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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 [Clos] Double crime.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 05 Mai 2011, 21:21

Nazj fixa d’un regard surpris la chimère qui venait de poser ses questions. Mais déjà des bruits de pas animaux résonnaient depuis le hall. La créature du nécromancien déboula dans la petite cuisine et Balsa s’écarta pour la laisser venir jusqu’à l’homme. La chose avait étrangement des mimiques et des attitudes proches de celles d’un chien, léchant son maître dans l’euphorie, tout en marquant sa soumission. L’odeur qui s’échappait de la bave de la créature enveloppa la pièce en un instant, soulevant un peu le cœur de Balsa. Le vieillard, lui, restait impassible en apparence. Il balança son pied dans le corps visqueux et la bête s’en alla sans demander son reste. Il ramassa un torchon et s’essuya le bras. Cela enleva l’humidité de la salive, mais l’odeur était tout aussi répugnante aux narines de la chimère.

Il avait finalement répondu, alors que la chimère en avait presque oublié ses questions depuis l’arrivée de la bête. Ses paroles contenaient des mises en garde et marquaient clairment la différence qu’il y avait entre eux deux. Elle ignorait tout de la magie et posait des questions naïves, lui restait flou dans ses réponses car s’il connaissait la vérité il ne la pensait pas audible par une novice. Cela frustra quelque peu Balsa et lui remémora une fois de plus l’attitude de Akin. L’anubite voulait la préserver des connaissances qui pouvaient être dangereuses, mais par là il la pensait incapable de faire la part des choses. Tout comme Nazj. Pourtant la chimère n’était plus une enfant et qu’on la traite ainsi la faisait rager.

Il changea de sujet, mettant un terme à la conversation que Balsa aurait bien voulu voir se prolonger. Il la laissait pour quelques minutes apparemment. Un instant la chimère pensa qu’il s’agissait peut-être pour lui de fuir et de la laisser en plan, mais elle se dit bien vite que vu sa joie à la découverte de la couronne il allait forcément revenir la chercher. Il conclut en lui promettant une « proposition intéressante ». La colère naissante de Balsa s’effaça pour faire place à l’interrogation. Elle resta un moment immobile regardant le mage partir vers la sortie, frappant au passage la créature certainement trop collante à son gout. Puis quand elle fut seule, elle haussa les épaules et se dirigea vers l’escalier. Elle se demandait bien ce qu’il pouvait attendre d’elle et ce qu’il lui proposerait en retour. Elle ne voulait pas nourrir l’espoir qu’il lui en apprendrait plus sur la magie et pourtant c’était la seule chose qui l’intéressait.

Elle arriva à l’étage et ouvrit la première porte qui n’était pas celle de la bibliothèque. Il s’agissait d’un entrepôt poussiéreux. La chimère entre doucement, balançant sa longue queue et posant son regard un peu partout. Elle fit le tour de ce qui se trouvait ici mais son esprit était ailleurs. Qu’est-ce qu’un nécromancien pouvait bien avoir a tiré d’elle ? Il était si puissant et elle si faible a comparé… Une idée l’effraya, celle qu’il puisse vouloir l’examiner, la tester et mesurer ses capacités. Car si elle avait pu lui en parler, elle ne serait jamais d’accord pour se révéler entièrement à quelqu’un de trop curieux. Cette situation lui aurait rappelé sans doute son enfance chez les scientifiques de l’ouest. Sa haine envers eux se transféra sur Nazj, alors qu’elle ignorait encore la nature de sa proposition. Elle chassa cette émotion sombre et quitta la pièce où elle n’avait rien trouvé d’intéressant.

La seconde porte qu’elle ouvrit donnait sur une petite chambre sobre. Un lit, une commode et un grand coffre. En voyant ce dernier, la chimère plissa les paupières et ouvrit ses sens. Mais cette fois-ci, pas de sensation désagréable ou de voix sorties de nulle part. Elle s’avança et commença par fouiller la commode. Elle y trouva des vêtements de toutes sortes et décida de se changer. Elle enleva ses propres habits et vida le peu qu’il y avait dans ses poches. Les abandonnant sur le sol, elle en choisit de nouveaux, aux tissus plus fins pour l’été à venir : un haut sans manches et un pagne qu’elle attacha autour de sa taille. Elle fouilla plus longtemps pour se décider quand à la pièce essentielle : la cape. Il fallait qu’elle comporte une capuche qui puisse dissimuler son visage, qu’elle soit assez longue pour qu’elle puisse y cacher sa queue et qu’elle ait des poches intérieures larges. Elle trouva finalement son bonheur et passa la seule tenue d’un vert sombre qui correspondait à ses critères. Elle laissa la capuche tomber sur ses omoplates. Puis elle rangea ses affaires dans les poches et pensa à ce moment qu’elle avait oublié de prendre le couteau dans la cuisine. Et il lui restait encore à trouver l’or du vieil homme.

Cependant comme elle avait perdu pas mal de temps, elle décida de revenir plus tard. Car elle ne voulait pas faire attendre le seigneur, et surtout elle était à présent impatiente de savoir ce qu’il allait lui proposer. Elle quitta donc la chambre et retourna vers l’escalier qu’elle dévala hâtivement, en espérant que l’homme soit de retour.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Sam 07 Mai 2011, 22:20

Nazj se retrouva dehors, sa bête sur les talons. Il prit le temps de respirer longuement, d'avaler de grandes goulées d'air frais nocturne…cela lui arrivait rarement, de simplement rester là à ne rien faire, à lasser ses pensées vagabonder jusqu'à ce que son esprit divague vers des réflexions idiotes et sans intérêt, tel que le temps qu'il pouvait bien faire, ou la beauté du paysage. Cela lui arrivait, bien entendu, mais il préférait y mettre brutalement fin lorsqu'il se surprenait à le faire, il n'avait pas de temps à perdre avec ces imbécilités…Et d'ailleurs, le voila qui recommençait ! Il n'avait pas bougé depuis qu'il avait mis les pieds dehors ! Bien sur cela faisait très peu de temps, mais il était sorti pour une raison bien précise, et non pas simplement pour bayer aux corneilles ! Il joignit ses mains, et ferma les yeux pour se concentrer sur la tâche à accomplir.

