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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Mauvais atterrissage L

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*Succube*

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*Succube*

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MessageSujet: Mauvais atterrissage L   Lun 08 Aoû 2011, 09:50

Les multiples particules de mon corps semblaient se matérialiser au fur et à mesure. L'attraction de la terre se faisait de plus en plus intense.
Le vent sifflait à mes oreilles qui n'existaient plus. Je me sentais air.
J'allais tout droit vers ce petit monticule , je ne pouvais jouer avec les souffles qui m'évitaient et que je ne ressentais pas.
Le dépit m'envahit.
Puis la douleur.
Le crash fut assommant. Ma reine aurait été hilare en voyant ça.
" Ce n'est pas ma faute si je ne contrôle pas mes arrivées". Je n'étais pas encore passé à Ghurol, poussée par la soif et par l'envie de découvrir des territoires autre que celui que je connaissais. Enfin...
Non ce n'était pas de la connaissance en elle même puisque je ne m'étais jamais rendue sur ma terre, mais... c'était comme une... une intuition je crois. Quelque chose qui surpassait mon entendement.
ET n'ayant pas vue la reine, j'avais du mal à me réceptionner.
Parfait exemple de mes lacunes, je venais d’atterrir sur un bloc couleur ivoire avec quelques taches écarlates sur sa surface.
Intriguée, je commençai une marche vers ce qui me semblait l'extrémité du caillou.
Cependant une roche ne pouvait pas penser. Et cette propriété était à vérifier car je me sentais tiraillée par une force fantasmatique.
Plus je m'approchais, plus j'étais avide. Vorace. Carnassier.
Ce serait ma deuxième victime. Mais je ne savais plus comment m'y prendre. Tandis qu'avec ce jeune homme l'issue avait été facile, je me retrouvais cette fois face à une difficulté.
Peu importait. J'essayerai quand même.
Je me couchais sur la forme, sentant battre cette terre rêveuse.
La caressant sensuellement comme on pouvait caresser un amant, je me sentais plus décevante qu'autre chose.
Cependant, j'arrivai à investir ces rêves qui éclataient de mystère et de rareté à mes yeux.

L'homme qui se tenait sur la falaise était gigantesque. Je me sentais ridicule. Aussi petite qu'une fourmis. Il était à surveiller un tas de pierre, d'où s'échappait un fumet délicat. Je m'approchai, attirée par l'odeur.

- Excusez moi. Je suis perdue.


N'ayant pas entendu ma petite voix intimidée ( mais l'était elle vraiment?), l'ogre tourna la pique. J'y découvris, avec surprise, une superbe femme aux cheveux noir de jais et aux pupilles dilatées. Un voile avaient recouvert ses yeux, jetant sur sa vie un tissu d'oubli éternel.
J'étais abasourdie. Embrochée à la pique, qui la traversait à des endroits délicats, elle semblait planer au dessus du feu. Une colombe dans les flammes.
Sa mort, qui se révélait simple et frappante dans ses yeux encore rieurs, avait du être instantanée. Et affreuse par la même occasion.
Une chose était sure, je ne voulais pas terminé ainsi. Ainsi je voulais prendre mes jambes à mon cou, et sortir de ce rêve que en aucun cas je voulais contrôler.

- Que me veux tu inconnue?, dit le géant en se retournant. Sa monstrueuse tête était comme taillée dans le roc. Aux formes rudes, et d'une perfection extraordinaire.

- Euh et bien. Je ne voulais pas vous déranger dans votre diner, je vais donc me retirer, répondis-je, couarde

- Oh non! Mais non! Restes un peu là tu feras un merveilleux des...

Je ne me donnai pas le temps de rester à faire la conversation à ce monsieur. J'avais parfaitement compris la terreur qui pulsait dans mes entrailles. ET partais de ce rêve avec autant de légèreté et de rapidité qu'il était permis à une succube.
La roche commença à remuer. Le monceau de terre sur lequel j'étais se plia, et je fus expédier contre une branche de cette montagne mobile.
Une tête me regardait avec suspicion. Et le doute ne fut plus permis.
" Zut! le géant!"
Je commençais à courir sur sa jambe pendant qu'il était encore temps et sauta l'espace périlleux qui me séparait de la terre.
Mes membres mettaient tout en œuvre pour que je sois loin avant son réveil total. Ensemble nous formions une véritable machine endurante. Ma volonté, mes membres extérieurs, mon sang... tous étaient lié pour une même lutte. Celle de la vie.

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Lun 08 Aoû 2011, 20:41

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Un pas après l'autre, toujours droit devant, comme d'habitude. Avancer, encore et encore, encore et toujours, sans s'arrêter mais prendre le temps de vivre.

Marcher. L'une des premières actions de toute créature vivante. Une action que l'on apprend dès son plus jeune âge et que l'on pratique pendant tout le reste de sa vie. Des gestes compliqués au début mais qui deviennent rapidement simples et insignifiants avec la pratique et l'acquisition de l'expérience.

J'avais apprise à marcher en même temps que grimper dans les arbres. Comme tout elfe digne de ce nom, j'adorais la nature mais contrairement à la majorité de mes congénères, j'ai passé la moitié de ma vie entre les arbres, caressée par le Vent, bercée par la Nuit, ballotée par le destin. Rares sont ceux qui ont vécus ce que j'ai vécue, rares aussi sont ceux à ne pas profiter de la vie elle-même.

Je ralentis le pas afin de profiter au maximum des derniers abords de la forêt bordant la ceinture. Cette fameuse montagne que j'ai parcourue de long en large un nombre incalculable de fois et qui reste cependant un véritable labyrinthe. Je ne retrouve jamais mes repères dans cet endroit.

Quittant les bordures rassurantes de la forêt, je me dirige d'un pas ferme vers la montagne. Les aventures les plus marquantes de ce lieu me revinrent en mémoire : la fois où j'avais voulu traverser la frontière afin d'aller à l'ouest et que j'avais lamentablement échouée, avec Areus la fois où j'avais rencontré Laralen, la fois aussi où j'avais enfin réalisé cette vieille promessse, ...

Un peu de temps c'était écoulé depuis tous ces moments mais je ne fais plus vraiment attention à cette chose étrange qu'est le temps. Il coule sur moi, se déverse, me ralentis beaucoup plus que les humains, m'accordant ainsi cinq fois plus d'années à vivre. Mais si c'est pour les vivres dans la débauche, ce n'est pas la peine. Heureusement pour moi, je m'étais petit à petit éloignée de ce stade.

Franchissant quelques rochers, je me remémorais alors un détail. Cette montagne est le lieu d'habitation des géants. Terribles en nombres et terribles aussi tout seuls, surtout qi l'on n'est pas accompagné. J'avais acquis un peu d'expérience en en combattant quelques uns mais ils restaient une véritable plaie. Gigantesque, il mettent du temps à mourir, sauf si on vise au bon endroit. Le problème avec cette race c'est que viser bien n'est pas toujours évident ...

C'est en pensant à ces créatures plus bêtes qu'humaines que je franchis un col escarpé. Le soleil était encore assez haut dans le ciel bleu cependant je savais que le crépuscule était proche. J'avaisdeux ou trois heures tout au plus pour trouver une grotte inoccupée. Sinon, j'allais devoir dormir à la belle étoile ce qui ne me dérangeait pas plus que ça, étant habituée à la fraîcheur spéciale de la Nuit amie. Mais faire un feu à ciel ouvert est une excellente façon de servir de dessert aux géants. Je préférais donc éviter autant que possible cette option.

Une petite demi-heure s'écoula, tranquille. C'est au détour d'un immense rocher (encore un), que j'entendis des bruits. Le premier était un imposant bruit de pas, une course plus lourde qu'autre chose. Puis une respiration forte et bruyante digne d'une bestiole plus grande que moi. Un géant, le pas et tout le reste correspondait parfaitement. Étant une elfe, mes sens étaient trois fois plus développés que ceux des humains. Puis, étant une chasseuse douée et, qui plus est, une chevaucheuse ainsi qu'une guerrière, j'avais appris à utiliser au maximum mes sens.

Je m'arrêtais alors afin de découvrir la cause de tout ce remue-ménage. Je voulais savoir ce que le géant traquait. Me concentrant, j'entendis alors une respiration plus faible, très discrète. Une créature de taille humaine, mais sa respiration est légèrement sifflante. Une créature de la nuit donc. Peut-être une démone, une vampire ou bien une louve.

