qu’elle avait apprit entre temps ce qu’était vraiment le monstre dont elle s’était débarrassée. Elle s’arrêta un instant en haut des marches, contemplant le décor de la grande pièce, retourné par son passage, et surtout celui de Nazj. Rien ne la choquait vraiment, mais elle se sentait un peu mal à l’aise concernant ce qu’il s’était passé. Elle descendit l’escalier et se navrant de la violence qui avait éclatée ici, pour quelques richesses abstraites. Quoique, l’objet que le nécromantien cherchait valait peut-être ce carnage. Une vie humaine prise pour posséder une couronne… non décidément, elle ne comprenait pas cette logique.

Mais rien ne servait de se lamenter sur des choses passées. Les regrets et les remords n’étaient pour la chimère que des faiblesses humaines et elle se maudissait à chaque fois qu’elle les ressentait. Chassant les pensées sombres qui menaçaient d’envahir son esprit, Balsa accéléra le pas, se dirigeant sous les escaliers. Elle trouva une première porte qu’elle ouvrit pour constater qu’il se s’agissait que d’un placard ou plusieurs capes de voyage étaient pendues. Elle les écarta, tâta le mur du fond et fouilla même les poches que certains vêtement avaient. Rien. Elle ne prit pas la peine de refermer la porte, car déjà elle avait fait quelques pas. Son odorat avait repéré dans le mélange de senteurs mortuaires un parfum qui lui fit monter la salive à la bouche : de la viande fumée sans aucun doute. Elle ouvrit d’un geste pressé la seconde porte qu’elle trouva et sourit en constatant qu’il s’agissait de la cuisine.

C’était une petite pièce, tout en longueur, qui glissait sous l’escalier. Elle descendit les quelques marches qu’il y avait à l’entrée et sentit une certaines fraicheur sur sa peau. Tout en restant sèche, la pièce était donc parfaite pour la conservation des aliments. La chimère passa rapidement en revue l’ensemble du mobilier. La table étroite collée au mur sur sa droite ne comportait qu’une coupe vide. Sur sa gauche, il y avait tout d’abord une armoire dans laquelle pendaient quelques pièces de porc séchées et où des fromages étaient posés sur une étagère ajoutée en bas. Parfait ! Elle continua son inspection et fouilla le buffet ou se trouvaient quelques couverts et ustensiles de cuisine. Elle prit un couteau et posa délicatement son doigt sur la lame. Comme il coupait, elle décida de le garder et le posa pour le moment sur la table derrière elle. Une étagère tenait ensuite en hauteur quelques fruits et un morceau de pain rassit. Enfin, il y avait tout au fond de la pièce une porte en bois et à côté un tonneau de bois. Balsa s’approcha et ouvrit la petite porte. Derrière se trouvait une cave à vins, sombre, quelques marches plus bas. Il y avait là une quantité impressionnante de bouteilles, plus ou moins recouvertes de poussière, chacune posée à l’horizontale dans une petite alcôve individuelle. Cela allait prendre du temps de fouiller l’endroit, alors la chimère abandonna pour l’instant l’idée et se concentra sur la cuisine seule.

Elle ouvrit le tonneau et ne fut pas surprise d’y trouver une réserve d’eau claire. Elle allait y tremper ses mains souillées mais retint son geste au dernier moment. Elle bondit vers le buffet, en sortit une carafe en terre cuite et vint la remplir du liquide encore sain. Elle posa l’objet sur la table et revint vers le tonneau pour y plonger ses mains avec avidité. Une secousse électrique secoua ses avant-bras mais en se concentrant elle parvint à atténuer la douleur. Elle envoya de l’eau sur son visage et le lava, ainsi que ses mains. Elle examina sa blessure et en conclut qu’il n’y avait là rien de grave. Puis elle se retourna tout à coup car l’homme venait d’arriver dans la pièce.

Il dit avoir le temps de s’accorder un repas et semblait avoir sentit l’odeur du fromage puisqu’il évoquait cette nourriture. Il était même disposé à répondre aux questions de la chimère. Elle leva ses mains encore humides à hauteur de ses yeux et laissa couler un flux d’énergie forcé dans ses doigts. Elle cola ses doigts entre eux et les écarta doucement. A ce moment, de petits éclair de lumière tremblèrent entre les doigts mouillés. Elle illustrait et expliquait ainsi le pourquoi de la question qu’elle laissa enfin oser.

- Vous vous y connaissez en magie élémentaire ?

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Lun 25 Avr 2011, 23:14

Cette soudaine utilisation de ce qui semblait être de la magie, de la part de la chimère, était fort inattendue et surpris beaucoup Nazj, au point qu'il haussa le sourcil gauche et resta fixer les arcs d'énergie créés par Balsa pendant un certain temps, sans rien dire. Il ne savait pas que la création de chimères pouvait les doter de ce genre de pouvoirs, la magie n'était pas quelque chose que l'on pouvait implanter artificiellement…du moins d'après ce qu'il savait ! Cependant, cela expliquait quelques petites choses, notamment les tics dont la chimère semblait avoir été prise lorsqu'ils s'étaient abordés pour la première fois, un peu plus tôt. Il se demandait si Balsa lui cachait d'autres pouvoirs…est-ce qu'elle ne pouvait que créer un petit peu d'énergie qu'elle transmettait au contact ? Ou avec elle de plus grandes interactions avec la foudre ? Peut-être même avait-elle d'autres compétences magiques…Mais étais-ce seulement de la magie ? Tant de questions se bousculaient dans son esprit, et il se rendit soudain compte qu'il était encore en train de fixer les mains de la chimère. Il cligna plusieurs fois des yeux et commença à explorer la cuisine des yeux, cherchant quelques vivres à piller…Il repéra un peu de pain et du fromage, et alla les chercher, tout en répondant à la question qu'avait posée la chimère.

"La magie élémentaire n'est pas mon domaine, non, je l'ai abandonnée il y a bien longtemps pour quelque chose de beaucoup plus dangereux…mais aussi beaucoup plus jouissif et puissant, vous n'imaginez pas ce que les arcanes de la magie noire recèlent et ce qu'elles permettent de faire !"