Il tendit ses mains devant lui, l'une plus à gauche et l'autre plus à droite, puis il commença à bouger ses doigts, à tordre ses mains, ses poignets, et à bouger ses bras, de manière identique pour ses deux membres. Très bientôt, la terre devant lui se mit à gonfler, deux grandes mottes qui se soulevaient sous chacun de ses bras. Nazj entama des mouvements frénétiques, et la terre molle se forma un peu plus, laissant apparaître la forme de bras et de jambes, ainsi qu'une tête…bientôt, deux sculptures de terres de tenaient devant lui, allongés, les yeux vides et morts. Nazj referma ses poings, et la terre ainsi formée se durcit, se solidifia rapidement, dotant ainsi les sculptures d'une solide armure. Lorsqu'il eut terminé et que ses mains étaient refermées comme des serres sur une proie, quelque chose se refléta à la lumière de la lune, s'échappant des mains de Nazj. C'étaient de très minces fils d'argent, un pour chaque main reliant ses créations de Nazj…Le sorcier respira un grand coup, et tira de toutes ses forces sur les fils qu'il tenait ! Et les sculptures prirent alors vie, elles s'assirent soudainement comme si elles venaient d'être réveillé d'un horrible cauchemar, et elles hurlèrent, si puissamment que Nazj esquissa une grimace et recula de quelques pas, par réflexe ! Fort heureusement, ces hurlements déchirant ne durèrent pas très longtemps, et Nazj put enfin contempler, devant lui, deux créatures de terres, aux proportions parfaitement humaines, aux yeux brillants d'une lueur argentée. Il sourit, et leur fit signe de se lever pour le suivre à l'intérieur.

Contrairement à ce que l'on pouvait penser, il ne venait pas de faire appel à des pouvoirs élémentaires, il n'avait pas invoqué des esprits de boue pour donner vie à ces monstres ; comme il l'avait signifié quelques temps plus tôt, il n'y connaissait pas grand-chose en magie élémentaire. Ce qu'il venait de faire, c'était d'appeler des esprits, et d'y donner corps dans la terre…Esprit fantômes et spectres fonctionnaient de manière différente. Ce n'était pas vraiment ce qu'il avait de mieux comme sort, ces créatures -qu'il appelait golem bien qu'ils n'étaient pas seulement des coquilles d'argiles animées- étaient lentes, plutôt fragiles…mais elles étaient très simple à appeler, à contrôler, et elles étaient dotées d'une grande force, c'est pourquoi il avait préféré faire appel à ces créatures idiotes plutôt qu'à des monstres rachitiques baveux cherchant à tout ravager, corrompre et dévorer sur leur passage. Bien entendu il n'allait pas parcourir le monde entier avec deux golems d'une terrible lenteur derrière lui, Nazj avait tout prévu.

En rentrant dans la maison, il découvrit que Balsa l'attendait déjà…Nazj sourit légèrement, il n'aurait pas à la chercher ou à l'attendre tandis qu'il se tournait les pouces…Nazj détestait attendre qui que ce soit ! Il fit un bref signe de tête en direction de la cuisine, et surtout de la cave, et les deux golems s'y dirigèrent à pas lents lourds et trainants. Il reporta alors son attention sur la chimère qui semblait attendre…Il nota brièvement que quelque chose avait changé…ses cheveux peut-être ? Non, ses vêtements ! C'était plutôt curieux, mais Nazj ne s'y attarda pas, les changements de garde-robe étaient vraiment le cadet de ses soucis. Il regarda autour de lui un bref instant, et fut quelque peu ennuyé de voir qu'il n'y avait pas de table à laquelle s'assoir, celle qui trônait au centre de la pièce gisait près d'un mur…mais soit ! Il y avait toujours les chaises. Nazj en remit une sur pied et s'assit, puis il indiqua à la chimère qu'elle pouvait faire de même.


"Fort bien…comme je le disais, j'ai une intéressante proposition à vous faire : que diriez vous de travailler pour moi ? Et cela ne veut pas dire que vous aurez à me suivre à travers le monde entier ! Non, je ne supporterais pas de vous avoir dans mes pattes très longtemps…Sachez que je peux vous payer grassement, et de diverses manière, mais avant de poursuivre, j'aimerais savoir ce que vous en pensez…qu'en dites-vous ?"

Il eut un sourire carnassier tandis qu'il attendait la réponse…il eut une brève montée d'excitation durant cet instant, car de la réponse de la chimère allait dépendre la suite des évènements : l'affrontement ou le pacte.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Lun 09 Mai 2011, 03:25

Balsa s’assit en bas des marches, jouant de ses muscles, tordant ses membres pour tester la souplesse et le confort de ses nouveaux habits. Ils n’étaient pas parfaits, d’autant qu’ils n’étaient pas taillés pour elle, mais cela importait peu. Car la chimère espérait bien en acheter de nouveaux de retour à Reilor. Avec ce qu’elle pensait trouver ici, elle comptait d’ailleurs en profiter pour partir s’installer dans une autre ville. Le magot lui permettrait de vivre chichement mais légalement pendant un moment. Elle cessa de remuer pour poser ses coudes sur ses genoux. Elle attendait ainsi, l'extrémité sa queue seule remuant de temps à autre, regrettant de ne pas avoir pris plus son temps.