Je m'avançais alors jusqu'au bout de ce qui me servait de chemin. M'accroupissant, je me rapprochais doucement du bord de la montagne. J'étais au sommet de ce qui était une sorte de trou naturel dans la montagne. Un pont reliait les deux petites falaises. Fait de vieilles planches tenant miraculeusement en place par quelques cordes éffritées, il n'avait pas l'air solide du tout. Mais c'était le seul moyen de passer de l'autre côté de ce canyon, à moins de savoir voler ce que je ne savais absolument pas faire. De plus, il n'avait pas assez de Vent pour que je puisse chevaucher ne serait-ce une petite brise.

Soupirant, je baissais alors les yeux et vit deux créatures produire un tapage infernal. Le géant était bien là et s'approcha de la falaise sur laquelle j'étais perchée comme s'il se dirigeait vers quelqu'un acculé à la roche. Ce quelqu'un se dégagea par une roulade sur le côté. Ils se trouvaient à une quinzaine de mètres en dessous de moi.

C'était une jeune femme âgée de la vingtaine, aux cheveux aussi noirs que les ténèbres. Elle était plutôt agile et esquivait assez bien ses coups. Cependant ses gestes clamaient qu'elle n'était pas très à l'aise face au géant. Celui-ci donna alors un grand coup de poing vers la falaise, touchant l'endroit où l'inconnue se trouvait un peu plutôt.

Une grande secousse ébranla la falaise, m'atteignant de plein fouet, me faisant ainsi perdre l'équilibre et je tombais en avant. J'aurais pû ne pas tomber, j'avais un bon équilibre d'habitude mais je n'étais alors pas sur mes gardes, absorbée par mon observation. Lourde erreur de ma part. C'est sur cette pensée que je déchirais le vide de mes bras impuissants.

J'avais sûrement été une neko dans une vie antérieure car je réussis à me retourner dans ma chute et, au lieu de tomber la tête la première, c'étaient maintenant mes cuisardes brunes qui étaient en avant, prêtes à toucher le sol. Je remarquais alors que le géant se trouvait sous mes pieds, tournant le dos à la falaise, faisant maintenant face à celle qui l'avais dérangé.

Vu la position dans laquelle je me trouvais en ce moment précis, j'aurais facilement pû atterrir sur les larges épaules du géant. Sauf que je préfèrais éviter toute blessure ridicule surtout à cet endroit-là venant d'une chute de quinze mètres. Je collais donc mes jambes et atterris comme un missile sur la tête de l'imposante créature qui tomba en avant sans savoir ce qu'il se passait.
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Jeu 25 Aoû 2011, 10:11

Décidément ce n'était pas mon jour de chance. Les éléments, les maladresses, était-ce une punition du destin?, formaient toute une chaine qui en aucun cas ne se serrait brisée.
Pourtant je ne croyais pas au destin. Ou du moins, étant assez libre de moeurs, je me disais qu'on avait le choix, qu'on disposait nous même de notre vie et que notre destin changeait en fonction de nos desseins.
Là j'avais choisi un endroit et tout avait déraper. J'avais choisi une solution qui ne me plaisait guère.

J'étais toujours à courir comme une idiote, à avancer malgré les attaques de mon agresseur, à calquer sur le battements de mes jambes ma respiration. Une fuite!
Et c'est cet acte de couardise qui m'humiliait le plus. Moi! Une succube! A fuir un géant. Non vraiment c'était stupide!

Il n'y avait que un tapis de vert, des falaises et des pierres. C'était nouveau pour moi, et très agréable. La caresse qu’exerçait ces composants du paysages était plus ou moins dure ce qui me donnait l'illusion d'un massage. De nombreuses fois la tentation de me laisser aller à ce massage naturel, la caresse du vent, des éléments terrestres, me vrilla le crâne. Je voulais me laisser aller, profiter... et inconsciemment battre le géant.

Mais je savais que je n'aurais aucune chance. Tout allait à mon encontre. Je savais me battre certes mais pas avec un géant.
Il avait l'air d'un être idiot mais d'une force colossale.
Je réfléchissais en courant au moyen de l'attaquer.
L'attaque de front était une bonne idée. Il serait étonné de me voir lui foncer dessus mais je craignais qu'il soit assez prompt pour m'éclater la tête avec une pierre.
Je n'osais m’imaginer avec un caillou sur la tronche, ou bien entre mes parois buccales.

Je n'eus pas le temps de réfléchir à d'autre manière. En pensant, j'avais descendu un petit chemin de pierre et je me trouvais désormais devant un pan de falaise. Pas bien haut, je l'avoue, mais c'était quand même un piège à rat.
J'étais la petite souris dans tout ça. ET ce rôle ne me plaisait vraiment pas. Je ruminais mon agacement tout en m'agrippant aux pierres qui me permettaient d'escalader.
Le poing du Géant arriva comme une flèche et fit un trou à l'endroit même où je me trouvais avant mon saut.
J'étais maintenant accrochée à sa pagne. Je ne voulais surtout pas aller en dessous, pour m'y accrocher ou pour lui faire mal. Qu'en savais je des points faibles des géants? Étaient-ils les mêmes que les humains? Je ne savais pas quoi faire alors ça ne servait à rien que je reste là vers un objet que je côtoyait chaque jour. Et qui dans ce cas, ne me tentait pas trop.
Encore un saut et je serais derrière lui. C'est ce que je fis. Mais l'être surdimensionné du sentir un élan vers sa cuisse et intrigué regarda. Il vit un bout de femme brune traverser les airs et atterrir juste devant lui, se retourner. Il était maintenant face à moi, avec cet air de stupéfaction et de mépris mêlés. Moi je me disais que la mort me tomberait dessus quoique je fasse.

Je vis quelque chose tomber. Un éclair blond. 2tait ce la mort? Non impossible, ce n'était qu'un être humain. Au dessus du géant, elle semblait volé comme un oiseau. Bon okay. Elle ne volait pas. Elle était en piqué, prête à se scratcher sur l'omoplate de l'être hors norme.
Peut être avais je du mal calculer la chute car elle atterrit sur la tête du géant, avec un bruit extrêmement sourd.
Je vis alors Brutus ( c'était le nom que je lui avait donné pendant ma course) s'écraser au sol comme un vulgaire domino.
L'autre avait fait que dalle et était maintenant la grande championne. Elle l'avait mis KO.
J'étais humiliée, et ça ne m'étonnerait pas si elle me disait que de la fumée sortait de mon nez. Je fulminais, pire, je couvais un feu qui ne tarderait pas de faire exploser cette fille.

Elle s'avançait vers moi avec sur le visage cette fierté et cette décontraction qui me dégoutait. Ses cheveux blonds flottaient tel un étendard autour de son visage triangulaire et laiteux. Elle avait tout un armement, tout un équipement qui servait à la protéger. Elle était luisante avec ses cuissardes et sa sueur, moi j'étais effacée par cette fille. Vétue de nippes, d'une cape déchirée, pieds nus et barbouillée de terre.
Elle se présenta, me tendant la main. Je fis abstraction de mes pensées sanglantes pour détailler le personnage.
La réponse à sa question fut froide, tranchante comme un silex.

"Eyniem. Je suis tombé sur lui par hasard.
"
Je n'avais pas du tout envie de m'attarder. Et pourtant sa curiosité était beaucoup trop grande pour que je puisse partir. J'en profitai donc pour lui demander où on se trouvait. La perplexité lui fit froncer les sourcils. Et zut! Pourquoi j'ai demandé ça moi? C'était bien trop délicat, trop dangereux.
La malchance continuait de se jouer de moi.

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Jeu 25 Aoû 2011, 15:10

"Eyniem. Je suis tombé sur lui par hasard."

- Lunielle Elwindor, elfe, répondis-je.

Quoique, mes oreilles pointues auraient du me trahir, je ne dis rien d'autre.

L'inconnue ne semblait pas trop contente de me voir, visiblement, elle aurait souhaité se débarasser toute seule du géant. Je la comprenais, l'indépendance et la liberté étaient deux mots très forts pour moi.

