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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 In Nomine Patris Et Filii Et Spiritus Sancti. Et Anima Mercurii.

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MessageSujet: In Nomine Patris Et Filii Et Spiritus Sancti. Et Anima Mercurii.   Ven 28 Oct 2011, 17:53

Réside en ce monde un être dont l'histoire mérite notre attention. Il fût la splendeur et la décadence, le plomb et la quintessence, la chute et la transcendance. Si c'est une histoire pleine d'ombres, qui rampent et se dégradent, ce n'est pas pour elles que nous allons chanter ce soir. Ces ombres sont essentielles, elle mettent en valeur la lumière et la souligne. La lumière de ce conte sera diffuse, imperceptible, insaisissable. Nous ne la contemplerons que par brefs instants, au travers d'un voile de vif-argent. Mais cette absence ne la fera que plus briller, comme un phare dans la nuit. Entendez, je vous prie, l'histoire de Laurent Novalis, le mercure sublimé !

L'ange s'éveilla dans cette atmosphère si particulière, ce tissu dont sont fait les rêves. Il est vain de le décrire, car ses délices sont ineffables dans l'éveil. Sur le beau visage de Laurent était la paix et la sérénité. Il gisait comme un enfant endormi, sur le sol d'une salle nébuleuse. Les murs, si il y avait des murs, étaient d'un rouge sombre et riche. La lumière, changeante et diffuse, variait en d'irrégulières fluctuations. Elle émanait d'on ne sait où, car dans cette curieuse salle, il n'y avait ni toit, ni fenêtres. Au dessus, le firmament, bouillonnant et paresseux. Laurent se redressa stoïquement et regarda les alentours. Les murs semblaient être distants, et l'ange compris vite qu'il serait inutile de les approcher. Laurent tourna donc la tête dans la direction où la lumière semblait la plus concentrée. Il aperçu, dans ce qui semblait être le centre de la pièce, si un centre il y avait, une statue de marbre imposante, d'un air extraordinairement familier. En s'approchant, elle éveilla chez l'ange une certaine surprise. Il n'avait jamais ressenti de peur ou de stupeur, mais le sentiment qui s'emparait de lui semblait être ce qui pourrait s'en approcher le plus, car, la statue était la représentation fidèle de Laurent.

Les ombres qui dansaient dans la pièce semblaient s'affoler autour de la statue. Comme quelque farandole d'indicibles spectres, elles tournaient, se mêlaient et se séparaient, dans une étrange et fascinante danse. La lumière rayonnait sur la statue, et l'on pouvait voir que les arrêtes étaient iridescentes, et renvoyaient une lueur rouge, vive et changeante, qui contrastait avec le marbre nacré. Sur un piédestal, la silhouette avait un genoux à terre et, tendait sa main gauche comme pour secourir quelqu'un. De l'autre, elle tenait une épée, orientée vers le haut. Elle était la réplique exacte de celle que Laurent portait d'ordinaire à la ceinture, le seul objet qui l'avait suivi dans sa chute du paradis primordial. Sous une garde d'argent, son pommeau de flanelle était noir comme la nuit. La lame, très lisse et tranchante, était gravée de symboles célestes et avait la couleur du granit, ce qui donnait son nom à l'épée : Cendre. Malgré, une lame très fine l'épée était très longue, aussi Laurent la tenait la plupart du temps à deux mains.