Il prit une miche de pain et du fromage, ainsi qu'un grand couteau qu'il mania avec habilité, des années de pratiques sur des cadavres ayant assuré sa prise sur ces instruments…Il répugnait cela dit toujours autant à user d'une épée ; malgré son âge avancé, rien ne l'empêchait de posséder une épée courte qu'il utiliserait en cas de problème, de plus les hommes sinistres comme lui qui portaient des armes bien en vue étaient bien rarement dérangée par la populace, mais il y avait quelque chose qui l'empêchait de se salir les mains, un profond dégoût, peut-être pour tout ce qui était vivant, il ne voulait peut-être pas qu'une telle horreur le tâche, la question demeurait entière, mais en vérité il n'en avait cure, ce n'était que quelques pensées fugaces qui le prenaient parfois. Il coupa une tranche de pain ainsi qu'un bout de fromage, et continua de parler…

"Cependant, bien sur, j'ai quelques bases, tous les pratiquants de magie sont bien obligé d'avoir quelques connaissances minimes dans la magie élémentaire, qui est brutale et simple lorsqu'on en étudie que les premiers abords. Tenez…" Nazj tendit le bras au dessus d'une bougie allumée qu'il avait à portée de main, et commença à en tordre la flamme grâce à de léger mouvements de la main et des doigts ; la flamme se contorsionna d'une façon qui semblait impossible si l'on suivait les règles de la nature, elle sembla danser, changer de forme, elle grandit, puis se transforma en braise, se ralluma soudainement et se découpa tel une fleur..."Manier les flammes, appeler le tonnerre et les éclairs, faire souffler de brutales rafales de vent, je ne peux pas faire de telles choses, j'ai tout au plus les connaissances nécessaires pour allumer le tabac dans ma pipe, ou refroidir de petits objets…Cependant, comme vous le voyez, on peut faire de belles choses avec un minimum de talent."

Il replia son bras, et mordit dans sa nourriture…Il engloutit la part qu'il avait prise sans même le remarquer.

"Alors non, ma chère, je ne m'y connais pas vraiment en magie élémentaire, il y a bien d'autres formes de magie plus complexes et plus dangereuses qui ont attiré mon attention…A mon tour de vous poser une question, ma fille ; d'où vous vient ce…talent ? Est-ce un attribut que l'on vous a donné à votre création ? Ou est-ce un pouvoir que vous avez découvert plus tard ? Et, ce que j'aimerais vraiment savoir, c'est à quel point vous le maîtrisez…"

Il attendit patiemment la réponse en mangeant son repas avec plus de patience, et en plantant son regard dans les yeux de la chimère…Parler d'art était toujours pour lui un grand plaisir, et il aimait prendre le temps d'en discuter lorsque l'occasion se présentait…Mais ces occasions se faisaient bien rares, ce n'était pas n'importe quel quidam qui avait un peu de conversation à ce sujet, et les individus qui intéressaient Nazj se faisaient encore plus rare…Autant profiter un peu de cette charmante discussion avant de devoir y mettre fin…

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 26 Avr 2011, 05:11

Il restait là, immobile et silencieux. Quelles sortes de pensées pouvaient-elles bien gronder en lui ? Balsa calma la tension qu’elle s’était infligée et les éclairs disparurent tout à coup. Elle attendait. Quoi ? n’importe quoi : un mouvement, une parole, une quelconque expression dessinée sur le visage du nécromancien. Mais ce ne fut qu’au bout d’un long silence qu’il répondit.

Cependant il ne répondit pas franchement. Car s’il vantait sa magie, la magie noire, rien n’indiquait ce qu’il connaissait de celle des éléments. La chimère en attendait plus et c’est certainement pour cela qu’elle ne disait rien, espérant une suite. Seulement Nazj semblait plus préoccupé de se sustenter que de converser. Elle pendant ce temps se demandait à quel point ce personnage incarnait le mal. Car jouer avec les morts, ces âmes d’un autre monde, était-ce vraiment sans conséquences ? Ceux qui étaient passés de l’autre côté, et par là elle entendait toutes les créatures animales, ne méritaient-ils pas de reposer en paix ? Pour dissimuler ce flots de questions elle se décida à bouger et attrapa le couteau qu’elle avait posé sur la table. Mais au lieu de se diriger vers l’armoire pour en sortir un jambon, elle se surprit à s’imaginer utiliser l’arme contre lui.

Heureusement qu’il en vint à poursuivre la discussion plus avant. La chimère, des plus attentives, entendit chacun de ses mots. Une lueur d’espoir traversa son visage. L’animal qui grondait de rage contre l’homme s’était fait docile en apprenant qu’il pourrait en tirer autre chose que le simple assouvissement de ses sentiments néfastes. Balsa recula vivement, mais à peine, quand il tendit la main. Et quand cette main s’arrêta au niveau de la bougie, le regard de la chimère fit un aller-retour entre ce bras tendu et l’expression du magicien. Elle se concentra alors autant qu’il semblait se concentrer sur la petite flamme. Celle-ci se mit à danser, bondir, se perdre dans le vent et réapparaître. C’était beau. Balsa se demandait, alors qu’un léger rictus s’emparait de ses lèvres, si elle aussi pourrait faire vriller l’éclair comme il faisait trembler le feu.

Ce qu’il dit ensuite entama quelque peu son enthousiasme. Il s’estimait faible dans ce domaine et cette humilité étonna la chimère. Cependant son esprit passa très vite à autre chose. Elle n’avait toujours rien dit et se tenait là assez stupidement. Elle était comme intimidée par le personnage qui, plus âgé et plus talentueux, ne pouvait qu’être plus puissant qu’elle, et posséder plus de connaissances. Ses mots « appeler le tonnerre et les éclairs » faisaient rêver Balsa. Elle commençait à saisir le fonctionnement de sa malédiction et savait prendre garde. Elle avait pour objectif de maîtriser parfaitement cette chose qui courait en elle jusqu’à pouvoir toucher le vivant sans le heurter. Mais si elle pouvait faire plus ? Peut-être alors serait-ce un don.

Alors qu’il croquait à nouveau dans le bout de fromage qu’il tenait, elle prit une grande inspiration, se mordant la lèvre pour retenir une question brulante et se dirigea vers l’armoire, enfin. Elle en sortit une pièce de viande qui semblait avoir été longuement affinée. Elle aurait préféré une viande crue mais elle s’en fichait un peu à présent. Posant le morceau sur la table, elle en coupa un morceau épais. Puis elle arracha un bout du pain sec et porta l’un puis l’autre à sa bouche. Elle mâchait donc, quand il se mit à son tour à poser des questions. Et voila. C’était à elle de parler et elle luttait avec la nourriture que ses dents peinaient à réduire en bouillie. Elle finit par déglutir et reposa le pain entamé sur la table.

- Ce talent est plutôt une malédiction. Je l’ai découvert lors d’un orage alors que j’étais sur Rosyel. Personne n’a su me l’expliquer jusque là… même si je n’ai croisé que peu de monde susceptible de pouvoir me répondre.

Elle craignait cette curiosité qu’elle était en train d’assouvir. Car elle ressemblait bien trop à son gout à celle des scientifiques qui l’avaient étudiée, testée, mesurée et élevée pendant toute son enfance. Elle croqua un petit morceau de viande en allant chercher deux verres dans le buffet, qu’elle posa sur la table et remplit machinalement. Elle passa outre sa crainte et lui livra plus d'information, gardant le flou nécessaire sur sa vie pour qu'il n'atteigne pas son intimité.

- Je pense qu’il était en moi depuis longtemps… Je ne connais pas vraiment les ingrédients de ma recette, enfin si je peux parler ainsi. On m’a dit une fois, quand j’étais jeune, qu’il y avait une part de fée en moi mais je ne sais pas ce que ça signifie concrètement.