Bientôt, deux créatures sombres passèrent le seuil de la porte, suivies de près par le seigneur Nazj. Leur forme était humanoïde, mais ils n’avaient rien d’humains. Et ils ne ressemblaient pas non plus à des cadavres, ce qui surprit la chimère. Leurs corps étaient solidement bâtis, de la taille d’un homme adulte. Mais nulle peau et nuls vêtements. Seule une carapace que Balsa identifia comme de la terre cuite était apparente. Dans le grand hall, une odeur d’humus se glissa entre les senteurs de cadavres jusqu’aux narines de la chimère, confirmant son impression.

Une fois qu’elle les eut détaillés elle tourna son regard vers le visage du nécromancien, qui orientait ces choses vers la cuisine. Il planta ensuite ses yeux en direction de Balsa qui se leva et le suivit jusqu'à de la chaise où il s’installa, préférant elle-même rester debout. Les veines bouillonnant d'impatience, elle écoutait le vieux mage lui parler, fronçant de temps à autre les sourcils. Travailler pour lui ? Mais faire quoi au juste ? Et comment ça l’avoir dans ses pattes ? L’amour-propre de la chimère en prit un coup, puis un autre quand il parla d’une récompense matérielle. C’est du moins comme ça qu’elle l’interpréta et elle répondit du tac au tac :

- Je ne m’intéresse pas aux travaux payés en or ou en biens. Comme vous le voyez, je connais les moyens de trouver des richesses. Je vous rassure, c’est souvent bien plus facile que ça l’aura été cette nuit...

Elle lui tourna le dos et fit quelques pas pour dissimuler son expression qui se faisait un peu mauvaise. Elle devait se calmer et surtout réfléchir à la proposition. Celle-ci n’était pas très claire car l’homme restait encore mystérieux sur la nature du travail. Mais ce n’était certainement pas innocent. Il ne voulait pas donner des informations inutiles si jamais elle refusait. Cela avait pour effet de titiller à nouveau la curiosité grondante. Mais elle n’était pas prête à tout accepter pour seulement assouvir son envie de savoir. La chimère tournait en rond, en proie à tant d’interrogations. Elle ne savait par où commencer et sa colère contre celui qui lui causait tous ces tourment n’aidait pas à organiser ses pensées.

- Si je travaille pour vous, ce ne seras qu’en échange du savoir qui me permettra de maîtriser la foudre. Grace à une amulette ou à l’entraînement, peu importe… C’est la seule chose que vous pouvez m’apporter, que je veux et que je ne peux pas trouver moi-même.

Elle finit par se calmer un peu, cessant de s’agiter pour se tourner face à lui. Seuls les mouvements tiqués de sa queue laissait deviner son agacement. Elle poursuivit :

- Et puis, je ne peux rien vous promettre tant que vous ne m’en dites pas plus sur ce travail. Ne me cachez pas déjà quelque chose, sous prétexte que je ne saurais l’entendre. Ne craigniez pas ma réaction… Je sais quelles sont les natures des sales boulots…

Elle espérait appuyer d’un regard dur la force de ses propos. Il devait lui faire confiance un minimum pour que ce soit réciproque. Pour qu’ils puissent s’entendre. Elle n’avait rien contre le fait de l’aider en soit. Même si elle n’approuvait pas vraiment ses pratiques, au moins c’était quelqu’un qui avait su devenir plus qu’un homme. Balsa était prête à faire beaucoup pour qu’il la regarde non pas comme une misérable avec peu d’ambition, mais comme quelqu’un qui voulait apprendre, quelques soient les vérités qu’il faudrait entendre. Elle espérait qu’il la reconsidèrerait et qu’il accepterait de se faire son maître en magie élémentaire. Elle l’écouterait et ne le remettrait jamais en question. Car elle savait l’humilité qu’il fallait avoir lors d’un apprentissage. Elle ne cèderait pas, une lueur dans son regard ôtait tout doute qui aurait pu s’installer. Elle avait retrouvé son sang-froid et prenait à présent un ton ferme.

- Alors ?... Est-ce vous pouvez m’en dire plus sur ce travail ? Et surtout, pourrez-vous m’apportez ce que je veux en échange ?

Balsa n’aimait pas conclure un marché. Car il s’agissait d’une situation où deux êtres cherchaient à tirer quelque chose de l’autre, tout en essayant d’en donner le moins possible. Et puis, il y avait le principe de l’engagement pour un autre. L’idée de se faire serviteur de quelqu’un répugnait la chimère qui se voulait assez forte pour être indépendante. Seulement elle n’était pas stupide au point de laisser passer cette chance qui ne serait peut-être plus jamais à portée de sa main. Son cœur battait vite, sa tension était presque palpable. Elle attendait en fixant Nazj l’instant où le silence serait à nouveau rompu.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 12 Mai 2011, 20:41

Lorsque la chimère lui répondit, Nazj fut quelque peut surpris et esquissa une grimace…il s'était donc trompé ?! L'or et autre ridicule richesse n'intéressaient pas Balsa, elle n'avait pas mordu à l'appât…c'était fort intéressant, et cela plaisait quelque peu à Nazj, peut-être même pourrait-elle monter un peu dans son estime ! Mais cela compliquait les choses…qu'avait-il d'autre à offrir sinon l'or qu'il avait accumulé et qui lui était inutile, et les trésors sous lesquels il allait crouler lors de ses recherches ? Il n'avait rien que la chimère pouvait désirer, du moins c'est ce qu'il lui semblait. Mais la jeune fille semblait avoir une idée, c'était obligé, faute de quoi elle aurait refusé, et d'ailleurs la voila qui semblait réfléchir à la question...cela ne plaisait pas à Nazj, il était dans une position inconfortable, et la colère commençait à échauffer ses veines flétries ; qui était donc cette créature difforme pour oser marchander avec le Seigneur Nazj ?! Et pourquoi restait-il là à attendre que la sentence tombe ? Il n'avait qu'à se lever et laisser son pouvoir se déchaîner son pouvoir, réduire cette maison et cette petite chose prétentieuse à néant ! Mais au lieu de cela, Nazj prit une grande inspiration et fit tout son possible pour se calmer, fermant les yeux et récitant un petit poème macabre…ce genre de réactions colériques lui avait causé un certain nombre de problèmes par le passé, Nazj était orgueilleux et détestait qu'on le prenne pour un imbécile, mais il travaillait à le résolution de ce problème…pas celui de l'orgueil, non, il était bel et bien supérieur à la plupart des pitoyables créatures en ce bas-monde, et dans l'au-delà, mais à celui de la colère et de la rage, qu'il ne laissait prendre le dessus que lorsque c'était nécessaire.