L'ange s'était attardé sur cette épée que portait la statue, car, il avait vu son fourreau vide à son éveil. Quand, inconsciemment, il le réalisa, un imperceptible mouvement se fit chez la statue, et l'épée tomba au sol avec fracas. Il la ramassa. C'était bien Cendre. Le fait que la statue, maintenant démunie, portait son arme, faisait naitre en lui un certain malaise. Il reporta son attention à la statue, qui était restée inerte. Il avait la sensation de ce contempler lui-même :

Encadré par des cheveux, longs et bouclés, son visage glabre, dénué d'expression, et aux traits particulièrement fins rayonnait paradoxalement d'une apparente sérénité. Ses bras et son buste, très peu larges et carrés, étaient dotés de la fine musculature propre aux anges. Les six paires de magnifiques ailes blanches, qui trônent sur son dos sont parfaitement représentées. Si Laurent n'était que peu imposant, avec ses cinquante kilogrammes et ses cent-soixante-quinze centimètres, son envergure moyenne totale dépasse allégrement trois mètres. Sa deuxième paire d'aile, à titre d'exemple, possède une envergure de de trois mètres cinquante. Le marbre rendait toute la grâce et la légèreté dont il était pourvu, malgré le fait qu'il ne puisse montrer les couleurs dont l'ange était paré. Ses yeux d'un bleu abyssal, tantôt foudroyant et tantôt éteint, ses cheveux blonds platine, presque blancs, sa peau pâle...

Cette statue ne plu pas à Laurent. Il ne souhaitait pas se voir représenté ainsi. L'ange leva son épée au-dessus de sa tête et l'abattit fermement sur la statue. L'impact fût violent, comme si il avait frappée sur un bloc de métal plutôt que de la pierre, et la moitié supérieure de la sculpture vola en éclat, quand l'air se fit soudain plus lourd. En quelque seconde, il prit la consistance de l'eau, puis d'un épais liquide, comme du plomb fondu. Les éclats, qui s'étaient arrêtés en l'air, s'animèrent d'une vie indicible et repartirent dans les airs très doucement, pour se poser là où la lame de Laurent les avait séparés du reste de la statue, et finalement la recomposer toute entière.

La statue était de nouveau debout et ne semblait jamais avoir été brisée. L'ange, stoïque, raffermit sa prise sur son épée et fit un pas en arrière.
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MessageSujet: Re: In Nomine Patris Et Filii Et Spiritus Sancti. Et Anima Mercurii.   Sam 29 Oct 2011, 18:15



Dans le vide où je vis, l’existence et la non-existence sont étroitement liées, tant et si bien que je ne saurais dire si j’existe réellement. On pourrait supposer que cette interrogation est une preuve que je suis bien là, capable de réfléchir, mais qui sait si ce n’est...

Chuuut... cesse de réfléchir. Le vide n’est plus, effacé par une matière bien étrange, douée de parole et de mouvement. Aussitôt, mes pensées disparates se raccrochent à ce nouvel être et habille de rouge le non-lieu où il dort. Cela fait bien longtemps que je n’ai plus croisé la vie d’une de ces créatures dont l’existence n’est jamais déniée.
Je connais les règles, oui, mais celles-ci me lassent. Alors, par jeu ou par défi peut-être, je décide que je ne serais pas qu’une image, que je ne serais pas cette illusion qu’on appelle reflet. Pas aujourd'hui.

Ombre immatérielle, je l’observe, je l’observe pour mieux sculpter le silence autour de l’épée que je lui ai subtilisée... et en faire mon corps. Son corps. Qu’importe. À présent qu’il s’est éveillé, ses yeux qui se posent sur moi ne voient finalement qu’une image. Son image. Un ange pourrait-il donc être aussi prétentieux que tous les autres et ne pas chercher ce qui se trouve au-delà de l’apparence ? Ma déception brise un instant l’harmonie de ma réalité et l’épée que je serrais entre ses doigts tombe avec fracas.
Il se détaille, s’observe, comme s’il avait été face à son reflet. Le jeu perd de sa saveur. Les chaînes que l’on brise ne disparaîtront donc jamais, ici. Je serais presque tenté de me dissoudre et de l'abandonner au rouge...