Elle prit le verre devant elle le porta à ses lèvres, avalant une première gorgée avec précaution. Déduisant du gout pur du liquide qu’il était potable, elle en but un peu plus avant de reposer la boisson sur la table. Elle hésita un instant quant à la façon de tourner la suite de son discours.

- Vous vous trompiez sur mes ambitions tout à l'heure : je ne vis pas pour les pillages et l'argent des autres. Je cherche à maîtriser un jour ce talent, puisque vous voulez l’appeler ainsi, et faire taire la malédiction qui l’accompagne.


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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 26 Avr 2011, 15:57

Le regard de Nazj semblait fort inconfortable…En effet, il semblait avoir capté celui de son interlocutrice en pleine mastication, et avait posé une question qui, bien entendu, demandait une réponse dans des délais plutôt brefs…S'il y avait bien une chose que Nazj exécrait, c'était ne pas avoir réponse à ses questions. Elle semblait lutter un peu pour terminer la bouchée qu'elle avait engloutie, et cela amusa un peu Nazj, cela l'amusait toujours quand cette étrange crainte qu'il provoquait était visible, ne serais-ce que par légers signes. Cependant, il oublia bien vite cet instant de plaisir fugace pour ne montrer que de l'étonnement…"Malédiction" ? Ce que lui appelait talent et pouvoir, elle l'appelait malédiction ? C'était ridicule ! Qu'y'avait-il de néfaste à cela ? Peut-être l'appelait-elle ainsi parce qu'elle ne comprenait pas son origine, c'était là ce que beaucoup appelaient "malédiction", mais c'était ridicule, bien sur, ce genre de magie n'apparaissait pas d'un coup d'un seul sans personne pour prononcer la malédiction…

Pendant qu'il réfléchissait, la jeune chimère était allée chercher des verres…et étrangement, ce fut suffisant pour tirer Nazj de ses pensées ; qu'on prenne la peine de sortir un verre pour lui était suffisamment rare pour qu'il le note et le souligne d'un haussement de sourcil…Mais bien entendu, plutôt que des remerciements, ce furent des suspicions qui lui virent à l'esprit : que l'on soit si enclin à le servir sans rechigner cachait quelque chose, un empoisonnement ? Malheureusement pour Balsa, Nazj était lui-même empoisonneur, et s'il n'avait pas d'antidote sous la main, il pouvait au moins détecter beaucoup de poisons au goût si ce n'était à l'odeur ! Mais il ne put pas continuer son délire paranoïaque plus longtemps, voila que Balsa soulevait un autre point intéressant : ses origines ! Et Nazj se rendit compte qu'il avait oublié ce vieux précepte : Pour préparer une tarte aux pommes en partant de rien, il faut commencer par créer l'univers…Ce qui voulait signifier qu'il était évident que les créateurs de la chimère n'avaient pas implanté de la magie dans leur création ! Ils avaient utilisé les essences et les chairs de créatures qui pulsaient de magie par nature, comme les fées ! C'était évident…il ne savait pas de quels pouvoirs étaient dotés les fées, mais ce qui était certain, c'est que c'était une magie pure et puissante, puisant dans la nature : la foudre semblait une bonne option.

La chimère se mit à boire, elle n'attendit même pas que Nazj eut trempé ses lèvres dans l'eau qu'elle avait servi…ce qui ébranla un tant soit peu ses suspicions concernant un possible empoisonnement…Il prit le verre et décida de courir le risque en prenant quelques petites gorgées…Il fut quelque peu surpris de ne rien détecter de suspect, hormis le fait qu'il s'agissait d'eau pure et fraîche, ce qui était plutôt inhabituel pour quelqu'un comme lui qui était plus habitué à boire dans une gourde en peau de chèvre, mais cela le soulagea grandement aussi, combattre un poison était toujours une épreuve, même lorsqu'on usait de magie…Et la chimère continuait de parler. C'était plutôt fatiguant de passer d'une réflexion à l'autre, de paranoïa a conversation, car Nazj était toujours profondément ancré dans ses réflexions et pouvait difficilement réaliser que quelque chose se passait à côté de lui s'il était concentré sur autre chose. Il termina son verre et sembla réfléchir encore un instant tandis qu'il terminait son pain au fromage…Et il s'en coupa d'autres tranches quand il commença à parler à son tour.


"Vous me rassurez ! J'ai toujours trouvé que la quête de quelques ronds de fer jaune est particulièrement ridicule…En revanche, la quête de la puissance et du pouvoir est bien plus louable. Ce que vous avez en vous, ce que j'appelle le pouvoir, est une véritable bénédiction ! Ne vous sentez-vous pas au-dessus de la vermine qui grouille de par le monde ? Votre talent est rare, considérant le nombre d'insectes qui pullulent à la surface de ce monde corrompu, servez-vous en pour vous élever ! Une malédiction est une magie véhiculée par la haine et la rage que l'on porte à sa victime…pourquoi ne pas user de cette même haine et de cette rage pour la contrer ?"

Nazj sourit un peu un en fixant la chimère…A vrai dire, il ne savait pas trop ce qu'il espérait, il n'allait certainement pas changer les motivations d'une telle personne avec quelques belles paroles…Mais pousser un esprit à réfléchir était toujours une belle victoire à prendre.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 28 Avr 2011, 15:36

Nazj écoutait Balsa avec attention, semblant mesurer du regard les moindres de ses faits et gestes. Mais la chimère était trop occupée à autre chose pour se focaliser sur cette attitude si froide. Elle engloutit le reste de sa viande, fauve qui se sustente à la hâte dans la crainte d’un danger imminent. Il lui restait toujours le bout de pain, mais son estomac s’était habitué au vide et elle se contentait de peu. Elle but ensuite la fin de son verre d’eau et le posa.

Le nécromantien reprit la parole alors qu’il se coupait un autre morceau de fromage. Par suggestion, il venait de donner plus faim à la chimère, qui se servit après lui, tout en l’écoutant. Elle était surprise qu’il ne soit pas revenu au vol qu’ils effectuaient et à la recherche de sa couronne. Plus surprise encore de l’entendre parler d’elle et en des mots qui louaient ses capacités. Ce qu’il dit à la fin fit sourire Balsa et briller son regard.

- Je n’avais pas besoin de ces pouvoirs pour comprendre que je suis au-dessus des populations habitants ces régions. Depuis longtemps je sais que je peux ôter la vie à celui qui se met devant moi. Et je sens bien que cette magie peut me porter plus haut encore… mais elle est accompagnée de certaines contraintes que je ne peux accepter. Je ne peux pas la contenir totalement et si j’effleure la peau d’un être vivant il souffrira, que je le veuille ou non.