Calmé par son petit poème, et affichant même un petit sourire, Nazj attendit patiemment que la chimère prenne la parole…et il perdit son sourire. "En échange de savoir" ? N'en avait-elle déjà pas eu assez lors de leur discussion un peu plus tôt ? Et l'aider à maîtriser la foudre ? Mais…il n'y connaissait rien, et elle le savait ! Et autre chose encore…elle voulait "en savoir plus". Ce n'était pas prévu, pas du tout ! Le pacte devait-être conclu avant que toute information puisse filtrer, c'est de cette manière et de celle-là uniquement que cela fonctionnait ! Tout à coup, Nazj trouva que s'être assis était une très mauvaise idée, il ne savait pas quoi faire pour s'aider à réfléchir, croiser les jambes et se frotter le menton ne rimaient à rien ! Il se leva, et ce fut à son tour de faire les cent pas tout en contorsionnant ses doigts squelettiques. Qu'allait-il décider ? Le fait de lui donner des informations n'était pas tant un problème, il n'allait certainement pas lui faire part de ses projets, c'était ce qu'elle exigeait en récompense ; s'il devait l'entraîner, lui donner des livres ou des objets dotés de magie, Nazj devait alors donner à la chimère des secrets bien gardés, car le sorcier ne possédait rien qui soit anodin, il n'avait que des trésors de la magie la plus noire…

Mais en y repensant…où était le mal ? Certes, certains secrets ne devaient absolument pas être découverts pas des hommes ou des femmes tels que Balsa, qui derrière leurs allures désintéressées se battraient pour la survie d'une espèce, d'un royaume ou d'une cité, si ce n'est d'une seule personne. Mais si Nazj pouvait conduire Balsa vers sa propre philosophie…s'il pouvait l'initier aux arts noirs, faire d'elle une sorcière redoutée…une sorte apprentie ! Il y avait trop peu de sorciers, démonologues, nécromanciens et autres dans le monde, du sang neuf serait la bienvenue, et Balsa était déjà en quête de pouvoir, c'était un bon départ. C'était fort dangereux, Nazj en était conscient, peut-être allait-il finalement y renoncer lorsqu'il aurait ruminé l'idée plusieurs fois, mais pour l'heure, tenter de corrompre l'esprit de la chimère lui convenait, et il était prêt à accepter ses exigences. Il se tourna vers Balsa, affichant un petit rictus.


"Soit. J'accepte de vous aider, de vous donner des objets et des solutions pour contenir votre pouvoir, et de vous entraîner à le maîtriser si nous en avons le temps. Quand au travail que je vous propose…eh bien il s'agira de différentes tâches, principalement m'aider à récupérer des…biens, qui m'ont été volés, ainsi sans doute que de procéder à des meurtres, je pourrais aussi vous demander de m'accompagner quelque part…et ce n'importe où dans le monde. Ne me demandez pas pourquoi j'ai besoin de tout cela, je serais alors contraint de vous arracher le cœur, et ne me demandez pas non plus comment je pourrais faire appel à vous par-delà les océans, j'ai la solution, et pour la connaître, j'ai seulement besoin de votre assentiment."

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Jeu 12 Mai 2011, 22:49

Le cœur de la chimère battait à tout rompre alors que Nazj s’était levé pour s’agiter un peu comme elle. L’instant sembla durer une éternité. Le silence était pesant, envahissant, palpable en chaque endroit et en chaque parcelle de l’être qu’était Balsa. Elle le regardait chercher ses mots, s’énerver et se calmer sans que son visage ne varie vraiment. Car c’étaient ses gestes et sa démarche qui trahissaient les états émotionnels qu’il traversait, pas sa face à la blancheur morbide et aux traits rongés par le temps. Cependant la chimère n’était en rien concentrée sur le physique morbide du nécromancien, elle était totalement suspendue à ses lèvres, attendant impatiemment qu’elles se mettent à remuer.

Enfin la voix de l’homme vint briser le silence bien trop long au gout de Balsa. Les premiers mots lui firent écarquiller les yeux, les suivants firent pétiller son regard. Après la première phrase, la chimère avait envie d’exploser de joie : il acceptait de se faire son maître, de lui apprendre à contrôler ses pouvoirs et de l’aider à trouver ce qu’il lui manquait pour y parvenir. Perchée sur un petit nuage, elle exultait. Fière d’avoir réussi à le convaincre, heureuse qu’il la reconnaisse ainsi comme digne d’intérêt, elle était quelque part loin au-dessus de ce manoir, dans un endroit où le bonheur diffusait doucement sa chaleur.

La suite cependant vint quelque peu assombrir le tableau. Il s’expliqua sur ce qu’il entendait par travail et il s’agissait au final d’une mise à disposition entière et permanente. Aucune des taches qu’il attendait d’elle ne lui semblait hors de portée, ou inacceptable. Elle avait déjà fait tant de choses que la loi et la morale condamnait et si elle évitait de commettre des atrocités autant que faire ce pouvait, jamais elle ne s’était promis d’arrêter. Elle vivait ainsi, sans qu’aucun jugement ne l’atteigne ou blesse son propre estime, car elle n’appartenait à aucune des sociétés qu’elle avait heurté, pillé ou dénigré. Même les autres chimères ne constituaient pas un groupe suffisamment nombreux et homogène pour qu’elle l’envisage comme une communauté à laquelle elle appartenait. Elle était au-dessus de tout cela, ou du moins à côté, et ne ferait jamais parti d’un groupe quelconque, alors elle n’avait aucune raison de respecter leurs règles.