Mais l’épée qui s’abat sur moi me sort de mon désespoir, et c’est rageur que je me reconstruis. Tu veux donc dénier mon existence, toi aussi ? Alors je te forcerai à me reconnaître. Dans un craquement monstrueux, je me redresse et m’avance vers toi. Mes lèvres de marbre s’ourlent d’un sourire creux. Je tends une main accusatrice vers toi, mes yeux s’emparent des tiens et te volent leur couleur. Le rouge sonore de la salle s’affaiblit pour habiller ma peau d’un manteau sanglant. Le monde s'enveloppe d'une obscurité dont je suis le phare, statue d’ombre dévoreuse de lumière. Je voudrais rester encore, te montrer qu’ici, tu n’es rien, mais je n’ai plus la force de maintenir l’illusion. Des fissures courent à la surface de ma peau et avec un grondement de fin du monde, la pierre vole en éclats acérés. Un instant, ils luisent encore avant de t’abandonner dans le noir le plus complet.




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MessageSujet: Re: In Nomine Patris Et Filii Et Spiritus Sancti. Et Anima Mercurii.   Sam 29 Oct 2011, 18:55

Dans la salle où maintenant, la distance semblait déformer la matière, flottait maintenant une atmosphère pesante. L'espace proche semblait plat. Le lointain, courbe. La lumière, changeante, baissait progressivement. Au vermeil avait succédé l'ocre. A l'ocre avait succédé le carmin. Au fur et à mesure que le brouillard se fit, les dimensions de la pièce se firent plus floue. L'ange décela un mouvement dans la pierre, devant lui. Les arrêtes iridescente de la statue se firent plus lumineuses. Le rouge semblait ramper sur le sol bouillonant, et convergeait vers la statue. La couleur, dont la salle était à présent dépouillée, grimpait le long du marbre, l'habitant de cette même vie horrifiante que Laurent avait décelé, quand la sculpture s'était reconstruite. L'être de marbre, maintenant couleur de sang, s'était animé comme quelque colosse aveugle, dans un outrage, un blasphème aux lois cosmiques dont l'ange ne connaissait que trop la portée. Il pointa un doigt vengeur en direction de l'ange. Ce dernier saisit son épée, et se prépara à l'affront. Il ne sombrerait pas dans l'effroi en se fiant aux apparences. Mais avant même qu'il ait pu lever Cendre, la statue éclatait en un nuage vermeil, privant toute la salle de lumière.

Dans l'obscurité qui engloutissaitle réel, l'ange s'enfonça.
Et cependant, il n'était toujours pas seul. Des entités chtoniennes et infernales le surveillait. Le savait-il ? Oui. Il le savait. Etait-ce la chose sans nom et contre-nature qui avait habité la statue ? Sur le seuil incertain, où les ténèbres avaient vaincu la raison et la conscience, Laurent était.