Evoquer le côté malédiction de son pouvoir lui fit afficher un air triste et elle oublia le fromage qu’elle tenait dans sa main. Elle s’arrêta de parler un moment, considérant à quel point elle se confiait à cet inconnu. Mais c’était de sa faute aussi, il posait des questions et rebondissait sur les réponses. Que cherchait-il ? Etait-ce simplement de la curiosité et l’envie d’échanger quelques mots ? Un personnage comme lui pouvait-il être si humain ? Balsa savait qu’il appartenait à l’espèce humaine et pourtant elle ne le voyait pas comme elle voyait le reste de ces créatures faibles et si prévisibles. Il avait su se rendre fort et semblait pouvoir s’imposer facilement. Et cela ne pouvait venir que de son expérience, son entrainement, ses exercices… Balsa se demandait cependant si tout un chacun pouvait se faire mage, ou si la nature avait doté certains individus de capacités magiques supérieures. Elle croqua finalement dans le fromage, puis dans le pain qu’elle reprit pour l’accompagner. Elle cherchait ses mots en mastiquant, puis elle termina sa bouchée.

- Peut-être devrions-nous recommencer à chercher. Il y a une grande cave à vins juste en bas, elle désigna la porte derrière elle, c’est pas très logique je trouve si l’homme qui habitait là vivait seul… Du coup je pense que ça vaut le coup de la fouiller… enfin comme tout le reste en fait.

Le manoir était immense il fallait bien en tenir compte et s’ils devaient retourner chaque pièce une à une, ouvrir chaque meuble et trouver chaque cachette potentielle, ils avaient tout intérêt à ne pas trainer. Ce n’était pas que la discussion n’intéressait pas Balsa, mais ils auraient encore tout le temps de parler lors de leurs fouilles. Et puis, la chimère n’oubliait pas aussi qu’elle était venue chercher une fortune qui lui permettrait de tenir un moment et d’acheter ce qui ne pouvait se voler.

- Mais avant cela j’aimerais vous demander autre chose. J’ai entendu dire que la magie pouvait être contenues dans des objets, ou même contrôlée par ces objets… Pensez-vous que ces objets existent vraiment ?

Cela faisait un moment déjà qu’elle se posait la question. Car malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à contrôler son pouvoir par la simple volonté. Elle pouvait en conclure deux choses. Soit ses méthodes n’étaient pas les bonnes, et alors elle pouvait espérer en apprendre de nouvelles, car ce nécromantien disposait surement d’astuces sur l’apprentissage de la magie. Soit elle ne pourrait jamais maîtriser ce don d’elle-même, auquel cas il existait peut-être des amulettes qui pouvait le contenir et la libérer du côté malédiction de son pouvoir. Et comme elle se voyait mal, pour l’instant en tout cas, demander à Nazj de lui apprendre à jouer avec la foudre, elle espérait qu’il pourrait lui dire si oui ou non elle pouvait espérer contenir l’électricité de manière plus artificielle.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Ven 29 Avr 2011, 01:31

Nazj ne comprenait pas vraiment le point de vue de la chimère : en quoi le fait de blesser n'importe quel être vivant au contact était-il problème ? Il tuerait pour ce genre de talent, pour que personne ne vienne le dérange, n'ose le toucher…Il abhorrait le contact, le toucher de quelqu'un d'autre. A vrai dire il l'avait déjà fait, tuer pour ça, il l'avait fait presque toute sa vie, mais il y avait toujours des imbéciles trop innocent, et surtout trop idiots, pour voir la menace dans les yeux du sorcier…bien entendu ils en payaient le prix, mais Nazj aurait bien aimé épargner une vie pour ne pas avoir à supporter ce dégoût, cette nausée qui lui venait quand on le touchait, quand on lui souriait…Il cligna violemment des yeux, pour ne pas retomber dans des souvenirs trop bien enfouis, et mangea un bout de fromage accompagné de pain, attendant que la chimère finisse d'en faire de même pour qu'elle puisse continuer. C'était fort étrange, de se retrouver dans cette cuisine à discuter avec cette jeune femme, alors qu'il prévoyait de lui écraser le crâne un peu plus tard si nécessaire. À vrai dire il n'avait jamais eu de conversation qui se rapprochait tant de la "normalité" depuis des mois, et encore, son interlocuteur avait eu la poitrine clouée à un mur, ne vivant que par la volonté de Nazj qui distillait sa magie.

Nazj acquiesça suite à la proposition de la chimère –il ne parlerait pas la bouche pleine, il avait gardé des manières nobles- il avait lui-même pensé aller voir en bas s'il n'y avait rien en haut, c'était la logique. Mais après tout, peut-être que le mage avait-il été assez ingénieux pour cacher ce que Nazj cherchait dans un endroit vraiment sur, mais s'il fallait réduire chaque pierre de cet édifice en poussière, il allait le faire, et avec le sourire ! Il se leva, avalant sa dernière bouchée, laissant là le pain et le fromage, et il fit tomber les miettes qui étaient tombées sur sa robe. Mais la chimère avait une autre question…qui fit sourire Nazj, un grand sourire qui ressemblait à une cicatrice lui barrant le visage.

"Mais ma chère, pourquoi croyez-vous que je cherche cette couronne, pour satisfaire mon ego ? Venez, levez vous."

Il se retourna, faisant face à la porte qu'avait désignée Balsa. Sans même vérifier si elle était verrouillée, il toucha la serrure, et elle rouilla subitement, se désagrégea, pour ne laisser qu'un loquet inutile. Il poussa la porte, et découvrit un petit escalier qu'il s'entreprit de descendre.

"Bien sur que les objets contenant de la magie existent, et vous avez du en voir plus d'un ! Mais ils sont pour la plupart d'une telle faiblesse que le vulgaire marchand du coin les revendra pour deux pièces d'argent, sans même s'apercevoir de leur pouvoir."

La cave était plutôt grande, sombre et humide. Des futs visiblement vides trainaient çà et là, ainsi que des étalages de bouteilles de vin, pleines, vides, elles étaient pour la plupart couvertes de poussières, et l'on pouvait grâce à cela deviner quel était le vin préféré du mage qui habitait là. Nazj doutait que ce qu'il cherchait soit caché dans une barrique, mais les caves étaient propices aux petites cachettes, des alcôves secrètes enchâssées dans la pierre, ainsi qu'aux passages secrets paraît-il, mais il pensait que ce n'était qu'un mythe que l'on utilisait dans les contes de fées. Il continua son discours, distraitement.

"Mais il en existe d'autres, des objets chargés de magie, si puissants que la plupart ont été cachés, de crainte qu'on ne joue avec le feu. Cependant ils ne sont pas aussi polyvalents que les mages eux-mêmes, si un objet vous permet d'appeler les tempêtes, vous ne pourrez pas utiliser son pouvoir pour allumer un feu de camp, voila pourquoi ils ne sont utilisés que pour des rituels précis, qui, sans ces objets, nécessiteraient le sacrifice de nombreux mages. On raconte que certains ont trouvé le secret de l'immortalité dans ces objets, y laissant une partie de leur âme en attendant un corps à habiter. Les artéfacts de magie noire sont en général les plus dangereux, et sont détruits à tout prix…mais j'ai trouvé un survivant..." termina-t-il, dans un murmure.