Ce qui dérangeait Balsa était plutôt la servitude qu’elle allait devoir s’employer à respecter si elle acceptait la proposition de Nazj. Pas qu’elle le déteste particulièrement ou qu’elle le soupçonne de vouloir profiter de son statut de seigneur. Mais la notion même d’asservissement mettait la chimère mal à l’aise. Son visage se décomposait à vu d’œil et la joie qui en émanait se dissipait peu à peu. Elle se retrouvait devant un choix difficile à faire, où chaque alternative présentait un argument en temps normal décisif. D’un côté, si elle acceptait, elle allait pouvoir apprendre énormément et gagner en puissance et en maîtrise. De l’autre, en refusant, elle restait libre et indépendante. Le flou qui régnait encore sur ce que l’homme allait lui demander à l’avenir n’aidait pas au choix. Balsa recommençait à s’agiter, sa queue tiquait régulièrement d’un mouvement brusque tantôt à droite, tantôt à gauche.

- Attendez, c’est…

Elle appuya le dos de sa main sur son front, cherchant ses mots et tentant de se persuader que l’une ou l’autre des possibilités qui s’offraient à elle était la meilleure. Elle ne termina pas sa phrase, tout simplement parce que le choix lui semblait impossible. Elle rageait devant le dilemme et s’en voulait de son incapacité à se décider. Elle aurait voulu prendre son temps, peser le pour et le contre… en parler à quelqu’un d’extérieur, dont l’avis l’aurait sans doute orienté. Mais le temps pressait et Balsa comprenait bien que la proposition était à prendre ou à laisser. Elle ferma les yeux et respira le plus calmement possible.

Elle pensa à sa liberté… Ce qu’elle en avait fait jusque là n’avait rien de très reluisant. Ses voyages, ses rencontres et son évolution ne tendait vers aucun but précis. Elle ne croyait pas au destin et devait bien s’avouer que son existence n’avait pas de sens. Une créature comme elle n’aurait jamais du voir le jour, alors quelle était la valeur de sa vie ? Il n’y avait rien qui la rattachait à ce monde. La seule chose concrète dont elle disposait était l’expression de son être : son physique particulier et ses dons naturels. Depuis toujours elle s’était fait un devoir de les développer, car elle n’avait rien d’autre.

Elle pensa à sa force, à ses sens et à la foudre qui rayonnait dans ses veines. Voila le peu qu’elle représentait, ce qui la définissait le mieux… Non, pas seulement, il y avait lui aussi : Akin. Evoluer et apprendre à ses côtés constituaient ses plus beaux souvenirs. Elle progressait, lui l’aidait, tous deux œuvrant pour les mêmes projets. Pourrait-elle construire un tel lien avec l’homme qui se tenait devant elle ? Une dernière pensée l’effraya : que dirait l’anubite s’il avait été là aujourd’hui ? Il lui aurait soufflé de refuser à n’en pas douter, vu son aversion pour la magie noire. Mais était-ce bien judicieux de se raccrocher au souvenir de celui qui l’avait abandonné pour partir sur Aiklando sans elle ? Un esprit de rébellion s’empara de Balsa, comme une crise d’adolescence retardée, et vint trancher à sa place le débat qui avait lieu dans sa tête. Elle se força à s’incliner doucement, pas vraiment fière de ces mots, le visage sombre et fermé.

- J’accepte… maître.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Ven 13 Mai 2011, 23:10

Maître…que la chimère l'appelle ainsi surprit Nazj. Cela ne lui déplaisait pas, oh non, après tout il se donnait lui-même le titre de Seigneur, mais il ne pensait pas que Balsa puisse être aussi prompte à changer d'attitude, passer de cette sorte de défiance dont elle avait fait preuve juste avant, lorsqu'ils étaient en train de marchander, à ce qui semblait être la servitude la plus totale…Elle ne cessait de le surprendre, et bien que pour le moment c'était en points positifs, cela ne plaisait pas beaucoup à Nazj ; qui sait quand viendra le jour où cette jeune fille se rebellera ? Mais pour l'heure il n'avait pas à s'en inquiéter, elle semblait bien disposée à courber l'échine devant lui…La recherche de la puissance et du pouvoir est quelque chose de formidable lorsqu'elle s'empare de quelqu'un, il suffit de la titiller un peu pour faire de n'importe qui un fidèle serviteur, un esclave, un chien. Cela convenait parfaitement à Nazj lorsque c'était lui qui devenait le maître, mais il convoitait lui-même cette puissance, et il devait bien faire attention, il ne devait laisser personne l'utiliser comme il utilisait les autres. Souriant, il commença à fouiller dans ses manches…

"Relevez la tête ma fille. Je suis très content que vous ayez accepté, je n'ose imaginer ce que j'aurais du vous faire endurer si vous aviez refusé. Sachez que vos mots ont scellé un pacte que je vous déconseille de briser…et à présent, j'ai un cadeau pour vous…non, deux !"

De sa manche il sortit quelque chose d'étrange ; une longue lanière de cuir mise en boucle au bout de laquelle pendait un gros crâne de rat, un vers blanc mort sortant d'un de ses orbites vides. Il jeta cette amulette morbide à la chimère, puis il enserra sa main droite autour de son annulaire gauche dépourvu de tout ornement…il fit un mouvement sec, comme s'il retirait quelque chose, et lorsqu'il rouvrit sa main droite, il y avait une petite bague qui s'y trouvait. Ravi de son petit tour de passe-passe, Nazj tendit l'anneau à la chimère.