Elle me demanda alors où nous étions et je levait un sourcil perplexe. Si elle ne savait pas où elle se trouvait, alors comment était-elle arrivée ici ? En volant ?

Je gardais néanmoins pour moi mes remarques cinglantes et me contentais de répondre sans trop la dévisager.


- Ce sont les monts de Pan Rei, dans la ceinture de Brendian.

Voyant que ça ne lui disait toujours rien, je continuais :

- Nous sommes sur l'île de Lan Rei. Du côté Est mais la frontière est-ouest n'est pas très loin.

Je me tus ensuite, laissant un petit silence s'installer entre nous, puis je repris :[/i]

- Et moi aussi, je suis tombée sur vous par hasard, c'est son poing dans la roche qui m'a fait tomber de la falaise, je ne faisais que passer ...

J'en avais un peu marre de débaler mes intentions passées. J'attendis alors que l'inconnue dise quelque chose. Mais une chose était sûre, elle n'était pas d'ici et son caractère était plutôt ... comment dire ... sombre. Elle devait être une créature de la Nuit, c'était presque certain. Cependant elle ne ressemblait pas à une chimère, ni une vampire. Puet-être était-elle louve ou démone ?

Ou même humaine qui sait ?
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Jeu 25 Aoû 2011, 19:54

Ma question avait fait tilt, c'était vraisemblable. ET je craignais de plus en plus qu'elle découvre qui j'étais. Il y avait quelques jours j'avais tué un homme, on était surement à ma recherche.
Me sentant traquée dans ce monde dans lequel je n'avais pas ma place pour l'instant, je me méfiais de tout. Même de cette femme.
Elle répondit, avec un ton sarcastique:
- Ce sont les monts de Pan Rei, dans la ceinture de Brendian.

Silence. Après tout je n'avais rien à dire. Ce nom ne me disait rien. C'était comme si votre conscience était déconnectée de tout, Vous entendez une voix lointaine mais vous vous sentez perdu. Insignifiant. A pour ça je l'étais! Elle du prendre mon silence comme un acquiescement, car elle continua.

- Nous sommes sur l'île de Lan Rei. Du côté Est mais la frontière est-ouest n'est pas très loin.

Son timbre léger et avec quelques notes graves emplissaient mes oreilles. Je ne distinguai rien d'autre. Mon être était tendue vers elle, afin de la deviner, deviner ses pensées, ses plans.
le silence, toujours le silence. Et elle le brisait, comme si elle ne pouvait rien faire d'autre.

- Et moi aussi, je suis tombée sur vous par hasard, c'est son poing dans la roche qui m'a fait tomber de la falaise, je ne faisais que passer ...

Elle attendait une réponse c'était certain. La pauvre quand même! Elle ne devait rien comprendre à mon mutisme. Elle s'impatientait étrangement.
Les mots ne se bousculaient pas à mon esprit, mais je réussis à émettre quelques sons qui s'assemblèrent miraculeusement.

Où alliez vous? Auriez vous une carte? Je me suis perdue.


Cette phrase était étrange à prononcer. Mais c'était pour ma survie. Je devais impérativement connaître l'endroit où je me trouvais, connaitre tous les reliefs, toutes les villes, toutes les ruelles. Ma soif de connaissance commençait à m'enserrer la gorge dans un étau. J'avais soif! Si soif!
Ma voix rauque l'ayant mis sur la voie, elle demanda:
Vous voulez un peu de Rhum?
Pardon?
Ne me dites pas que vous ne connaissez pas le Rhum.

Je n'avais pas le choix. Je ne connaissais rien de tout ceci.
Si bien sur! Mais n'auriez vous pas de l'eau par hasard?

Elle semblait déconcertée. Il était certain que j'étais dure à déchiffrer, à cerner même et je m'en réjouissais. Au moins elle ne me poserait pas beaucoup de problème. Elle était plus à se jeter dans le feu de l'action que d'avoir des plans en tête. J'étais soulagée en partie.

Pour répondre aux questions précédentes elle mis un peu plus de temps. C'était comme si tout s'était arrêter. J'attendais, pendue à ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Ven 26 Aoû 2011, 15:36

Où alliez vous? Auriez vous une carte? Je me suis perdue.

Je la trouvais bien curieuse pour une personne cherchant à en dévoilant le moins possible sur sa personne. Je ne lui répondis pas, esquiva la question en en posant une autre à la place :

- Vous voulez un peu de rhum ?

Elle semblait assoiffée et comme j'étais d'humeur généreuse, j'étais prête à partager mon rhum. De plus, plus l'on est de fous plus l'on rit comme on dit.

- Pardon ?

- Ne me dites pas que vous ne connaissez pas le rhum.

Si bien sur! Mais n'auriez vous pas de l'eau par hasard?

Je n'étais pas spécialement convaincue par sa réponse. Soupirant, je lui tendis ma gourde, qu'elle hésita à prendre.

- Vous pouvez boire tranquillement, je ne suis pas une empoisonneuse, je trouve cette technique utile qu'en cas d'infiltration ou de fuite, or, notre rencontre n'est ni l'une ni l'autre.

Je m'approchais ensuite du géant et je vis avec soulagement qu'il était toujours dans les pommes. Je ne craignais pas spécialement ces créatures mais je connaissais bien leur force et, ayant déjà eu à faire à eux, je savais à quoi m'en tenir même si la façon dont je m'étais débarassée de lui relevait du miracle ou de la chance.

Je me dirigeais ensuite vers le pont branlant en disant :


- Il y a une grotte un peu plus loin, nous pouvons l'atteindre en une petite heure de marche, peut-être un peu moins. Je vous propose de m'accompagner et de nous y abriter, car je crois que vous n'avez pas d'autre endroit ou aller, n'est-ce pas ?

Comme elle ne répondis pas et se contenta de me rendre ma gourde, je me mis en marche, voyant qu'elle me suivait néanmoins, tout en surveillant le géant du coin de l'oeil. Une fois au milieu du pont, je repris la parole, posant mes pieds avec attention car certaines planches commençaient à pourrir et que je ne voulais absolument pas tomber dans le présipice.

- Je possède une petite carte de la région, je vous la montrerais une fois arrivées à la grotte. Quand à ma destination ... disons juste que je dois m'élever suffisament haut pour tenir une très vieille promesse ...

Décidant de ne pas en révéler davantage, je me tu et continuais de marcher avec précaution. Quand soudain, le pont se mit à trembler dangereusement, tanguant d'un côté et d'un autre, nous envoyant dans les cordes sur le bord. Manquant de tomber, je me rattrapais tant bien que mal à la vieille corde. Je me retournais ensuite et vis qu'Eyniem se tenait comme elle pouvait, aussi étonnée que moi par cette brusque secousse.

Je vis alors ce qui avait causé tout ça. Le géant s'était réveillé et avançait vers nous, il avait posé un pied sur le pont et s'apprétait à poser l'autre.

Une chose était sûre : le pont ne tiendrait pas avec nous trois dessus.

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Dim 28 Aoû 2011, 12:08

Elle me tendit sa flasque. Avec une certaine méfiance, je l'ouvris.
Et j'avalais une , deux trois, gorgées. Un feu liquide enfla dans ma gorge, me donnant des délicieuses sueurs. Ce feu, quel arôme il avait, quelle puissance revigorante il possédait! Jamais je n'avais gouté à un liquide aussi bon. A part le sang et les rêves, c'était évident. Mais là c'était à la fois tout autre et à la fois similaire. Il était enivrant, comme le sang, menait à un épanchement de l'esprit, était une douceur apportée. Mais quelque chose me manquait. Peut être cette profondeur qui caractérise le sommeil, cet oubli dans la chair d'une autre personne, cette transe satisfaisante.
Je ne saurais pas dire ce qui me manquait mais peut importe. J'étais là, à me délecter de quelque chose d'inconnu et de précieux. L'angoisse était mise au tiroir.

J'étais perdue dans cette délectation, complétement immergée; jusqu'à ce que la voix de l'elfe me parvienne. Je sortis hâtivement de la douceur, lui en voulant un peu de m'avoir arraché à ce bonheur.
Mais d'un coté c'était grâce à elle que je connaissais cette nouveauté. ET ce fait me permit de réconcilier un peu mon ego avec cette femme qui, comme moi, aimait ces flammes brulantes et délicieuses à l'intérieur d'elle.
Ce lien, même ténu, me permit de trouver agréable ses paroles, qui l'étaient aussi.
C'était comme si on avait trouvé une entente, une osmose, qui pouvait être aussi bien éphémère que durable.