S'apercevant qu'il digressait de plus en plus, il s'interrompit et commença à déambuler dans la cave.


"Pourquoi cette question, vous pensez trouver votre salut dans un de ces objets de pouvoir ?"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Ven 29 Avr 2011, 15:01

Ils se tenaient face à face, partageant un repas frugal, et elle venait d’oser aborder le sujet qui lui brûlait les lèvres depuis qu’elle avait apprit qu’il était magicien. Quelque chose tilta en Balsa. Et ce n’était pas un courant électrique, mais une pensée. Elle savait maintenant pourquoi cette rencontre était si particulière. Elle était là, à écouter le vieil homme, le craignant et le respectant. Mais il y avait autre chose, elle sentait qu’il pouvait lui en apprendre beaucoup sur le monde de la magie. Elle l’élève, lui le maître. Attentive elle attendait ses paroles et les boiraient toutes. Comme elle avait bu celles de Akin pendant des années, apprenant tant à son contact.

Il avala la fin de son fromage et Balsa engloutit la sienne. Enfin il se redressa et essuya sa robe avant de prendre la parole. Elle comprit d’abord pourquoi la couronne avait tant de valeur, c’était l’un de ces objets magiques. Donc ils existaient, ce qui ravit la chimère, fière d’y avoir pensé d’elle-même. Mais apparemment ils étaient souvent faibles. Et les puissants étaient dissimulés, rendus inaccessibles. L’engouement de Balsa retomba un peu, en même temps que sa queue décrivit des mouvements plus amples. Elle apprit aussi qu’ils étaient spécifiques et ne pouvait produire qu’un seul type de pouvoir. Si elle partait sur cette piste, elle devrait donc chercher un objet de magie électrique. Quand il prononça le mot « immortalité », la chimère sourit et soupira dans un petit rire amère : « la pierre philosophale hein ?… ». Deux fois déjà que l’image de Akin, ses pupilles jaunes et sa fourrure sombre, revenait à l’esprit de Balsa en peu de temps. L’anubite refusait toujours de parler de sa magie et ne la pratiquait quasiment jamais. Pourtant il avait les connaissances, mais il ne voulait pas transmettre ce savoir dangereux à la jeune chimère. Avec le seigneur Nazj, le rapport était le même, sauf que lui vantait sa magie et apportait de vraies réponses aux questions de Balsa.

Sans s’en rendre vraiment compte, la chimère avait suivit le mage jusque dans la cave, d’un pas souple et assuré, effaçant la distance qu’elle avait gardé auparavant. Elle cherchait l’objet, ou au moins en avait l’intention, mais sa méthode laissait quelque peu à désirer car elle était concentrée sur les paroles de Nazj. Il parlait beaucoup en fait. Ce n’était pas au déplaisir de la chimère mais elle voyait bien qu’il se faisait plus bavard. Il sembla s’en rendre compte de lui-même d’ailleurs, laissant mourir une phrase dans un murmure. Elle était en train d’examiner les bouteilles, en en enlevant une de ci de là pour vérifier qu’il n’y ait rien derrière, quand il reprit un ton plus assuré, plus fort, et posa une nouvelle question.

- Euh… vu la façon dont vous le dites, ça me semble déplacé maintenant, mais oui, j’espérais qu’un de ces objets pourrait contenir pour moi la foudre. Un objet qui se quitte vite pour que je puisse profiter de ce… don quand je le voudrais.

Elle remarqua que les bouteilles, disposées sur les rangées d’alcôves qui formaient des étagères, ne portaient pas toute la même épaisseur de poussière. Cela l’amusa, distraction fugace, puis elle comprit ce que cela signifiait. Les vins n’avaient pas tous le même âge et on pouvait les classer du plus jeune ou plus vieux selon l’épaisseur de dépôt grisâtre sur le verre. Elle s’intéressa à ce point particulier en continuant d’observer les bouteilles alignées, marchant d’un pas lent le long d’une des étagères. Il n’y avait plus beaucoup de méfiance dans son attitude et ses gestes, ce qui était peut-être une erreur de sa part.

- J’ai déjà tenté l’entraînement seul, sur les conseils d’un arcaniste. Mais si j’arrive à moduler le courant, je ne peux le faire taire. Et c’est souvent douloureux et épuisant… comme par exemple le contact de l’eau sur mes mains qui fait mal à chaque fois. Vous pensez que je peux faire disparaître ça sans l’aide d’une amulette ?...

Elle lui parlait le dos tourné, concentré sur sa recherche, quand ses yeux se posèrent sur une bouteille en particulier. Un bouteille dont la couche de poussière était certes épaisse, mais par endroit des traces dessinaient des formes sur le verre sombre. Il s'agissait de nombreuses traces de doigts, en reconsidérant leur contours. Alors que Balsa était persuadée de n’avoir pas touché cette bouteille là. Elle la prit délicatement et déchiffra l’inscription en plissant les paupières. L’écriture fine et penché disait : Eau de feu, 637. Cela ne parlait en rien à la chimère, qui posa la bouteille au sol et examina l’alcôve dans laquelle elle avait été glissée.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Sam 30 Avr 2011, 23:30

Nazj erra un peu dans la pièce, tout en réfléchissant. Cette cave était désespérément vide, même les futs semblaient dépourvus de vin ! Non pas que Nazj aurait voulu boire un verre, non, loin de là, la bière et son odeur de sueur et de crasse le répugnait ! Et le vin était à peine meilleur, mais il en buvait de temps en temps, pas de la piquette que l'on trouvait dans n'importe quelle taverne de bord de route, il ne prenait que les meilleures bouteilles. Il aurait pu prendre une bouteille qui trainait sur une des étagères, elles ne manqueraient à personne et lorsque Balsa et lui quitteraient cet endroit elles allaient devenir des trésors pour les futurs voleurs. Mais Nazj avait quelque chose de plus important en tête. Il fouilla les quelques tonneaux vides et décrépits, et sonda les murs de ses mains, mais ne trouva rien d'inhabituel, hormis quelque rats qui se sauvèrent en passant entre ses jambes, Nazj ne les remarqua même pas, cette vermine était habituelle dans les lieux où il travaillait…A mesure qu'il avait de plus en plus l'impression de perdre son temps dans cette cave, il se mit à réfléchir au problème de la chimère…