"Je ne collectionne pas les objets qui sapent la magie, dont prenez bien soin de celui-ci, il emprisonnera l'énergie qui s'empare de vos mains lorsque vous touchez quelqu'un ou quelque chose, je vous conseille de l'enlever lorsque que vous voulez vraiment utiliser votre pouvoir…je penserais à vous si je tombe sur un autre bijoux susceptible de vous aider. Quand à l'amulette…gardez la toujours près de vous, ne la portez pas, cela ne ferait qu'attirer l'attention sur vous, et vous donnerait des rêves particulièrement éprouvants. Grâce à ce petit objet vous…sentirez mon appel, qui se traduira peut-être par une soudaine envie de voyage, ou une peur qui vous obligera à fuir le lieu ou vous vous trouvez, ou autre, c'est imprévisible. Je vous déconseille fortement de le briser, si d'aventure vous en avez assez de notre…collaboration, et que vous écrasez cette amulette sous votre pied, je le saurais, et croyez moi, je remuerais ciel et terre pour vous retrouver et faire de vous ma servante par la force, par-delà la mort ! J'espère avoir été bien clair."

Souriant encore, il tourna la tête vers la cuisine. Devant son entrée se tenaient les deux golems, portant le coffre. Ils étaient parfaitement silencieux et Nazj ne les avaient pas entendu venir. Il leur fit un bref signe de la tête, et les créatures s'approchèrent. Il fixa de nouveau Balsa.

"Je dois m'occuper du coffre, le mettre en lieu sur, y'a-t-il quoi que ce soit d'autre que je puisse faire pour vous aider ce soir ? Nous avons tout notre temps et je me sens de bonne humeur, vous n'avez pas idée de ce que cette couronne représente pour moi, ma chère, lorsque je j'aurais terminé d'assembler les pièces du puzzle, je n'oublierais pas l'aide que vous avez apporté…"

Et il ricana brièvement, amusé par cette idée, il doutait que quiconque pouvait avoir envie de l'aider s'ils savaient ce que Nazj avait en tête…

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Lun 16 Mai 2011, 20:40

Balsa se redressa pour planter un regard dur mais emplit de respect dans les yeux du nécromancien. L’expression « ma fille » qui lui avait fait grincer les dents quelques instants auparavant était maintenant justifiée. Elle s’était liée à lui d’un accord par lequel elle s’engageait à exécuter ses ordres. En quelque sort elle lui appartenait, donc. La chimère n’arriva pas à déterminé si ce qu’il dit par la suite, concernant son éventuel refus, était totalement vrai. Mais les menaces qu’il fit peser sur elle au cas où elle chercherait à briser l’accord scellé semblaient tout à fait réelles. Elle hocha doucement la tête pour lui faire comprend qu'elle l'avait entendu.

Il se mit à chercher dans sa manche un « cadeau » qui lui était destiné. Balsa était un peu surprise de voir qu’il avait sur lui l’objet en question mais elle n’eut pas le temps de réfléchir outre mesure à cette coïncidence que déjà il lui lançait quelque chose. Elle attrapa le crâne de rat et l’examina. La lanière de cuir serait pratique pour attacher l’objet à une ceinture, même s’il semblait plus pratique encore de glisser le tout dans une large poche intérieur, à l’abri des regards. Le crâne était assez bien conservé, laissant deviner la taille supérieure à la moyenne de l’animal lors de son vivant. Une chose seulement imprima un certain dégout sur le visage de la chimère : l’asticot blanchâtre qui sortait du creux d’une orbite. Balsa releva la tête vers l’homme qui lui donnait le second présent, qu’il semblait avoir arraché à son doigt pourtant nu : une bague, capable d’atténuer la magie. Les yeux de Balsa se mirent à briller. C’était donc si simple ? Elle tenait l’anneau d’une main tremblante, n’en revenant pas de posséder un tel objet.

Nazj expliquait à la chimère le fonctionnement de l’amulette, dont le pouvoir pouvait résonner comme un appel au voyage ou une envie d’éviter un certains lieu. Balsa n’aurait jamais pu imaginer qu’une telle sorte de magie existe. Le nécromancien appuya son autorité en déconseillant fortement à son élève de tenter de fuir ses ordres ou détruire le lien qui s’établissait entre eux via l’objet magique. Balsa écoutait, observant tour à tour le visage blanchâtre de l’homme, le crâne ensorcelé et l’amulette dans laquelle elle mettait beaucoup d’espoir.

Elle suivit le regard de l’homme qui changea soudain de direction. Les créatures de boue revenaient, portant le coffre de leurs bras épais. Elle avait totalement oublié leur présence. En fait, elle avait à peu près tout oublié du contexte dans lequel ils se trouvaient, elle et le nécromancien. Son attention avait été captivée par la victoire que représentait l’anneau. Cela occultait même le sentiment de mal-être devant sa servitude nouvelle. Mais nul doute que très bientôt, elle s’en voudrait énormément et regretterai ce choix trop hâtif. Cependant pour l’instant, elle en revenait au visage de Nazj, qui dans une bonté qui la surprit proposait de l’aider si elle avait encore besoin de lui pour ce soir.

Elle fouilla dans son cerveau, organisant au mieux les idées et les émotions. Ses mains portaient chacune un objet magique : elle glissa le crane dans sa nouvelle cape et serra au creux de sa main la bague dont le contact seul la rassurait. Elle repensa à l’accord passé… Elle avait beaucoup de questions, sur quand et où elle devrait le rejoindre, ou sur quel serait son prochain travail. Mais elle supposait que Nazj lui-même n’en avait pour l’instant pas idée, et que même s’il réfléchissait déjà à comment utiliser une chimère à son compte, il ne lui en soufflerait pas un mot avant le moment venu.

- Merci pour l’anneau. Je vous promets d’en prendre soin, comme de l’amulette qui me permettra de connaître votre intention de me voir. Et si je peux me permettre…

Elle ouvrit sa main et prit la bague pour la passer à son majeur droit. Elle sentit une tension la quitter et remua les doigts plusieurs fois avant de terminer sa phrase.