Nous étions vers le milieu du pont. Fascinée par le paysage qui s'offrait à moi et par le vide que nous surplombions, je ne faisais pas attention à mon corps. Celui-ci agissait avec une étrange intuition. Les pas s'enchainaient sans que je perde l'équilibre ou marche sur une planche pourrie. C'était étrange car il n'était pas du tout dans ma nature d'avoir un équilibre parfait. Mais si près du danger, tout semblait être naturel.
Devant moi s'étalait une roche pourvues de stries, de cicatrices, d’irrégularités. De la mousse et des fleurs grimpantes ( dans ce cas-là c'était plus des fleurs qui descendaient le long de la paroi) se démarquaient. Et dans le creux d'une ou deux saillies se trouvaient des plantes étranges aux grandes feuilles vertes et rouges.
Il était clair que Lunielle ne voyait pas cette beauté, peut être trop habituée à ces lieux et à la flore. Mais moi, j'étais enthousiaste devant ce tableau inconnu. Le vide, lui aussi, provoquait en moi un trouble. Il me semblait l'avoir déjà vu. Il était dense mais on voyait par le fond s'écouler une petite rivière. Ma vision, qui était performante, me permit de voir le reflet du pont, baignant dans les derniers rayons de l'après midi. L'intensité du soleil commençait à décliner et des teintes coloraient déjà les nuages.

Soudainement je perdis l'équilibre. Il me parut étrange que mon corps m'ait trahi et quand je vis Lunielle regardé avec surprise derrière nous, je sus que je n'aurais pas du être aussi captivée. Il avait été de mon devoir, ou plutôt c'est ma conscience qui l'interprétait ainsi de vérifier nos arrières.
J'y avait manqué et maintenant nous étions dans une situation précaire.
Le géant avait posé un pied sur le pont et avait nettement la résolution de continuer.
Mes dents se serrèrent, et mes membres face à l'idée su danger que nous courions s'engourdirent.
Il y eut bien une ou deux idées qui me traversèrent l'esprit mais elles ne nous mèneraient à rien.
L'idée de courir notamment. ET l'idée de la téléportation.
Cela nécessitait trop de risques. Tout d'abord parce que si j'échouais la téléportation de Luni et de moi-même nous tomberions sans pouvoir faire quelque chose. Si cela marchait, j'aurais dévoilé ce que je suis à la demoiselle. Si elle connaissait bien sur les capacités des succubes. Même si j'en doutais je ne pouvais courir le risque. Du moins, pas tant que le danger serait plus prononcé, plus concret.
Les secondes s'égrenaient. Nous nous regardions dans le blanc des yeux, à chercher une solution dans les prunelles de l'autre.
Notre situation ressemblait à celle des démineurs, à choisir le fil de la mort ou de la vie. Rouge, Bleu? Bleu, Rouge? Rouge Bleu Jaune?
C'était à la fois hilarant et déplaisant. Dans ce dilemme, les opposés s'assemblaient, se contorsionnaient comme des fils de fer en méli mélo.
Au moindre faux pas, c'était le néant de promis. " Allez le noir! Boummmm"

Je ris avec nervosité de cette réflexion et mes membres se décrispèrent. Ainsi le rire était une arme contre la peur? Je n'en savais rien.
Lunielle, quant à elle, me regardait comme si j'avais perdu la tête.

J'avais choisi le fil rouge. Comme du sang. Comme ce qui nous permettait de vivre.

Un deuxième pas du géant. La parcelle commençait à se balancer dangereusement. Virant un peu trop sur le bord, Brutus perdit l'équilibre. Le pont se tordit comme un serpent vicieux et l'être colossal fendit les airs, tel un météore qui, dans notre cas semblait aller dans les cieux.
La tête à l'envers, et complétement désorientées , nous étions à nous accrochés comme des vulgaires chimpanzés. Mes mains assuraient mon maintien, mes jambes, elles pendaient dans le vide, faisant de moi un funambule tombé de son fil.

- ça va Lunielle? Tu t'en sors? , dis je en serrant les dents,

La réponse de l'elfe fut acerbe. Je m'attendais à cela vu notre position.

Il fallait maintenant se hisser à la force des bras, ce qui était plutôt difficile en ce qui nous concernait et remettre d'aplomb ce pont qui souffrait de deux poids. Les planches crisaient, les cordes grinçaient. Vraisemblablement nous avions de quoi avoir peur.
Je forçais sur mes bras. Ma tête s'éleva de cinq bons centimètres mais elle redescendis aussitôt.
Je regardais alors autour de moi pour voir un quelconque élément qui pourrait m'aider. Un bout de corde pendait vers ma compagne de mésaventure.
D'un coup d’œil je lui fis voir ma découverte. Elle sourit. Sa main se tendit vers le bout salvateur et l'attrapa.


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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Lun 29 Aoû 2011, 17:00

Accrochée comme je le pouvais au pont, sans trop faire peser mon poids dessus, j'observais le moindre mouvement du géant qui avait décidé de nous suivre. Il ne se rendait pas compte du danger, tandis qu'Eyniem et moi y faisions déjç face. Il posa un deuxième pied, se qui eu pour effet de faire encore plus trembler le pont.

Soudain, le géant perdit l'équilibre et roula sur le pont. Je suivis des yeux sa chute jusque dans la rivière de laquelle sa tête n'émergea pas. Je déglutis péniblement. Ce qui se trouvait en dessous de nous n'était pas une rivière douce. C'était l'Indomptable, une rivière des montagnes qui contient des rapides ainsi que des rochers par le fond !

Tomber dans cette rivière était donc la dernière des choses à faire. Dans sa chute, le géant avait tenté d'accrocher un bout de pont, le retournant et nous faisant ainsi pendre dans le vide. Maintenue à la force des bras, je peinais quand même un peu. Eyni me demanda alors :


- ça va Lunielle? Tu t'en sors?

- C'est pas le moment !!!

Nous étions dans une très mauvaise position. J'essayais de me relever mais ce fut peine perdue. Mon sac était bien accroché à mes épaules, mon arc aussi et mon carquois aussi. Cependant, je sentais que le poids de mon équipement me tirais grandement vers le bas, il fallait vite trouver une solution.

Je vis alors Eyni me faire un signe. Elle m'indiquait une corde qui pendait de mon côté. Souriant, ja l'attrapais d'une main. Tirant un grand coup dessus, je vis qu'elle était solidement accrochée au pont. M'hissant dessus, je réussis par miracle à monter sur le pont renversé. Je tendis ensuite la main à compagne d'aventures et l'aidais à se hisser à côté de moi.

Une fois toutes les deux saines et sauves sur le pont, j'entendis un craquement inquiétant. Je tournais tout de suite la tête vers l'entrée du pont et observais les cordages. Ma vue surhumaine m'indiqua que ceux-ci étaient sur le point de lâcher.

Nous allions y passer.

Sans perdre une seconde de plus, j'indiquais à Eyni la direction de la sortie en hurlant :[/i]

- COURS !!!

Elle ne se fit pas prier et nous fonçâmes à bride abattues vers la sortie du pont. Cependant nous n'allions jamais y arriver à temps. Déjà les cordages lâchaient à certains endroits.Dégainant rapidement mon arc, je tirais une flèche verte vers l'un des deux poteaux d'arrivée. La flèche se planta dans le bois, accrochant l'une des cordes qui venait de céder. Cependant, malgré ça, le pont continuait de tomber en morceaux.

Sans réfléchir je poussais violemment Eyni en avant et elle atterrit sur le bord de la falaise.

C'est alors que le pont s'écroula.

Je me raccrochais du mieux que je pu aux vieilles planches. J'heurtais la falaise avec facas, manquant de lâcher prise sous l'impact. Je montais doucement, veillant àà ne pas casser d'autres planches. Ma tête finie par émerger du vide et je vis la main amicale que me tendait Eyni.

Sans hésiter, je la saisis.
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Lun 29 Aoû 2011, 17:52

Tout fut si confus, si précipité.

- COURS !!!