Cela aurait du le surprendre d'ailleurs, de réfléchir plus ou moins sérieusement à la résolution d'un problème qui le lui apporterait probablement aucun bénéfice, mais il n'y pensa pas plus que ça. Le "problème" de Balsa avait certainement une solution des plus simples, il existait certainement des objets permettant de contenir le pouvoir et de le réduire à un simple murmure, ou de vraiment l'atténuer, mais le meilleur moyen restait sans aucun doute la pratique de la magie…Nazj ne put s'empêcher de grimacer violemment aux mots de la chimère, "c'est souvent douloureux et épuisant". N'avait-elle pas la moindre idée de ce que LUI avait du endurer pour posséder son pouvoir ? Après la découverte du grand grimoire noir, il avait passé des mois à trembler dans son lit, fiévreux envahi par une obscurité que même le soleil ne pouvait percer ! Il entendait des murmures, parfois des cris, il était pris de visions des plus horribles, de cauchemars éveillés qui ne voulaient s'arrêter ! Combien de fois avait-il voulu se passer par le fil de l'épée ? D'en finir une bonne fois pour toute ? Mais il avait combattu, il avait souffert et s'était épuisé à la tâche, prêt à sombrer dans la folie la plus ardente, mais il avait vaincu ! Et cela l'irritait toujours d'entendre les novices en matière de magie se plaindre de la difficulté de la tâche, quand pour la plupart il ne s'agissait pas de cette magie noire qui s'incrustait dans le cerveau comme du métal hurlant. Il s'adressa à la chimère sans même vérifier qu'elle écoutait, il était en train d'observer un mur qui était susceptible de cacher une pierre mobile qui pourrait recouvrir une cachette.


"Bien sur le recours d'une amulette, d'une bague, ou de quoi que ce soit d'autre est un choix simple et efficace," commença-t-il avec une pointe de dégoût, "certains de ces objets peuvent quasiment faire disparaître le pouvoir en plus d'être des bijoux fort convenables, et il suffirait d'un mouvement sec pour regagner la totalité de votre force…Mais le meilleur reste la pratique acharnée de la magie, aucun pratiquant de cet art n'a gagné son pouvoir en choisissant la simplicité, en se bardant d'objets magique…C'est un art difficile lorsqu'on l'approfondit, et nécessite beaucoup de concentration, d'acharnement, de volonté…"

Nazj abandonna son étude du mur, il n'avait rien trouvé sinon un trou dans la chaux abritant un insecte ou deux. Tournant un peu la tête pour voir la pièce dans son entièreté, il remarqua que Balsa avait l'air concentrée sur quelque chose…Intrigué, Nazj alla vers elle en silence, et se plaça derrière la chimère ce qu'elle étudiait avec tant d'attention. Mais d'un premier regard, il ne remarqua rien d'inhabituel.

"Qu'avez-vous trouvé ma chère ?"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Dim 01 Mai 2011, 02:32

« Simple et efficace », cela semblait une bonne option donc. Du moins c’est ce que Balsa croyait avant d’entendre la suite du discours du seigneur Nazj. Car il affichait clairement sa préférence pour l’entrainement. Et plus que cela, il avait un ton que la chimère sentait méprisant. Que croyait-il ? Qu’elle n’avait pas passé chaque jour à tenter de moduler le courant qui l’avait frappé ? Pas seulement pour l’atténuer d’ailleurs parce qu’elle n’était pas stupide au point de vouloir se priver de cette force. Seule, survivant dans la jungle de Rosyel où ses ancêtres félins avaient vécus avant elle, elle avait passé des semaines, non des mois avant d’oser revenir vers la civilisation. Des mois pendant lesquels ses journées avaient été entièrement consacrées à l’expérimentation et au maniement de la foudre. Et elle pouvait aujourd’hui décrire clairement ce pouvoir qu’elle connaissait intimement. Par sa volonté, par la pratique et par l’étude méthodique des réactions de ce nouveau corps, elle avait prit la situation en main. Son esprit et son intelligence contrôlait le grondement sauvage et étincelant qui rugissait en elle. Enfin presque… il lui manquait toujours la faculté de taire parfaitement l’électricité. Bien sur elle ne pensait pas tout savoir et était prise de vertige à la simple considération du potentiel de ce don. Mais elle l’avait cerné, l’apprivoisant comme une bête sauvage. Une bête à qui il manquait une muselière, selon elle.

La chimère fut tirée de ses pensées par les bruits de pas approchant d’elle. Elle revint à la réalité : elle se tenant devant l’espace d’où elle avait retiré la bouteille et lui venant dans sa direction. Elle ne détachait pas son regard du nécromancien, mais cette fois elle n’eut pas de mouvement de recul réflexe comme plus tôt, quand il avait tendu la main vers elle dans la cuisine. Quand il fut à sa hauteur, il inspecta l’alcôve devant eux. Elle aussi reporta son attention dessus et il l’interrogea sur l’objet de sa découverte. La chimère haussa les épaules, releva sa manche droite et glissa la main dans le creux. Son cœur battait étrangement vite, l’excitation de la découverte peut-être, ou alors elle sentait qu’elle pouvait s’illustrer face à Nazj en trouvant quelque chose. Elle sourit quand ses doigts se posèrent sur les maillons froids d’une chaînette. Elle les attrapa et tira dessus. Il lui fallut déployer une certaine force pour qu’un loquet s'abaisse dans un « toc » bruyant. Par contre le bruit provenait du fond de la cave. Elle admira un instant l’ingéniosité du système. Son sourire évoquait clairement la fierté qu’elle tira de sa trouvaille.

- Allons-voir.

Elle ne lui laissa pas prendre les devant, déjà elle avait courut jusqu’au mur du fond et passait ses mains sur la pierre. Un pan de mur s’ébranla quand elle appuya et bascula sur la gauche. Derrière, une petite pièce carrée contenait un coffre mis en évidence, aux ornements reluisants. Balsa fixa l’objet et sentit un malaise monter elle, son esprit ne pouvait intégrer la coffre au décor, sans qu’elle sache dire pourquoi, il ne semblait pas à sa place, différent. Ses yeux ne voyaient rien, ses narines se sentaient rien et l’endroit était parfaitement silencieux. Pourtant un sens en elle lui intimait de se méfier. Elle aurait voulut bondir et découvrir ce que l’objet contenait. Mais ses jambes restèrent figées et elle se tourna vers le magicien qui arrivait à son tour. Son grand âge surement le rendait moins enthousiaste que la chimère, car s’il avait l’air satisfait, il ne se pressait pas pour autant. Elle s’écarta du passage, le laissant passer devant. Déjà parce qu’elle ne voulait pas approcher un objet qui lui faisait ressentir cette peur étrange. Et aussi c’était son trésor à lui. Si la couronne était là peut-être voudrait-il la voir le premier et savourer l’instant.