- J’aimerais tester son pouvoir. Ce n’est pas un manque de confiance, juste de la curiosité.

Elle tendit la main vers lui, espérant qu’il la touche sans crainte. Par habitude, elle se concentra pour dissiper le flux électrique qui la parcourait, même si elle n’avait pas l’impression de le ressentir à présent.

- Pour le reste je saurais me débrouiller. Vous avez déjà fait beaucoup pour moi. Sachez que vous ne regretterez pas de m’avoir accepter à vos côtés, je n’oublierais jamais cette dette que je vous dois et je reste à votre disposition.

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Mer 18 Mai 2011, 17:52

Nazj tiqua lorsque la chimère tendit sa main vers le sorcier, et avec l'intention de le toucher ! C'était véritablement…répugnant. Mais lui-même voulait savoir si la bague fonctionnait bien, et Nazj était capable de tout faire pour satisfaire sa curiosité…et cela ne lui avait pas apporté que des bonnes choses. Il ouvrit puis ferma sa main gauche à plusieurs reprises, puis tendit son bras plutôt lentement vers la main de Balsa, qu'il finit par prendre dans la sienne. De la magie, il ne sentit pas grand-chose, seulement quelques légers chatouillis qui semblèrent disparaître après quelques instants, comme s'il s'était habitué. En revanche, il ne put ignorer le reste : une peau encore jeune sur des veines encore vives, des muscles forts, des os puissants, et il pouvait sentir le sang battre avec vitalité dans le corps de la chimère, le son du cœur de Balsa résonnait dans la main et le bras de Nazj, qui fut pris d'un frisson de dégoût. Il sépara sa main de celle de la chimère, et la regarda comme si elle venait d'être souillée par une atroce substance…Il ne s'expliquait pas cette horreur qui le prenait à chaque contact, et en vérité on le touchait si rarement qu'il ne s'était jamais penché sur la question, et cela avait commencé il y a fort longtemps.... Grattant sa main comme si elle était couverte d'une horreur répugnante, Nazj prit la parole :

"J'espère que cela vous aura été…utile. A l'avenir, ne me touchez que lorsque ce sera absolument nécessaire, le contact me rend…malade. Fort bien ! A présent que ce détail est réglé, je dois m'occuper du butin."

Il se dirigea vers l'âtre dans le hall, et prit un gros morceau de charbon qui gisait là. Il se dirigea vers la porte d'entrée, et sortit un mouchoir de sa manche, mouchoir avec lequel il boucha la serrure de la porte. Malheureusement, Nazj avait fait rouiller tout le mécanisme, qui était tombé en poussière, la porte ne se fermait pas bien, et il dut la maintenir fermée à l'aide de son pied…Bien qu'il ait conscience d'avoir l'air parfaitement ridicule, Nazj poursuivit sa tâche ; à l'aide du bout de charbon il dessina d'étranges signes tout autour de la porte, des runes noires, au nombre de cinq, ce qui donna lieu à quelques acrobaties de la part du sorcier, qui voulait garder son pied collé à la porte. Puis il traça un autre symbole sur le battant de la porte, celui-ci était plus grand, et sa confection prit plus de temps au sorcier, mais il eut très vite terminé. Il resta immobile quelques instants, semblant attendre quelque chose…Puis, sans crier gare, il sépara son pied de la porte, et l'ouvrit brutalement !

Il laissa échapper un ricanement satisfait : la porte ne donnait plus sur les rivages du lac Olia, sur le clair de lune, les bois que l'on voyait au loin, et les eaux reflétant la blancheur laiteuse de l'astre lunaire…En lieu et place du paysage qu'ils auraient du contempler, il y avait une grande salle aux murs de pierres gris et froids, visiblement en ruine au vu des pierres brisées qui gisaient au sol, sans doute tombées du plafond qui était bien haut…La pièce n'était pas vide cependant, il y avait des tables recouvertes d'instruments divers et variés, de fioles étranges contenant des liquides aux couleurs extravagantes ou incolores, çà et là il y avait des os, des crânes brisés, et, dans un coin sombre de la pièce, on pouvait distinguer un tas d'objets étranges, rougeâtres, aux allures humanoïdes. A un bout de la pièce, il y avait un grand siège richement décoré, comme un trône, et à travers une fenêtre que l'on distinguait en face de la porte, on pouvait voir la cime de hauts arbres sous la lueur de l'aube. Mais Nazj ne s'attarda pas sur la salle qui venait d'apparaître devant eux, il pressait déjà les golems de passer la porte.


"Vite, bande de larves incapables ! Ça ne durera pas éternellement…"

Mais malgré le masque de contremaître qu'il portait à cet instant, ses serviteurs n'accélérèrent pas, et Nazj dut les regarder avancer d'un pas qu'il trouvait désespérément lent à travers la porte, qu'il referma avec violence une fois que les golems étaient passés. Il la bloqua à nouveau avec son pied –et se dit soudain qu'il allait devoir trouver un autre moyen d'ouvrir les portes à l'avenir- et effaça un des signes qu'il avait tracé au charbon. Il rouvrit la porte, et ils purent à nouveau contempler les rivages du lac Olia. Satisfait, Nazj retira le mouchoir de la serrure de la porte et essuya sa main noire de charbon tandis qu'il se tournait vers la chimère.