La corde qui craque, le réflexe, l'ordre, le cri. Oh mon dieu! Pourquoi j'ai obéis?
J'aurais pu me sauver dans ma chute mais elle non.
Confuse. Esprit embrouillé. Crainte. Tout se mélange, s'arrange de sorte à me faire culpabiliser.

Le pont pend par les deux câbles qui le retiennent. J'ai vu les planches partirent et je me dis que c'est fini pour elle.
Essaye de remettre de l'ordre dans ta mémoire, Eyni. Que s'est il passé?
La corde qui lâche. Le cri ou plutôt l'ordre de ma compagne. Précipité. sans équivoque. Tout comme la situation qui l'a poussé à en faire autant.
Si j'ai couru c'était parce que l'angoisse et l'empressement teintaient la voix de Lunielle.
Elle avait réagi tellement vite. M'avait poussé pour me sauver.
Je ne comprenais pas. Aurait elle sacrifiée sa vie pour une inconnue?
Non elle n'était pas du genre à faire ça. Elle avait sa propre fierté.
Et elle était trop sure d'elle.
La corde se balança, comme si un fantôme se jouait de moi.
Il y avait il une chance?
Crrrrrr. Crrrr. L'attente était si longue. Et mes tripes étaient emmêlées. M'approchant du bord je vis la demoiselle totalement absorbée par l'écartement des planches de bois qui sans cesse disparaissaient pour apparaitre, par les appuis. A tout rythme monotone, décor monotone. Elle arriva enfin à ma hauteur, essoufflée et pâle. Cette expression figée la fait paraitre plus vulnérable. Je lui tend la main, lui rendant la pareille de l'épisode du pont.

Elle est vivante. Et en pleine forme à en croire son signe qui m'invite à la suivre et continuer sur le sentier effacé.
Il n'en est pas de même pour la passerelle en bois. Elle git, inconsciente, grinçant dans son sommeil, criant son embarras. Elle ne veut pas voir que son existence est pareille au néant dans lequel l'une de ses têtes est plongée.

- Lu...ni....elle... je.... Où ...vas.... t-on?

Ma voix est rauque, ma gorge asséchée par les émotions. Je suis fatiguée. Lunielle continue sans se retourner. Je peux faire ce dont j'ai envie.

Lentement je sors mon poignard. Le reflet de sa lame n’interpelle pas Luni. Je peux y aller.

L'idée de boire du sang est vital pour une succube. La fatigue, l'asséchement du corps, tout ceci est annihilé par le liquide écarlate. C'est mon eau. Mon rafraichissement.

Le poignard entaille ma peau avec délicatesse. Srtichhh. Elle craque comme du papier glacé, se déchirant avec mélodie. Mon sang commence à couler , petit ruisseau sur la neige, finissant sa course dans ma bouche languissante, aspirée par des lèvres qui s'enivrent et qui se colorent de cette couleur pourpre.
Je range mon couteau et rejoins en quelques foulées ma compagne.
Je me sens mieux. Vivante, flottant au dessus de l'ingratitude. Mes membres ne me font plus mal, mon cœur a retrouvé des battements naturels, toutes les émotions ont été avalée .

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mar 30 Aoû 2011, 16:35

Atteindre la grotte ne nous prit qu'une petite heure. L'air était frais, il y avait un peu de Vent, ce qui était impécable. La Nuit était tombée, revigorant mes sens et m'apaisant quelque peu.

Une fois arrivés, je posais mon sac ainsi que mon arc sur le sol froid. La grotte était suffisamment large pour permettre à sept chevaux de s'abriter, ce qui nous suffisait amplement. M'accroupisant près de mon sac, je fouillais dedans et sortis quelques brindilles. Je les avais récupéré dnas la forêt avant la montagne. Dans ces monts il est assez rare de trouver ce genre de petit bois sauf pour celui qui sait chercher. Je laissais alors ma compagne de voyage en lui disant :


- Je vais chercher un peu de gros bois, quelques branches. Je reviens dans une heure.

Je laissais mon sac sur place, faisant confiance à ma nouvelle camarade. Je pris mon arc, enlevais la couverture grossière qui le recouvrait et sortis rapidement de la grotte. J'avais aussi récupéré une large sangle que je passais entravers de mon corps.

Je me dirigeais vers le nord. Une falaise d'une trentaine de mètres me faisait face. Une chute de cette hauteur était mortelle, même pour moi et je ne savais pas voler. Je devais donc faire attention. Passant l'arc vert et brun dans le sens contraire de la sangle, je sortis d'une de mes bourses deux crochets de taille moyenne. Je les plantais alors dans la paroi et vis avec un sourire que ça pouvait supporter mon poids.

Je m'accroupis ensuite et saisis la pointe de ma botte gauche du bout des doigts. Tirant d'un coup sec, une pointe de métal apparut au bout, large de 5 bons centimètres. Je fis pareil de l'autre côté. C'était Tia qui m'avait apprit ce tour. Cette falaise était loin d'être faite pour l'escalade, même elle aurait eu du mal.

Attrapant les deux pointes déjà dans le sol, je me mis à grimper. L'ascension me prit une bonne demi-heure. Je ne savais pas ce que faisait Eyni mais j'avais assez confiance en elle pour lui laisser mon sac. J'espérais juste qu'elle n'allait pas trahir cette confiance et m'obliger à la poursuivre pour récupérer mes biens.

Une fois en haut, je récupérais de grosses branches que j'attachais avec la sangle. Une fois mon fardeau bien placé dans mon dos, je redescendis puis revint à la grotte. Je posais le bois dans un coin et vis qu'Eyni était toujours là ainsi que mon sac. Frottant deux pierres pointues l'une sur l'autre, une étincelle jaillit et le bois commença à fumer légèrement.


Dernière édition par Lunielle Elwindor le Mer 31 Aoû 2011, 22:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Lun 05 Sep 2011, 09:33

A la vue de la grotte, je me sentis chez moi. Comme si ce trou dans la roche, cet abri sommaire avait été toute ma vie. Je touchais les parois avec fascination, essayant de faire plus ample connaissance avec elle. Comme pour me rappeler d'où je la connaissais.
Comme vous pouvez vous en douter, une discussion avec une caverne revient à parler seule. Et à être prise pour une folle.
Je ne sais pas si Lunielle a vu que je prodiguais des caresses à l'élément , ce que je sais, c'est qu'elle m'a dit qu'elle partait chercher du bois.
Elle reviendrait dans une heure??!
Autant dire que je suis tombée sur mes deux fesses, ce qui me valu un bleu. Détail bien croustillant.

Était-il question d'heure quand le crépuscule est tombé? Non, même moi j'avais perdu la notion du temps.
Et quand on dit la question du temps... les heures étaient une idée plus concrète que tout le reste.
Je restais béate. Cette fille... non vraiment elle me décontenançait.

Et pas seulement ça. Elle m'avait laissé avec son sac. Laisser une affaire personnelle avec une inconnue. Soit elle m'avait donné sa confiance et ceci me touchait, soit c'était un manque de soin de sa part et je lui ferais regretté.
La seconde solution m'apparaissait la plus plausible, et puis j'avais envie de m'amuser un peu.
Comme une enfant qui se prend à un jeu dangereux, après tout je ne connaissais pas la réaction de Lunielle, je partis d'un pas léger pour quelques mètres. Nyctalope, je découvris avec joie quelques cachous qu'un lapin avait laissé sur le passage. J’entrepris la cueillette, riant comme une aliénée de mon petit mauvais coup.
J'ouvris le sac de Luni, mis les cachous dans une poche, en espérant qu'elle les prenne pour des bonbons.
Une fois cette blague de faite, je me tenais tranquille. Je réfléchissais à mon passé, au présent, à mon avenir. ET l'idée que je devrais bientôt me nourrir emplit ma tête, me donnant l'eau à la bouche, m'obstruant la trachée d'une odeur et d'un gout délicieux.
Je serrais les mains. Ce n'était pas le moment. Pas du tout.
Lunielle était sympathique et de plus était une femme, je ne voulais pas y toucher! Je voulais contrôler ma faim.
Mais entrer dans ses rêves étaient une solution pour percer la jeune femme à jour. Et ma curiosité pourrait vaincre la raison à tout moment. Je devrais donc me mettre au régime et ne boire que du sang pour une partie du voyage.