- Je vous en prie…

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Dim 01 Mai 2011, 22:48

Nazj ne put retenir un sourire satisfait lorsque la chimère enclencha le mécanisme. Mais bien qu'il eu toutes les peines du monde à contenir son excitation, il ne se précipita pas sur l'ouverture comme la chimère l'avait fait ! Lui préférait savourer cet instant, cette victoire, avec un sourire qui allait en s'agrandissant à mesure qu'il s'approchait de la chimère, et de son trésor. Car son esprit rompus aux arts noirs semblait percevoir quelque chose que Balsa ne semblait pas remarque…les murmures ! Il ne les avait pas entendus depuis fort longtemps, il avait réussi à les faire disparaître, ou peut-être était-il tant habitué à leur présence qu'il ne les remarquait même pas. Mais ceux-ci, il ne pourrait pas les faire taire, ils étaient forts, insistants…Nazj ne les comprenait pas, ce n'était que des sifflements bas, et les quelque mots qu'il croyait entendre étaient prononcés dans une langue morte. Mais plus il s'approchait, plus ils étaient nombreux, il en comprit certain, mais ce n'était que des lamentations des souvenirs pleurant sur une vie perdue, comme toujours. Nazj avait du les supporter des années durant, il les connaissait bien, et il n'avait aucune pitié à leur accorder. Mais ces manifestations ne l'empêchèrent pas d'élargir son sourire, il était si grand à présent qu'il découvrait ses dents, et il passait sa langue sur ses canines.

"Merci…c'est du beau travail, très beau travail…" dit-il en passant près de la chimère, sans lui accorder un regard, il ne pouvait quitter des yeux le coffre qui s'offrait à lui…il était plutôt petit, mais il n'avait pas besoin d'être de taille conséquente pour contenir ce que Nazj venait chercher, ce n'était une couronne de géant qu'il voulait ! Le coffre était richement orné, de reliures dorées et quelques inscriptions qui ne voulaient rien dire…Ce n'était pas vraiment au goût de Nazj, mais il ne s'en plaignait pas. Le coffre en lui-même n'avait pas grand-chose d'inquiétant, il était plutôt normal en vérité…mais il en émanait quelque chose de prodigieux, il y avait comme une aura de pouvoir palpable, un pouvoir qui aurait remué ses entrailles et ordonné à ses jambes de fuir le plus loin possible s'il n'avait pas été rompu en magie…Le pouvoir dans cette petite pièce le galvanisait plus qu'autre chose. Nazj s'agenouilla près du coffre et l'étudia un instant…Mais il n'y avait rien d'inhabituel, il n'était même pas verrouillé !

"Hmmm…C'est étrange…j'aurais posé un piège quelque part…Mais qu'importe ! Vous feriez bien de reculer, ma fille, et de respirer un bon coup."

Il se leva, et posa ses mains sur le haut du coffre...Suivant son propre conseil, il prit une grande inspiration…puis il ouvrit le coffre, et écarquilla les yeux ! La magie noire qui était piégée dans le coffre s'échappa comme une explosion ! Ce n'était plus des murmures qu'il entendait, c'était des centaines de plaintes, des hurlements, des rires de déments ! Il pouvait presque les voir, des ombres grises, des formes décharnées comme des fantômes qui lui tournaient autour, tentant de le tourmenter…Mais ne ce que Nazj regardait vraiment, c'était la couronne au fond du coffre. Il la prit de ses deux mains, et la tint devant ses yeux, une pièce formidable, une couronne d'obsidienne aux veines de malachite et incrustée d'ambre et, finement ciselée, d'une grosse émeraude en forme de crâne…Au bord de l'extase la plus folle, Nazj du lutter pour ne pas porter cette couronne sur sa tête ! Mais sa volonté se fit forte, et il la laissa tomber dans le coffre, qu'il referma avec violence ! Il reprit son souffle, et eut un petit rire.

"Merveilleux ! C'est bien plus que ce que j'espérais !"

C'était ingénieux, le coffre lui-même fonctionnait comme un des objets dont il avait parlé un peu plus tôt, un artéfact qui sapait toute magie contenue entre ses parois…Il aurait du s'en douter à vrai dire, il ne se serait pas donné tout ce mal pour un objet dont le pouvoir ne se manifestait que par quelques chuchotements. Il n'avait vu qu'un aperçu de la véritable force de l'objet, et il avait bien hâte de l'étudier sous toutes les coutures ! Il se tourna vers Balsa avec un étrange rictus…

"Eh bien, voila une bonne chose de faite…sortons, voulez-vous ? Mes serviteurs emmèneront le coffre dehors un peu plus tard, je pense que nous pouvons discuter encore un peu…"

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mar 03 Mai 2011, 23:54

Elle le voyait avancer vers elle, la satisfaction et la délectation du moment lisibles sur son visage. Il la remercia en passant devant elle. Et la félicita aussi en quelque sorte, commentant la qualité de sa découverte. La fierté vint en premier à l’esprit de la chimère. Puis elle relativisa sa prouesse et ses pensées en revinrent aux mots de Nazj. Il l’avait félicité, comme un maître le ferait pour son chien. Un sentiment de malaise impalpable exaltait de ce rapport d’autorité qu’il avait laissé paraître. Balsa craignait de s’être emporté de naïveté. Elle regarda le dos de l’homme qui approchait du coffre.
Ce qu’il dit ensuite aurait pu passer pour simple banalité, s’il n’avait pas employé l’expression « ma fille ». La chimère effaça tout sourire de son visage. Elle fronçait même un peu les sourcils. Elle décida de suivre le conseil du mage et s’écarta de l’entrée de la pièce. Elle marcha le long d’une étagère remplie de bouteilles. Elle finit par s’accroupir, le dos contre le mur à l’autre bout de la pièce. Elle avait les yeux rivés sur la petite pièce en face d’elle, où l’homme s’affairait.

Quand il ouvrit le coffre, la poitrine de Balsa sembla étreinte par une force invisible. Son souffle s’en trouva altéré, elle porta sa main contre son cœur qu’elle sentait battre trop vite. Ses tympans vibraient au rythme de sifflement et de murmures dont elle ne pouvait situer l’origine. Ses pupilles se dilatèrent alors qu’elle tentait d’examiner à distance l’objet convoité par l’humain. La couronne brillait entre les mains squelettiques, qu’il leva victorieusement. Quand il l’eut scrupuleusement inspectée, il l’enferma de nouveau dans le coffre et l’atmosphère se fit plus respirable et silencieuse. Son visage était étrangement joyeux, il laissa même échapper un petit rire.
Il était ravi, mais la chimère ne parvenait pas à partager son enthousiasme, car les remarques infantilisante de l’homme trottait toujours dans sa tête. Elle se leva et retourna doucement vers la petite pièce au trésor, lorsqu’il se tourna vers elle et proposa plutôt de sortir. Une chose dans la suite de sa phrase étonna Balsa et lui fit lever un sourcil :

- V… vos serviteurs ?

Si elle avait réfléchie avant de s’interroger tout haut, elle aurait pu répondre d’elle-même. Un nécromancien devait avoir des cadavres en grand nombre qu’il pouvait mettre à son service. Ou des créatures plus évoluées, comme celle qui devait tourner en rond dans le hall en ce moment.

- Oui, bien sur… les cadavres.