"Eh bien, voila une bonne chose de faite, la couronne est en sécurité à présent…Ne posez pas de question, la prochaine fois peut-être. J'imagine que maintenant je dois vous dire au revoir ? Mais nous nous reverrons, et ce, je l'espère, très bientôt…"

Il appela sa bête à ses côtés, puis il sourit à la chimère tout en lui faisant un bref signe d'au revoir, puis il sortit, avalant de grandes goulées d'air, ravi de cette glorieuse victoire qui le rapprochait un peu de plus de la fin…

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MessageSujet: Re: [Clos] Double crime.   Dim 22 Mai 2011, 01:49

Le cœur de Balsa battait à tout rompre dans cet instant suspendu entre le moment où Nazj commença à tendre le bras et l’instant où les deux peaux seraient en contact. Une petite goutte de sueur perla sur son front, glissa sur son arcade et poursuivit sa course jusqu’à s’estomper dans la nuque de la chimère. Enfin les doigts s’effleurèrent. Le nécromancien ne se contenta pas de ce simple contact, à la surprise de Balsa, et saisit la jeune main dans la sienne. Elle fixa cette main sèche, froide et squelettique. On eut juré que le vieillard était déjà mort et cette pensée troubla la chimère. Finalement il rompit le lien qui semblait les avoir mis tous les deux mal à l’aise. Il la regarda ensuite avec une expression à la fois navrée et répugnée. Elle hocha la tête poliment quand il lui demanda d’éviter le contact à l’avenir avec lui. Elle n’en avait de toute façon aucune envie.

Il la laissa là et partit s’affairer dans un autre coin de la pièce. Balsa le lacha des yeux et reporta son attention sur la bague autour de son doigt. C’était la première fois qu’elle portait un bijou. Elle en avait toujours eu horreur car le seul objet qui s’y apparentait pour elle était le collier d’acier portant son numéro de cobaye, dans les laboratoires de l’ouest. C’était la marque qui faisait d’elle la propriété d’un autre. Et d’une façon très direct, cet anneau à son majeur représentait la même servitude. Elle l’enleva, un note de dégout sur son visage et le glissa presque honteusement dans la poche qui contenait déjà le crâne ensorcelé.

Elle reporta son attention sur le magicien, son maître, qui dessinait d’étranges formes sur la porte qu’il tenait fermée tant bien que mal. Ses gestes, malgré son équilibre parfois précaire, étaient précis et pas une seconde il ne parut hésiter. Les symboles, les lignes et les courbes qu’il inscrivait s’étalaient jusqu’autour de la porte. Finalement il écarta son pied et ouvrit la porte sur… Balsa écarquilla les yeux. Soudain les pensées concernant la bague parurent bien lointaines tant ce qu’il venait de se produire la sidérait. Bien sur elle savait que la magie était puissante, mais l’homme venait de faire apparaître un lieu à la place d’un autre, en seulement quelques minutes. Si tout un chacun avait ce genre de pouvoir, le monde serait bien différent et sans doute très chaotique. Et dans celui où Balsa vivait, il n’y avait qu’une poignée d’initiés, comme le seigneur Nazj, qui en utilisant cette magie s’élevaient alors indéniablement du commun des mortels. Cet homme était au-dessus du reste du monde, plus puissant et plein de ressources insoupçonnables pour la créature intelligente moyenne. Elle aussi ressentait parfois une supériorité sur les autres et la sensation souvent l’enivrait.

Il y avait déjà tout un tas d’objets, dont la chimère ne douta pas un instant qu’ils appartiennent à son maître, dans la large pièce qui se trouvait à la place du paysage qui aurait du s'étaler sous leurs regards. D’ailleurs où était-il passé, ce morceau d’herbes et de pierres qui normalement se trouvait là ? Et son maître pouvait-il faire venir d’autres endroits que cette grande salle ? Et n’importe qui connaissant les symboles pouvait-il en faire autant ? Balsa esquissa un mouvement vers lui, qui demandait aux créatures de boue d’accélérer un peu le mouvement. Elle était sur le point de l'interroger mais se ravisa cependant, ne voulant pas faire perdre de temps à Nazj qui ne semblait pas franchement enclin à lui livrer ses connaissances. Une autre fois peut-être… Cette pensée amena un sourire hésitant sur les lèvres de Balsa. Ils allaient se revoir à n’en pas douter, et certainement de nombreuses fois. Un « au revoir » se profilait, si rare et précieux dans une vie de vagabond où les adieux étaient d’usage. Balsa observait les pantins s’appliquer à conserver leur lenteur, portant le coffre chacun d’un côté et le posant finalement en compagnie des autres trésors du nécromancien. Ce dernier ferma alors la porte sèchement et la rouvrit sur un paysage bien plus familier, celui du lac Olia qui reflétait la pâleur de la lune, étendu entre les collines et les forêts. La chimère s’avança alors jusqu’à lui, sans autre choix que de laisser transparaître son admiration. Elle aurait voulu poser les questions qui lui brûlaient les lèvres mais heureusement il brisa cet élan de trop de curiosité en prenant la parole le premier. Elle hocha doucement la tête.

- Au revoir oui…

La créature revenue d’entre les morts arriva en courant vers son maître, obéissant avec le même entrain et le même empressement qu’aurait eu un chien. Elle sourit et laissa même échappé un petit rire amusé.

- Soyez sûr que j’aurais des questions la prochaine fois que nous nous verrons. Bonne route d’ici là.

Elle répondit à son signe d’au revoir et le regarda disparaître dans les ténèbres de la nuit. Quand sa silhouette se confondit totalement avec les ombres alentours, la chimère retourna à l’intérieur du manoir, se dirigeant lentement vers l’étage supérieur qu’elle n’avait pas fouillé de fond en comble. Elle ne pu résister à l’envie de glisser sa main dans la poches contenant les objets magiques et elle prit dans le creux de sa main la bague avec laquelle elle joua des doigts pendant toute son exploration. Quand la fatigue la saisit totalement, elle alla s’étendre sur le lit de l’homme dont les morceaux de cadavre gisaient dans le hall. La nuit avait été longue et se faisait annonciatrice d’une nouvelle ère. Le sommeil dans lequel plongea Balsa ne serait pas porteur de liberté, mais une certaine sérénité l’avait envahie, alors qu’elle tenait toujours fermement son anneau dans sa main.


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