Lunielle revint avec des brindilles et du bois.
La fumée qui s'en dégageait s'élevait avec grâce jusqu'à la voute de la cavité. Quelques flammes commencèrent à tourbillonner, à danser, nous révélant leur don sensuel et subtil. Je caressais les flammes comme si elles avaient été des dociles animaux de compagnie, elles me léchaient les doigts comme si j'avais été une maitresse clémente.

- Dis Lunielle. Est ce que je peux voir la carte?




Dernière édition par Eyniem Somara le Mer 07 Sep 2011, 07:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Lun 05 Sep 2011, 20:17

Les flammes s'agrandirent, prirent de l'ampleur et bientôt, un splendide feu de camp illuminait la grotte de l'intérieur. La chaleur réchauffait mes membres gelés par cette escalade nocturne. Je tendis les mains et les frottais l'une contre l'autre afin des les réchauffer un peu plus. Eyni me demanda alors :

- Dis Lunielle. Est ce que je peux voir la carte?

J'hochais la tête affirmativement et me dirigeais vers mon sac posté non loin de là. M'agenouillant près de lui, je l'ouvris d'un geste rapide. Une odeur que je connaissais parfaitement me frappa alors les narines. Ouvrant la poche d'où elle provenait, je vis des crottes de lapins. Elles n'étaient pas arrivés ici toutes seules et un lapin n'avait tout simplement pas put venir faire ses besoins dans mon sac. C'était donc Eyni qui les avait mis là. Pourquoi, je n'en savais rien mais je n'allais pas m'énerver pour si peu. Je les enlevais et les jettais dehors, un peu plus loin.

Je revins ensuite et sortis cette fois-ci la carte du monde, que je déroulais près du feu. Suffisament près des flammes pour que l'on voit bien, suffisement loin pour que le papier ne prenne pas feu. Eyni s'approcha et je posais un doigt sur l'île de Lan Rei.


- Ça c'est l'île de Lan Rei, nous sommes du côté Est.

Je déplace mon doigt fin et le pose sur les montagnes séparant l'île en deux.

- Ça ce sont les montagnes de Pan Rei. Nous sommes là. Et je dois aller là.

Je relevais le doigt pour montrer un sommet, pas aussi grand que le pic de Rei Dên, mais suffisament pour tenir ma promesse.

- Et toi, tu viens d'où ?

Je la regardais droit dans les yeux, attendant une réponse franche, la disuadant de me mentir. Je repliais ensuite la carte et la rangeais dans mon sac. Me couchant sur le sol froid et me recouvrant d'une couverture légère et mettant mon sac sous ma tête afin d'en faire un oreiller passable.

Je te propose que tu prennes les quatres premières heures de garde, je ferais le reste, qu'en dis-tu ?

Nous ne craignions rien de particulier dans ces montagnes mais les géants les habitent. On ne sait jamais ...
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mer 07 Sep 2011, 08:41

Cette phrase était sortie de ma bouche comme une goutte de chlorophylle après la cueillette d'une herbe verte. Sans qu'on puisse en expliquer la raison, mais avec limpidité et lenteur.
La question m'étourdit un instant, comme si on me l'avait posé. Quand je vis Lunielle se lever et aller chercher la carte, je compris que c'était moi qui avait formulé ces quelques mots. Pourtant mon esprit avait été ailleurs, à contempler les flammes.
Ce mystère de mon conscient m'absorbait, il faudrait que je réfléchisse à ceci quand je serais tranquille.
C'était comme dans un rêve. La scène devant moi se passait comme dans un rêve.
J'avais le même détachement, cette même clairvoyance, mais il me semblait n'être pas consciente de mes gestes. Je ne pouvais rien faire, à part voir, entendre, sentir. Mes muscles étaient de coton et mon esprit vidé.
Etrange sensation. Et tout ça en un peu moins d'une minute dansla vie réelle. Vie réelle car pour moi le temps s'était arrêté. Je vivais au ralenti, dans une abstraction en perpétuel mouvement.
Le charme fut troublé, évidemment. L'approche de Lunielle me tira de ma léthargie. La carte à la main, elle s'assit. Puis elle posa le bout de papier à terre, comme si il était un véritable trésor. Un grand père dont on devait prendre soin.

Ses mains parcouraient les lignes du papier rêche avec facilité. Son sens de l'orientation était exécrable. Il me narguait tandis que moi dans tous les sommets je ne me situais pas du tout. Après tout, j'étais atterri dans ces reliefs, en inconnue.
" Du coté Est?" Elle ne peut pas parler correctement.
Vraiment je ne comprenais rien à son charabia. Mais je ne relevai pas moins mon ignorance. Ignorante en tout. A croire que c'était mon point fort. Je haïssais cet énorme trou de mémoire, cette abysse qui me caractérisait depuis quelques jours.
Je ne connaissais pas grand chose du monde, et de moi même.
Comme répondant à cette détresse, y faisant écho pour me rabaisser encore plus, l'interrogation de Lunielle:

- Et toi, d'où tu viens?

- ...

Je n'en savais rien. Ses yeux farouches et inquisiteurs demandaient la vérité. Mais être sincère était difficile.Et sa menace muette ne m'effrayait pas. Et ce serait un mensonge en plus de l'être. Qu'avais je à dire? Qu'avais je à me souvenir.
Grotte. Homme. Désert. Non ça c'était trop important. Trop capital. Je sortis alors une demi vérité.

- Je suis née dans une grotte. Comme celle-ci.

Elle prit cette information à la volée, et en silence.
Tout comme elle emmena avec elle la carte. Cette carte précieuse. Que je voulais encore voir et revoir. Qui avait une origine, des formes, un fond mais aucune mémoire. Aucun souvenir autre que ceux écrits sur sa peau. Semblable à moi.
Crier mon désarroi, crier le sien. Exploser la tête à Lunielle qui avait volé une vie.
Mes membres se tendirent, pour se relâcher. Je me calmais peu à peu.

Le sang, Le sang. Les rêves. Les rêves. les rêves. Obsession. Vengeance, Vengeance.

Je te propose que tu prennes les quatre premières heures de garde, je ferais le reste, qu'en dis-tu ?

Oui c'est ça repose toi, ma belle. Je veille, je veille sur ton sommeil.

J'avais réussi à ne pas montrer mon impatiente satisfaction. Ainsi que le trouble haineux qui m'avait envahi.
Je guettais dans le noir la respiration paisible de cette jeune elfe.

Le temps qu'elle m'avait donné m'apparaissait comme minime. Peut être parce qu'elle avait ajouté qu'elle prendrait le temps restant.
Ce serait un ennemi de plus à combattre, dans ce qui allait suivre. Car désormais tout était limpide. Je devais me faufiler dans les rêves de la donzelle sans accroc et sans mort. Je ne voulais pas la tuer, loin de là, juste marquer son esprit, l'effriter, le rouler comme le papier qu'elle manipulait.
Je voulais découvrir ses rêves, ce qu'elle me cachait.
J'étais confiante, et n'avais pas faim. Mon sang, mon propre sang avait altéré mon appétit.
Mon esprit, malgré tout, restait sur le qui-vive. Une seule imperfection, une petite chose occasionnerait une avalanche de conséquences.

Il me tardait qu'elle s'endorme complétement. Il m'était facile de sentir le moment où ma victime était totalement apaisée, où aucune tension palpait son esprit et rendait son corps rigide.
Totalement éveillée, je surpris une brèche dans la carapace de Lunielle. M'avançant alors sans un bruit vers elle, je distinguais qu'elle s'était recroquevillée. Je me couchais alors à ses cotés, entourant de mes bras sa poitrine qui se soulevait à un rythme monotone.
Les pulsations me suffirent dans ce cas à m'introduire en elle. Je calquais mon cœur sur le sien, imitant à la perfection le tempo. Les instruments entrent chacun leur tour mais forment une seule mélopée. Car c'est quand tout est orchestré que l’œuvre est la plus synchronisée.
L'instrument qu'était mon esprit était invisible à ses yeux. Inutile. Mais c'est cette absence d'utilité qui donnait toute son importance à mon action.

Et là, je vis. Du verbe voir et vivre.
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mer 14 Sep 2011, 18:58

C'est alors que le sommeil m'avala toute entière.