La présence prenait de plus en plus d'ampleur. Les spectres de cette salle étaient-ils plus terribles que ceux qui dansaient sur le sol de la précédente ? Quand Ceux d'un Autre Age décidèrent qu'ils l'avaient assez épiés, ils passèrent à l'attaque.
"- Ô mon ange ! Mon bel ange !"
Laurent n'avait pas entendu la voix comme n'importe quelle voix terrestre. Le son était arrivé dans son cerveau sans transiter par ses oreilles. Il ne répondit pas.
"- En ces lieux, et si réservé. Je t'en prie, arrête." continua la voix. Son ton désincarné et lointain était horriblement malsain. Elle semblait provenir d'outre-espace, en dehors des lieux accessibles aux mortels.
"- Ne te sens-tu pas trop vide, Novalis ? Ou devrais-je dire, Laurent ?" L'intéressé ne répondit pas à haute voix, mais comme les mots lui parvenait. A savoir, en pensant.
A nouveau, Laurent ne répondit pas. Oui, il se sentait vide. Il n'était pas complet sans ses deux âmes-soeurs, ou plutôt, principes-frères. Les deux voix continuèrent, dans une surenchère accablante.
"- Le lunatique, d'une violence froide, sans émotions ni pathos..."
"- Le bon petit soldat perdu quand il n'a plus rien à quoi se raccrocher... A tel point qu'il prend le nom de son ancien supérieur !"
"- Le Porteur de l'Epée... Un simple pantin !"
"- Anima Mercurii... Façonné selon un principe obsolète !"
"- Il suffit !" Coupa court Laurent. La confrontation entre lui-même et sa conscience, que semblait vouloir provoquer Ceux d'un Autre Age, n'aurait pas lieux. Car Laurent était bien trop éloigné de sa conscience pour que cela se produise. Il ne connaissait pas la peur, l'angoisse, ainsi que toute ces failles par lesquelles ces êtres perfides et leurs pensées tonitruantes se seraient infiltrés pour le pousser à bout. Mais il n'était pas brave ou courageux pour autant. Il était simplement comme ça. En tant que trône, il ne connaissait pas la faiblesse, et restait donc hermétique aux sentiments qui en découlent. Ce n'était donc pas pour s'imposer ou prouver quelque chose que l'ange s'opposait aux voix. Juste car il était exaspéré par elles.
"- Fort bien... Et qu'en penses-tu, toi, du Mercure d'où tu es né ?" repris la première voix.
"- Et de ta liberté ? La chûte, n'est-elle une libération, au fond ?" enchaîna la seconde.
"- Te manque-t-elle vraiment, la prison que tu appelais Paradis ?"
"- Es-tu trop stupide pour avoir ta propre volonté, ou étais-tu trop faible pour la suivre ?"
Laurent avait été façonné selon un ancien principe. Un principe spirituel, féminin, lunaire, changeant et étheré. Le principe du Mercure. Penser le Mercure sans penser le Soufre est impossible. Il faisait parti d'une trinité d'ange, et son but après sa chute était de les retrouver. A ses coté, l'ange du Soufre, Janus, son principe opposé, et donc complémentaire, masculin, solaire, concret. Et l'ange du Sel, Aurore, qui liait les deux précédents principes. Longtemps, il avait obéis sans se poser de question, mais depuis la chute, tout était différent. Un sourire parcourut ses lèvres.
"- C'est précisement pour répondre à ces question que je recherche mon ancienne mesnie."
Et, comme désemparées, les voix se turent...
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MessageSujet: Re: In Nomine Patris Et Filii Et Spiritus Sancti. Et Anima Mercurii.   Mer 02 Nov 2011, 22:42



Nous apparaissons lorsque le rideau tombe. Dans les coulisses obscurs du monde, nous les observons. Nous attendons de les rencontrer. Et lorsqu’ils s’aventurent par-delà les limites du théâtre où ils jouent leur vie, nous sommes là, charognards impatients de dépecer leurs esprits.

L’ange qui s’avance dans nos ténèbres est de ceux-là. Sa lumière discordante nous tire de notre sommeil. Silence lourd et ondoyant, nous encerclons le voyageur, nous l’effleurons pour mieux le reconnaître. Laurent Novalis... Nos voix s’élèvent alors pour l’accueillir, ou peut-être pour le maudire, qui sait ? Tout dépendra de ses réponses.

Mais il ne répond pas. Le silence qu’il nous oppose attise notre avidité. Nos mots se déploient alors les uns après les autres, aiguisés et grinçants. En une danse tranchante et incessante, ils claquent tels une mâchoire garnie de crocs s’attaquant à ses pensées, essayant de trancher, de blesser, de tuer, de...

Sa voix brise net notre élan destructeur. Le silence revient innocemment se poser sur ses épaules. Riants sans bruits d’avoir obtenu une réaction, nous écoutons ce qu’il refuse de dire. Doucement, fil après fil, nous reprenons le tissage de notre parole interrompue, jusqu’à ce que la trame en soit complète. Alors seulement nous nous taisons. Nous attendons de pouvoir déchiqueter les mots qu’ils nous opposera... en vain. Il n’y a rien à ajouter. Le rideau se lève.



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