Elle se mit en marche. Il voulait pour la suite discuter, mais la chimère ne trouva pas de sujet intéressant à lancer. Son cerveau était trop occupé à lister ce qu’il lui restait à faire dans ce manoir, maintenant qu’ils avaient trouvé la couronne. Car elle comptait bien rentabiliser ce voyage au maximum. Déjà cette nuit, du moins ce qu’il en restait, elle allait pouvoir savourer la douceur et le confort d’un vrai lit. Elle chercha un moment à se rappeler la dernière fois qu’elle avait eu accès à ce luxe, en vain. Et puis, il restait pas mal de pièce à fouiller et certainement plusieurs petites cachettes contenant de l’or. Balsa croisait les doigts pour que les pièces ne soient pas enveloppées de sensations désagréables comme l’avait été la couronne. Plongée dans ses pensées, elle arrivait d'un pas lent à la petite cuisine.

Il y avait toujours cette curiosité. Celle qui se tordait dans ses entrailles et luttait en permanence contre sa méfiance naturelle. Les deux bêtes se déchiraient, comme deux voix qui résonnaient et tentaient de prendre le contrôle de la chimère. L’une voulait tout connaître de ce monde et ne jamais perdre une occasion d’accroître les connaissances de Balsa. L’autre sentait le danger et soufflait des arguments terrifiants pour qu’elle se taise. Remontant en serrant la poitrine de la chimère, puis en nouant sa gorge, elles finissaient par vriller ses neurones. Après une lutte acharnée, la curiosité l’emporta et prit la décision pour Balsa, qui sentit les mots sortir de sa bouche sans qu’elle ait eu l’impression de le choisir vraiment. Elle tourna son regard vers Nazj.

- Au fait, c’était quoi les… trucs qu’ils se passaient autour du coffre ? Et aussi, elle sert à quoi cette couronne ?

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mer 04 Mai 2011, 22:43

Nazj était vraiment ravi, enchanté ! Le pouvoir qu'il avait aperçu durant un bref instant semblait encore pulser dans ses veines, ses doigts en tremblaient encore un peu, mais il arrivait à contenir sa joie et son excitation, il ne le laissait transparaître que par un petit rictus satisfait. Il savait bien sur que l'objet était puissant, si ça n'avait pas été le cas il n'aurait pas perdu son temps à parcourir l'Archipel à sa recherche, cependant voir une telle force s'échapper ainsi pour l'envelopper, sentir l'étreinte froide et étouffante de la magie noire, de la Nécromancie, de la Mort elle-même était tellement jouissif que Nazj s'émerveillait à chaque fois…Sentir les serres de la mort se refermer sur lui était sans doute la seule chose qui pouvait encore faire pétiller ses yeux voilés et ternes. En y repensant, cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas senti la vie lui échapper, qu'il n'avait pas survécu de justesse à une catastrophe ou a une blessure…Et il sentait que le temps passant n'allait pas arranger les choses, il avait beau être très vieux, il avait l'intention de vivre encore longtemps...très longtemps ! Mais il ne pouvait pas simplement aller risquer sa vie pour quelque montée d'adrénaline et sentiments abrutissant...bien qu'il n'aimait pas cela du tout, il allait devoir s'en remettre au hasard.

Mais tout cela ne ternissait pas sa satisfaction et ne l'empêchait pas de l'afficher ! En vérité, il était à présent amusé par tout ce qui pouvait bien arriver autour de lui…Et notamment par la bêtise de Balsa à ses côtés : elle parlait sans réfléchir…Beaucoup faisaient ça, et Nazj ne comprenait pas vraiment comment cela était possible…lui passait son temps à réfléchir ! Il réfléchissait même un peu trop peut-être, il avait sans arrêt l'impression de sombrer dans des digressions sans fin, l'enfermant très loin du monde réel…Mais c'était nécessaire ! S'il ne réfléchissait pas tant, si son cerveau ne travaillait pas à grande vitesse, il ne pourrait pas élaborer des plans, trouver la meilleure solution à un problème, ou répondre à certaines questions sans même les poser. Une telle réflexion était toujours nécessaire pour peaufiner ses projets, son pire ennemi était le hasard, l'imprévu, Nazj ne pouvait le laisser s'immiscer dans ses plans…Mais voila qu'il sombrait encore dans son propre esprit ! Et il n'eut pas le temps de répondre sarcastiquement à la question posée par la chimère, elle avait elle-même trouvé la réponse…Il ne put qu'émettre un très bref ricanement.

Ils arrivèrent à la cuisine...la créature de Nazj n'était pas là, elle devait courir dans tous les sens autre part dans la maison, toute excitée ! Elle avait sans doute senti le pouvoir de la nécromancie dans cette cave, la créature était sensible à de telles émanation, car c'était le même genre de force qui l'animait. La chimère posa alors une question, et Nazj la fixa avec une certaine surprise, et il s'apprêtait à répondre lorsque sa créature bondit dans la cuisine, sur Nazj, et enroula son énorme langue reptilienne, noire, baveuse et collante autour du poignet de Nazj ! Lâchant un bref cri de surprise, Nazj donna un coup de pied à la bête qui décampa à toute vitesse dans le grand hall ! Le sorcier soupira, et prit un morceau de tissu qui traînait non loin pour essuyer son bras qui dégageait maintenant une puanteur abominable tandis qu'il répondait à la chimère.


"Vous posez de dangereuses questions, jeune fille, bien que fortes intéressantes…Mais soit, je vais tenter d'y répondre. Ce que vous avec peut-être vu, senti et entendu n'était que l'écho du pouvoir que renferme la couronne, c'est un avant goût de ce que peut faire l'objet, mais pour une non initiée comme vous, je doute que vous puissiez en tirer ou deviner quoi que ce soit. Je ne vais pas vous dire à quoi sers la couronne ni ce que je prévois de faire avec, je ne suis pas stupide ; vous pouvez encore très bien sortir vivante de cette rencontre, après tout ! Je peux juste vous dire que c'est une pièce d'un puzzle que je rassemble, et qui va changer le monde à jamais !"

Puis il jeta son "torchon" à présent imprégné de l'odeur de ce qui pouvait ressembler à une douzaine de cadavres en pleine décomposition sur le sol…son bras sentait toujours un peu, cela dit, mais ça ne le gênait pas plus que ça, il s'y habituerait jusqu'à la prochaine fois qu'il tomberais dans une rivière glacée…Par les Dieux, il détestait devoir se plonger ainsi dans l'eau ! Non pas qu'il détestait se laver, mais il n'aimait pas se sentir impuissant, nu, tout offert à une flèche ou a quelque chose de ce genre…Ce n'était sans doute que sa paranoïa qui parlait, mais elle était particulièrement forte. Mais il avait autre chose à faire !

"Je vais appeler les porteurs, inutile de laisser ce coffre pourrir dans cette cave plus longtemps…venez observer ou restez piller, ça m'est égal, je reviendrais dans quelques minutes, j'ai une intéressante proposition à vous faire."

Et sans attendre la réponse, il s'éloigna vers la porte d'entrée, accompagné de sa créature encore toute excitée, qu'il écarta d'une violente baffe irritée dans la mâchoire !

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[Clos] Double crime.

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