***

C'était comme ... du brouillard. J'ouvre soudain les yeux. Paniquant pendant quelques secondes, je finis pourtant par découvrir où je me trouve. Une forêt, tellement plongée dans un épais brouillard qu'il ne m'est possible de voir seulement la cîme des arbres alentours. Je fais un pas, puis un autre. Je ne sais absolument pas dans quelle forêt je me trouve.

Est-ce un rêve ? Ça m'en a tout l'air en tout cas. Je secoue la tête. Je n'aime pas les rêves. Pas les miens en tout cas. C'est toujours pareil. À chaque fois je revois mes faiblesses, mes douleurs cachées, mes peurs, tout ce qui pourrait me nuire de l'intérieur. Et je déteste ça.

Je me pince le bras afin de sortir de cette torpeur mais ça ne marche pas, je suis toujours là. Pourquoi ce genre de rêves m'arrive toujours dans ces moments-là ?! Pourquoi faut-il que je me rappelle toujours de ces rêves-là ?!

Soupirant, je m'apprête à avancer quand une goutte tombe sur mon nez. Surprise, je lève la tête et observe un instant les nuages gris. C'est alors qu'une pluie chaude se met à tomber, chassant petit à petit le brouillard. Je me mes courir, cherchant desepérement un abri quand un bruit dans les buissons attire mon attention. Sur le qui-vive, je m'arrête et me mes en garde, genoux légèrement fléchis.

C'est alors que deux personnes surgissent des buissons en courant. Un magnifique jeune homme brun ainsi qu'une jeune fille blonde dont les oreilles sont longues et pointues. Ils rient et l'homme poursuit la femme. La pluie ne semble pas les gêner et l'homme finit par ratrapper la femme. Il finit par l'attrapper et ils tombent tous les deux dans l'herbe mouillée. Je ne bouge pas tétanisée, ils ne me voient pas.

Pris d'une passion soudaine, ils s'enlacent, s'embrassent et bientôt, l'herbe est tachée de leur corps nues. Je ferme les yeux, ravale les larmes et m'enfuis en courant. Cette scène, je l'avais déjà vécue et c'était l'un des plus beaux instants de ma vie. Il était ma véritable force et ma plus grande faiblesse.


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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mer 21 Sep 2011, 22:30

Bien! Voilà donc ce que Mademoiselle a pour faiblesse !
Mais, mais... pourquoi fuit-elle cette alléchante scène érotique ? Aurait-elle peur d'être confrontée à des fantômes?
Oui, c'est bien cela, j'en suis certaine. Sa ressemblance avec la femme accrochée passionnément à l'homme en est une preuve.
La représentation dédoublée qu’elle se fait d’elle-même, de son passé et de son
présent est original, il faut l’avouer. Original mais ingrat puisqu’elle rejette son propre passé.
Une vague d’incompréhension me submerge, je ne comprends pas pourquoi elle rejette sa vie alors qu’elle a la chance d’en avoir une, de connaître suffisamment de choses du monde.
Les souvenirs s’étiolent par eux-mêmes, pourquoi donc chercher à les effacer complètement ?
Surtout un si beau moment.

Quant à moi,je reste à observer les deux amoureux. Car cet amour véritable, doux et passionné me fascine, me faisant frémir. Oui je crois avoir vécu ça. Mais elle
mena à la perte de l’homme. L’amour est proprement impossible pour un être comme moi, c’était vraisemblable. Il menait à la mort, à la culpabilité en ce qu’il me concernait. Quant à l’amour de Lunielle, je ne savais pas où il avait mené. Cependant, et cette déduction était de la logique pure, j’avais conscience que cette période était révolue.

Ce fut peut être ceci qui me poussa à retenir la Lunielle fuyante de mes bras sans forme, sans chair, sans matière.

Elle se débat, comme une mouche prise dans une toile d’araignée. Et l’araignée n’est
autre que sa compagne d’aventure.
Je suis proche d’elle, mais hésite à la manger tout de suite. Non ce ne serait pas
marrant.
J’ai envie que la vengeance du papier soit complète, je veux la froissée, lui faire voir
ce qu’elle ne peut imaginer. Et après je la lâcherais. Pour qu’elle me mène où bon me semble.

La scène m’exalte, m’enivre même. Mes sens s’éveillent. Et un désir me pousse vers le couple.

Autant faire mal à Lunielle. J’espère qu’elle se souviendra de ça.

Tandis que je m’approche des deux jeunes gens, ma prisonnière reste étreinte par ces liens et ces fils.

Pourrais-je entrer dans un corps immatériel, fait de rêve ? Je n’ai qu’à essayer.
Après tout c’est moi qui contrôle jusqu’à maintenant.

Mon esprit se transforme en un gaz qui encercle, se faufile entre les deux corps. Puis il entre dans la bouche ouverte et soupirante de la jeune femme et s’installe, emplit les pensées, le corps de l’alter ego béate de Lunielle.
La jeune femme se dresse alors, renverse l’homme, le regarde d’un air langoureux, penche sa tête de côté. L’homme, interdit, se demande alors se qui se passe, quel est le problème.

Ahah !
Qu’est ce que je peux m’amuser ! Ces corps ne sont que des pantins, des poupées de chiffons tirées par des ficelles. Je me joue de leur avenir, de leurs actes, je change le cours des choses à mon gré, comme si la destruction que je peux créé en la personne n’est qu’un vulgaire château de sable que l’on peut refaire aussi longtemps qu’il nous plaira.

Que puis-je donc faire, maintenant ? Lui sauter dessus ? Non… un peu de suspens,
moins de précipitation !

Je fais rouler Lunielle n°2 de côté, donnant à l’homme l’impression qu’elle lui fait la
tête. En effet, celui-ci s’avance, la serre dans ses bras en demandant ce qui ne va pas. Lunielle se retourne alors.

OH !!
Stupeur ! Les yeux de l’homme sont exorbités. Ce n’est pas sa chère et tendre qui est devant lui, mais une parfaite inconnue. Brune, aux yeux ardents et aux lèvres tentatrices. Il se recule, la femme s’avance. Cherchant à se coller à lui. Mais avant que l'amant tente quoique ce soit pour l’écarter de son corps, la succube se jette sur lui avec avidité, mangeant de baisers son cou, arrachant de la chair à chaque pression des lèvres contre la peau.

Le cri de Lunielle- mouche. Un pleur ? de la rage ? Que sais-je ?

J’espère juste qu’elle oubliera mes traits mais qu’elle se souviendra qu’une femme lui a volé son amant.
Je m’imagine même, chose assez étrange je l'avoue, Lunielle en train de se voir manger son amour.
J’exulte.

Je crois que j’ai suffisamment profité. Je libère alors la pauvre Lunielle effondrée et lui susurre de m’amener à Reilor.
Oui, ce nom,ce nom !
Qu’il est beau à entendre, qu’il est beau à prononcer. Il m’apparait comme synonyme de vie à l’entendre. J’aime les lettres dont ils étaient constitués. J’aime l’appel de ma mémoire. Je veux y aller.

Amène-moi là bas Lunielle. Fais-moi vivre les aventures dont tu es si fière et si je le souhaite, souffre encore.


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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Dim 25 Sep 2011, 16:17

Spoiler:
 

Long cri qui franchit la barrière de mes lèvres. Surprise, étonnement renversé à travers mes larmes précédentes.

Une autre femme vient de prendre ma place, comme une voleuse, une accapareuse, elle prend ma place, joue avec lui, fait toutes les choses que j'avais faites mais avec force et violence.

Je ne voyais pas clairement ses traits, aussi, je ne put la reconnaitre mais je sentais que s'était une personne que j'avais déjà rencontrée. J'avais pourtant beau chercher dans ma mémoire, je ne parvenais pas à découvrir de qui il s'agissait.

Soudain, l'image de Reilor s'imposa d'elle-même. L'immense ville m'apparut, emplissant ma tête, vidant tout le reste, me laissant seule devant cette contemplation presque vivante. Les petites maisons, les très nombreuses tavernes et auberges, le port aussi grand que la ville elle-même, tout m'apparaissait clairement. J'entendais les bruits de la ville, sentais les délicieuses odeurs, voyais avec netteté chaque recoin de la ville. C'était comme si je volais au dessus de la ville.

Je réussis à repérer certains endroits qui laissaient un tas de souvenirs empreignés en moi. Ici j'avais rencontré telle personne, ici une autre, là j'avais courus, sauté, bu, mangé, tué même. Une longue partie de ma vie s'était déroulée dans cette ville et, que je le veuille ou non, cette ville à moitié remplie par les voleurs et forbands faisait parti de ma vie. J'étais certaine d'y trouver refuge pour un temps, l'alcool ne manquait pas, c'était le plus important.

J'entendais les cris des gens, les bruits de la mer et des bateaux provenants du port, les bouteilles qui se brisent, les tables qui cèdent, les cartes qui se déroulent, les tonneaux qui s'ouvrent, les chopes qui s'entrechoquent, les pas sur le plancher, les portes qui grincent, la douceur des duvets, les haletements d'un couple, la marche catastrophique d'un ivrogne, le froissement des vêtements, le croisement des lames, des chutes, des glissements sur les toits, des courses effrénées, tout ces petits bruits me parvenaient et glissaient en moi telle une douce mélodie.

Puis, le paysage se brouilla et tout devint noir.

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Dernière édition par Lunielle Elwindor le Mar 27 Sep 2011, 20:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mer 05 Oct 2011, 23:02

Elle m'emmena comme je l'avais voulu et où je l'avais voulu, dans un tourbillon de clameurs, de rongeurs, de joies, de chants, de rhum ( je reconnaissais ce parfum alléchant) et le tout formait un parfum lourd et entêtant, aromatisés de sueurs froides et de sel.
Complétement distraite à trouver les ingrédients de ce mélange hétérogène, alambiqué, je ne fis pas attention à ce qu'il se passait autour de moi.
Mais quand je sentis une pression sur mes côtes, une main effleurée la courbe de mes seins, avec cet élan furtif et flexible qu'on ne peut attrapé, par trop d'agilité et de pratiques, mes sens furent alertés et mes yeux redevinrent vivants.

Je voyais des énormes oiseaux de bois, tirés à quatre épingles par des ailes blanches et une ossature de ce même matériau qui les constituait en majorité. Ils attendaient à prendre leurs envol sur cette étendue plate tout près mais mouvementée au loin. UN jour je monterais sur ces fins limiers des mers. Mais pour l'instant j'étais à regarder ce décor comme si ce n'était qu'une vulgaire photo. Rien ne bougeait.
Enfin si. Tout bougeait, m'entrainant dans une véritable marée humaine mais les bâtiments massifs ne bougeaient pas, comme dénués de volonté, soustraient à la volonté des hommes.
Alors en moi rien ne bougeait, car je m'imaginais sur eux, sautant de toiles en toiles, m'habillant de ce tissu blanc gris, usé par l'eau salé et le zéphyr ou encore par ces vents violents.

Tout à coup je sortis de mon élan d'inconscience. J'avais perdu Lunielle à trop être immergé dans mes pensées. Il fallait maintenant la retrouver, avant qu'elle parte sans moi. Tel un loup attiré par sa proie, je m'approchai d'elle petit à petit, sentant son exaltation et son émerveillement. Cette ville lui tenait à cœur.
Elle se tenait devant une large plaque de bois où s'entassait des récipients ayant la même fonction que la fiole de Lunielle. S'écoulaient des boissons à l'abondance et des serveuses se faisaient tripoter par les mains brutales des ivrognes.
En voilà un garde manger!

Je ne pouvais pas entrer dans les pensées de Lunielle. Quelque chose en elle, était ce de l'objectivité et son inaptitude à rêver faisait qu'elle ne s'étendait pas sur les sujets. les images défilaient comme dans un film en accéléré, les idées, les projets...
Mais je rencontrais les gens qu'elle avait croisé. Quelques uns étaient dotés d'une certaine beauté, c'était à noter. Peut être que j'aurais le loisir de les rencontrer, de mieux les connaître, d'abuser d'eux qui sait.

Mais c'en était tout. J'avais désormais l'image de Reilor, cette photographie qui m'avait fait rêver. Je pouvais partir désormais, laissant Lunielle à la merci des géants. Elle saurait se débrouiller.
Mais avant il me fallait savoir qu'elle souffrirait un peu de ce repos. Je l'enfermais alors dans ce cyclone obscure, qui vous fait tourner la tête, vous rendant à la fois conscient et inconscient, dans un état comateux. Toutes les images partent en fumée, comme grillés par cette masse sombre qui gaze le cerveau. Mais vos sensations et vos peines restent, accrochées éternellement à cette fumée dissoute et qui s'accroche aux parois de votre âme.
Souffre , belle Lunielle, connais l’asphyxie de ton esprit. Moi je te laisse seule face à ça. J'ai passé trop de temps à tes côté, il me faut m'en aller.

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MessageSujet: Re: Mauvais atterrissage L   Mer 12 Oct 2011, 21:57

Je glisse entre conscience et délirieum. Tout est embrouillé, je ne sais plus où je suis, qui je suis, ce que je fais ...

Une faible image remonte à la surface de mon esprit fatigué par toute cette gymnastique mentale. L'image d'une ville, une ville que je connais. Reilor. Le nom m'apparait clair et léger, doux à la prononciation mais aussi empreint d'une terrible menace. Une ville de pirates où se croisent tous les jours vie et mort.Des gens y viennent, d'autres ne repartent jamais.

Une autre image se forme, quitte la tourmente et vint se ficher devant mes yeux. Une personne. Je ne la connais pas. D'autres visages défilent, si semblables et pourtant si différents, je ne reconnais aucun trait, aucun détail n'attire mon regard comme si ces visages étaient vides de tout éléments.

Je m'oublie, crie, tente de crier.

L'obscurité immatérielle des souvenirs m’enveloppe, pénètre mon âme, infiltre mon cœur de ses mains glaciales. Elles m’étouffent et me brûlent à la fois, produisant une violente onde de souffrance. Ma gorge est déchirée de cris pourtant aucun son ne s’échappe de ma bouche torturée, pas même un souffle. Tout n’est que silence et agonie.

Dans cette sombre folie croissante, une faible lumière apparait, très lointaine. Je tends mes bras vers elle, use de mes dernières forces pour l’atteindre. Mais ma mémoire refuse de me lâcher, cette torture est un tel plaisir pour elle. Malgré sa puissante étreinte, je focalise mon attention sur la lumière, cherche désespérément un moyen de l’attraper. Je n’y arrive pas, la vague de souvenirs me submerge, remplissant une nouvelle fois ma tête bouleversée, secouant mon corps brisé.

Je ne suis plus rien.

Mais j’étais quelqu’un … autrefois.

Mon esprit se tord, fuyant cette marée douloureuse. Il ne veut pas se rappeler. Il a bien raison.

Mais je n’ai pas le choix. Lâchant prise, je me noie dans la cohue de mes souvenirs. Ils tournent autour de moi, me déchirent, me traversent comme autant d'aiguilles lacérant ma peau sèche.

Je puise alors au fond de mon être, ravivant la flamme de vieilles blessures, hurlant à l'unisson de mon silence, priant des dieux impassibles et sans doute inéxistants, espérant un quelconque salut de misère.

Je divague, plonge dans cet océan de torture folle, disparait sous l'enveloppe ranslucide de mon hésitation, brise la glace de ma confiance. Les morceaux brillants tombent dans le vide immense qui m'entoure, ils glissent, comme traçant une toile perlée, me piégeant comme un papillon appétissant.

Je lutte, je ne suis pas de taille à gagner.

Soudain, une brèche s'ouvre dans le secret de mon identité et mon existence m'explose au visage comme une bombe qu'on croyait désamorcée. Je le revoit, cette femme, source de mes tourments. J'imprime ses traits dans ma mémoire, me sussurant une vengeance sucrée si jamais nos chemins se croisent un jour encore.

Puis, saisissant le poignard immatérielle qui était aparrut devant moi, je tranche la toile obscure qui me maintenait prisonnière de mes souvenirs.

J'ouvre les yeux, regarde autour de moi. Elle n'est plus là et ce n'est pas plus mal. Doucement je me lève. C'est alors qu'un cri rauque retentit dehors et une immense tête de géant apparait dans l'encadrement de la sortie, promettant un jeu amusant. Un sourire cruel apparait sur mes lèvres, je dégaine mes lames et entre dans la danse. Les géants vont passer un sale quart d'heure ...

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Mauvais atterrissage L

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